📚 “De pierre et d’os” de BĂ©rengĂšre Cournut: Jamais sans un livre! Quelques citations, autant de conseils de lecture. La rentrĂ©e 2019 avec “Des mots de minuit”

Rentrée littéraire 2019
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Vagabonder: c’est la proposition de “un mot, un jour”. Au fil de nos lectures, de ressentis et de nos imaginaires. De ce qui nous aide Ă  rire, Ă  penser ou Ă  rĂ©flĂ©chir aux airs du temps ou aux retours de la mĂ©moire. A contre marchĂ©, Ă  contre performance, entre les chicanes de l’algorithme, une gratuité 

 

Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se dĂ©ployant dans l’Arctique depuis un millier d’annĂ©es. Jusqu’à trĂšs rĂ©cemment, ils n’avaient d’autres ressources Ă  leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissĂ©es libres par la terre gelĂ©e, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les Ă©lĂ©ments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. Â» (note liminaire du roman)
Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sĂ©pare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrĂ©e Ă  elle-mĂȘme, plongĂ©e dans la pĂ©nombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrĂȘmes, le chemin d’une quĂȘte qui, au-delĂ  des vastitudes de l’espace arctique, va lui rĂ©vĂ©ler son monde intĂ©rieur.

BĂ©rengĂšre Cournut est nĂ©e en 1979. poursuit sa recherche d’une vision alternative du monde: en 2017, avec NĂ©e contente Ă  Oraibi (Le Tripode), roman d’immersion sur les plateaux arides d’Arizona, au sein du peuple hopi; en 2019, pour De pierre et d’os,  elle a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une rĂ©sidence d’Ă©criture de dix mois au sein des bibliothĂšques du MusĂ©um national d’Histoire naturelle.

 

© Ph. L

En 1978, une jeune femme en quĂȘte d’aventure, S. H., s’installe Ă  New York dans l’intention d’écrire son premier roman. Mais elle se voit bientĂŽt distraite de ses projets par sa mystĂ©rieuse voisine, Lucy Brite, dont les propos aussi confus qu’inquiĂ©tants lui parviennent Ă  travers la mince cloison de leur immeuble dĂ©crĂ©pi. S. H. se met Ă  transcrire les Ă©tranges monologues de Lucy, oĂč il est question de la mort brutale de sa ïŹlle et du besoin qui la taraude de chĂątier son assassin. Jusqu’à cette nuit de violence oĂč Lucy fait irruption dans l’appartement de S. H.
Quarante ans plus tard, S. H. retrouve le journal qu’elle a tenu cette annĂ©e-lĂ  et entame un rĂ©cit autobiographique – Souvenirs de l’avenir â€“ dans lequel elle juxtapose savamment les textes contenus dans le journal, les Ă©bauches du roman qu’elle tentait d’écrire alors, et les commentaires que ces brouillons de jeunesse inspirent Ă  la romanciĂšre chevronnĂ©e qu’elle est devenue, aïŹn de crĂ©er un dialogue entre ses diïŹ€Ă©rents “moi” Ă  travers les dĂ©cennies.

(Traduit par  Christine Le BƓuf) et © Actes Sud

Siri Hustvedt est une romanciĂšre aux racines norvĂ©giennes et l’auteure d’une oeuvre essayiste de premier plan. Ses livres sont traduits dans une trentaine de langues. En France, son Ă©diteur est Actes Sud.

 

© Ph. L

Un virus a fait disparaĂźtre la quasi-totalitĂ© des animaux de la surface de la Terre. Pour pallier la pĂ©nurie de viande, des scientifiques ont crĂ©Ă© une nouvelle race, Ă  partir de gĂ©nomes humains, qui servira de bĂ©tail pour la consommation.Ce roman est l’histoire d’un homme qui travaille dans un abattoir et ressent un beau jour un trouble pour une femelle de « premiĂšre gĂ©nĂ©ration Â». Or, tout contact inappropriĂ© avec ce qui est considĂ©rĂ© comme un animal d’élevage est passible de la peine de mort. À l’insu de tous, il va peu Ă  peu la traiter comme un ĂȘtre humain.
Le tour de force d’Agustina Bazterrica est de nous faire accepter ce postulat de dĂ©part en nous prĂ©cipitant dans un suspense insoutenable. Roman d’une brĂ»lante actualitĂ©, tout Ă  la fois allĂ©gorique et rĂ©aliste, Cadavre exquis utilise tous les ressorts de la fiction pour venir bouleverser notre conception des relations humaines et animales.

(Traduit par Margot Nguyen BĂ©raud)

Agustina Bazterrica est nĂ©e Ă  Buenos Aires en 1974. Cadavre exquis, son premier roman, a remportĂ© le prix ClarĂ­n en 2017.

 

© Ph. L

Depuis trente ans, Paul a fait de son histoire familiale, et du dĂ©sastre que fut son enfance, la matiĂšre mĂȘme de ses romans. Une dĂ©marche que ses frĂšres et soeurs n’ont pas comprise, au point de ne plus lui adresser la parole pendant de longues annĂ©es. Et puis arrive le temps de la rĂ©conciliation. Paul dĂ©cide de rĂ©unir Ă  dĂ©jeuner, dans la maison qui est devenue son refuge, tous les protagonistes de sa tumultueuse existence : ses neuf frĂšres et soeurs, leurs enfants et les siens, et mĂȘme ses deux ex-femmes. Viendra qui voudra. Et advienne que pourra. Le temps d’un singulier repas de famille, Lionel Duroy parvient Ă  reconstituer tous les chapitres essentiels de la vie d’un homme. Avec sa profondeur psychologique habituelle et l’Ă©lĂ©gance de son style, il livre ici un rĂ©cit vibrant de vĂ©ritĂ© sur les liens indestructibles de l’enfance, la rĂ©silience et la paix enfin retrouvĂ©e.
© Julliard

Lionel Duroy est nĂ© en 1949 en Tunisie, quatriĂšme d’une fratrie de dix enfants, dans une famille aristocrate mais dĂ©sargentĂ©e. L’histoire de cette famille le marque profondĂ©ment. AprĂšs une licence de lettres modernes, il exerce les mĂ©tiers de livreur, coursier, ouvrier avant de se consacrer Ă  l’Ă©criture comme journaliste Ă  LibĂ©ration et Ă  L’EvĂšnement du jeudi puis comme romancier. La plupart de ses livres sont autobiographiques et il Ă©crit ou co-Ă©crit certaines biographies de personnalitĂ©s.

 

© Ph. L

En 1945, dans une ville d’Allemagne occupĂ©e par les alliĂ©s, un photographe de guerre anglais qui a suivi la dĂ©faite allemande ne parvient pas Ă  rentrer chez lui en Angleterre. Il est sans mot devant les images de la libĂ©ration d’un camp de concentration Ă  laquelle il a assistĂ©. Il est logĂ© dans le mĂȘme hĂŽtel que le colonel qui commandait le rĂ©giment qui a libĂ©rĂ© le camp. Ayant vu les mĂȘmes choses qui les ont marquĂ©s, ils sont devenus des sortes d’amis. Un soir, le photographe expose son idĂ©e de partir Ă  travers l’Allemagne pour photographier les gens devant leur maison. Il espĂšre ainsi peut-ĂȘtre dĂ©couvrir qui sont ceux qui ont permis l’existence de ces camps. Le colonel met Ă  sa disposition une voiture et un chauffeur de son rĂ©giment. C’est un trĂšs jeune soldat qui vient d’arriver et qui n’a rien vu de la guerre. Le photographe et son jeune chauffeur partent au hasard sur les routes. Le premier est hantĂ© par ce qu’il a vu, et le second est hantĂ© par des Ă©vĂšnements plus intimes survenus chez lui en Angleterre. Le roman est ce voyage.

NĂ© en 1956 en Lorraine, Hubert Mingarelli est scĂ©nariste et Ă©crivain. A 17 ans, il arrĂȘte l’école pour s’engager dans la marine, qu’il quitte trois ans plus tard. Il s’installe Ă  Grenoble oĂč il exerce de nombreux mĂ©tiers puis commence Ă  publier, vers la fin des annĂ©es 80.
© Buchet Chastel

 

© Ph. L

“Peut-on rĂ©parer l’irrĂ©parable, rassemble ceux que l’histoire a dispersĂ©s ? Blanche, rwandaise, vit Ă  Bordeaux aprĂšs avoir fui le gĂ©nocide des Tutsi de 1994. Elle a construit sa vie en France, avec son mari et son enfant mĂ©tis Stokely. Mais aprĂšs des annĂ©es d’exil, quand Blanche rend visite Ă  sa mĂšre Immaculata, la mĂ©moire douloureuse refait surface. Celle qui est restĂ©e et celle qui est partie pourront-elles se parler, se pardonner, s’aimer de nouveau ? Stokely, lui, pris entre deux pays, veut comprendre d’oĂč il vient…

Beata Umubyeyi Mairesse est nĂ©e Ă  Huye (Butare) au Rwanda, en 1979. Son parcours mĂ©tissĂ© lui fait parler plusieurs langues. RescapĂ©e du gĂ©nocide de 1994, elle poursuit ses Ă©tudes en France : hypokhĂągne- khĂągne puis Sciences-Po Lille et un DESS en dĂ©veloppement et coopĂ©ration internationale Ă  la Sorbonne. Coordinatrice de projet pour MSF, chargĂ©e de programmes au Samusocial International, assistante Ă  la recherche Ă  l’UniversitĂ© d’Ottawa, chargĂ©e de mission AIDES, elle anime des rencontres littĂ©raires Ă  Bordeaux oĂč elle vit.
© lecteurs.com

 

« L’automobiliste rompant dĂ©libĂ©rĂ©ment le fil tĂ©nu qui l’avait reliĂ© Ă  l’autostoppeur. Le rompant en le regardant dans les yeux, sans honte. Avec une parfaite luciditĂ© quant Ă  l’instant oĂč la cassure avait lieu : ce moment oĂč leurs mains, aprĂšs s’ĂȘtre une derniĂšre fois serrĂ©es , se disjoignaient irrĂ©versiblement
 Â»
© Photo Ph. L

«J’ai retrouvĂ© l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, aprĂšs des annĂ©es sans penser Ă  lui. Je l’ai retrouvĂ© amoureux, installĂ©, devenu pĂšre. Je me suis rappelĂ© tout ce qui m’avait dĂ©cidĂ©, autrefois, Ă  lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappĂ© Ă  sa porte. J’ai rencontrĂ© Marie.»  Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitiĂ© et du dĂ©sir, le vertige devant la multitude des existences possibles.
© Gallimard

“NĂ© en 1979, Sylvain Prudhomme a passĂ© son enfance Ă  l’étranger (Cameroun, Burundi, Niger, Ile Maurice) avant de venir Ă©tudier les lettres Ă  Paris. 
GoĂ»t de l’exploration, du lointain, de l’utopie, des vies solitaires, des cabanes, des friches, des villes construites Ă  la va-comme-je te-pousse, de la rĂ©serve de possibles qu’elles offrent.”
© La maison des Ă©crivains et de la littĂ©rature. 

 

“Prague, automne 1995 : une habitante prĂ©tend « recevoir » chez elle la visite d’un compositeur illustre dont elle a le privilĂšge de porter Ă  l’attention du plus grand nombre les partitions qu’il lui dicte au fil de leurs rencontres. Au point de sĂ©duire une maison de disques. Sauf que le grand homme en question s’appelle FrĂ©dĂ©ric Chopin, et qu’il est mort Ă  Paris, un siĂšcle et demi plus tĂŽt
 Supercherie ? Mystification ? Tel est, en tout cas, le sentiment bien naturel de LudvĂ­k SlanĂœ, journaliste, au moment oĂč il s’apprĂȘte Ă  enquĂȘter sur cette histoire pour le compte de la tĂ©lĂ©vision d’un État sorti depuis peu de l’ùre communiste. Commence alors une chasse au fantĂŽme, entre matĂ©rialisme obtus et croyances en tout genre, espions reconvertis en enquĂȘteurs privĂ©s, tenants d’un ordre ancien mĂ©tamorphosĂ©s en jeunes loups du nouveau rĂ©gime, oĂč une paisible cantiniĂšre Ă  la retraite rĂ©vĂšle Ă  un monde bouleversĂ© la part d’ombre et de folie sur lequel il se rĂ©invente.”
© Seuil

© Ph. L

NĂ© en 1963, Ă‰ric Faye est l’auteur de romans, de nouvelles, de rĂ©cits de voyages et d’essais.  Je suis le gardien du phare (JosĂ© Corti, 1997) est une nouvelle fantastique. La TĂ©lĂ©graphiste de Chopin est son onziĂšme roman.

 

© Ph. L

“Une jeune femme sonne Ă  la porte d’une maison dans une banlieue pavillonnaire coquette et tranquille. Le couple aisĂ© qui l’accueille lui donne quelques recommandations concernant leur fille Elena, dont elle aura la charge. La gouvernante sourit, pose les mains bien Ă  plat sur ses genoux, module sa voix, les met Ă  l’aise… En suivant Ă  la lettre le protocole imaginĂ© par l’Ă©trange Lewis, elle saura se rendre indispensable. Elle deviendra la confidente et l’objet de tous les dĂ©sirs enfouis par cette famille en apparence idĂ©ale.
Mais cette gouvernante n’est pas seule. Ils sont nombreux comme elle Ă  s’ĂȘtre infiltrĂ©s Ă  divers endroits de la sociĂ©tĂ©. Les motos vont rugir. Une action d’envergure se prĂ©pare et, dans l’ombre, tous y concourent.
Alors que le vernis craque et que l’emprise de la jeune femme grandit, la tension se fait de plus en plus palpable. Jusqu’au grand jour.”

Quand un Ă©crivain confie qu’il a un « autre mĂ©tier », on s’attend gĂ©nĂ©ralement Ă  ce qu’il annonce qu’il est enseignant, journaliste ou Ă©diteur. Pas informaticien. C’est pourtant le cas de Guillaume Lavenant. Un parcours tout simple. « J’ai fait une terminale S, j’étais plutĂŽt bon en sciences, et j’ai suivi le chemin logique, prĂ©pa, Ă©cole d’ingĂ©nieurs, et j’ai tout de suite trouvĂ© dans l’informatique un travail de dĂ©veloppeur qui m’intĂ©ressait. » La passion de la littĂ©rature ne le quitte pas.

© Alain Nicolas. L’HumanitĂ©, 22 aoĂ»t 2019

 

© Ph. L

À en croire la tante du jeune Benoit, il existe plusieurs catĂ©gories d’orphelins, et Benoit appartient Ă  la pire : celle des enfants qui n’ont aucun gĂ©niteur. Ayant recueilli l’enfant aprĂšs l’avoir arrachĂ© au cauchemardesque “Dortoir aux Entrailles” oĂč il a passĂ© ses premiĂšres annĂ©es, la Tante a dĂ©cidĂ© de le remettre sur pied en lui concoctant toutes sortes de mets baroques, persuadĂ©e que seules de solides nourritures terrestres sont de nature Ă  apaiser les angoisses d’un “neveu” obsĂ©dĂ© par la mort.Sous ce toit qui se veut providentiel, Benoit fantasme sur la chambre-sanctuaire de la Tante, s’interroge sur ses mystĂ©rieuses disparitions nocturnes et frĂ©quente sa garde rapprochĂ©e, trois femmes sans Ăąge, fĂ©rues de records en tout genre et de films d’horreur…
© Actes Sud.

“NĂ© en 1962, Claro est l’auteur d’une vingtaine de fictions – dont Tous les diamants du ciel (Actes Sud, 2012), Crash-test (Actes Sud, 2015) – ainsi que de deux recueils d’essais, Le Clavier cannibale (Inculte, 2010) et Cannibale lecteur (Inculte, 2014). Également traducteur de l’amĂ©ricain (une centaine d’ouvrages traduits : Vollmann, Gass, Joyce Carol Oates, Lucy Ellmann
), Claro tient un blog littĂ©raire, “Le Clavier cannibale”.
Sa chienne Onyx et son chat Salam vont bien.”
© Actes Sud.

 

© Ph. L

“Lors d’un exposĂ© en cours d’histoire sur les premiers autodafĂ©s nazis, Livio, 17 ans, retrace l’incroyable parcours de Magnus Hirschfeld, ce mĂ©decin juif-allemand qui lutta pour l’égalitĂ© hommes-femmes et les droits des homosexuels dĂšs le dĂ©but du XXe siĂšcle. Homosexuel, c’est prĂ©cisĂ©ment le mot que n’arrive pas Ă  prononcer Livio : ni devant son amie Camille, dont il voit bien qu’elle est amoureuse de lui, ni devant ses parents. Magnus Hirschfeld pourrait-il parler pour lui ? Sous le regard interdit des Ă©lĂšves de sa classe, Livio accomplit alors ce qui ressemble Ă  un coming-out. Deux histoires se mĂȘlent et se rĂ©pondent pour raconter ce qu’est le courage, celui d’un jeune homme prĂȘt Ă  se livrer, quitte Ă  prendre feu, et celui d’un mĂ©decin qui rĂ©siste jusqu’à ce que sa bibliothĂšque de recherche soit brĂ»lĂ©e vive. À un siĂšcle de distance, est-il possible que Magnus Hirschfeld et Livio se heurtent Ă  la mĂȘme condamnation?”
© Flammarion

Brigitte Giraud est nĂ©e Ă  Sidi-Bel-AbbĂšs. Elle est l’auteure de nombreux romans traduits dans une douzaine de langues et largement rĂ©compensĂ©s, tels que À prĂ©sent (2001), L’amour est trĂšs surestimĂ© (2007), Une annĂ©e Ă©trangĂšre (2009) et l’avant dernier Un loup pour l’homme (2017).

 

© Françoise Saur

“Pamina, habite en montagne avec son compagnon Nils. Elle se sait entourĂ©e par un clan de cerfs qui lui sont restĂ©s invisibles et mystĂ©rieux jusqu’à ce que LĂ©o, un photographe animalier, construise dans les parages une cabane d’affĂ»t et qu’il lui propose de guetter avec lui. Tandis qu’elle observe et s’initie Ă  la vie du clan, affrontant la neige, le givre, la grĂȘle, avec pour Ă©quipement un filet de camouflage, une paire de jumelles et des carnets, elle raconte sa peur de la nuit, les futaies sous la lune, la magie de l’inconnu, le plaisir infini Ă  guetter, incognito, l’apparition des cerfs, Ă  les observer, Ă  les distinguer et Ă  les nommer  : Apollon, GĂ©ronimo, Merlin… Mais au cours de ces sĂ©ances de guet, elle va dĂ©couvrir un monde plus cruel que celui du rĂšgne animal, celui des hommes, car un massacre se fomente

Un roman qui se lit comme un thriller, plein de poĂ©sie, de chagrin et de colĂšre, sur la disparition de la beautĂ© dans la nature et les ravages que l’homme y opĂšre.”

© Grasset

Claudie Hunzinger est nĂ©e en 1940. La nature est trĂšs prĂ©sente dans son double parcours d’artiste et d’écrivain.

 

© Ph. L

Au mitan de la Seconde Guerre mondiale, auprĂšs du lac autrichien de Mondsee, le jeune soldat viennois Veit Kolbe goĂ»te quelques mois de convalescence. Au cƓur de ce paysage alpin qui ferait presque oublier les combats, et grĂące Ă  l’amitiĂ© qu’il tisse avec sa voisine Margot, les forces lui reviennent. 
Mais la menace rĂŽde comme une ombre et peut s’abattre de la façon la moins attendue. Dans le camp pour jeunes filles Ă©vacuĂ©es installĂ© au bord du lac, une adolescente disparaĂźt soudainement, mettant la petite communautĂ© en Ă©moi, tandis que les Ă©chos de la guerre, qui paraissaient pourtant lointains, se font plus rĂ©guliers et inquiĂ©tants. 
Tissant ensemble les voix de personnages complexes et attachants auxquels il est difficile de ne pas s’identifier, Arno Geiger nous rĂ©vĂšle leur quotidien Ă  mesure que la dĂ©faite approche. Roman Ă  la fois sensible et Ă©pique, intimiste et historique, Le grand royaume des ombres brosse subtilement le vaste portrait d’une sociĂ©tĂ© sur le point de vaciller et nous montre comment la vie, mĂȘme dans les moments les plus terribles, peut laisser Ă©clore une forme de douceur.

Traduit par Olivier Le Lay
© Gallimard

NĂ© en 1968, Arno Geiger vit Ă  Vienne. Tout va bien (2008) a reçu le Prix du meilleur roman en Allemagne, et son rĂ©cit Le vieux roi en son exil (2012) a battu tous les records de vente dans les pays germaniques. Il est traduit en 27 langues, ce qui fait de lui l’un des auteurs germanophones les plus lus dans le monde.

 

“Il Ă©tait temps de devenir propriĂ©taires. Soucieux de notre empreinte environnementale, nous voulions une construction peu Ă©nergivore, bĂątie en matĂ©riaux durables. Aux confins de la ville se tramaient des Ă©coquartiers. Notre choix s’est portĂ© sur une petite commune en plein essor. Nous Ă©tions sĂ»rs de rĂ©aliser un bon investissement.
Plusieurs mois avant de dĂ©mĂ©nager, nous avons mesurĂ© nos meubles, dĂ©coupĂ© des bouts de papier pour les reprĂ©senter Ă  l’Ă©chelle. Sur la table de la cuisine, nous dĂ©roulions les plans des architectes, et nous jouions Ă  dĂ©placer la bibliothĂšque, le canapĂ©, Ă  la recherche des emplacements les plus astucieux. Nous Ă©tions impatients de vivre enfin chez nous.
Et peut-ĂȘtre aurions-nous rĂ©alisĂ© notre rĂȘve si, une semaine aprĂšs notre installation, les Lecoq n’avaient emmĂ©nagĂ© de l’autre cĂŽtĂ© du mur.”

© Les Éditions de minuit

Julia Deck est nĂ©e en 1974 Ă  Paris. Ses prĂ©cĂ©dents livres aux Éditions de Minuit : Viviane Elisabeth Fauville (2012), Le Triangle d’hiver (2014), Sigma (2017)

 

© Ph. L

Si le capitalisme sous ses formes actuelles condamne la plupart des gens Ă  l’Ă©chec, s’est vite convaincu Franck, ce n’est pas parce qu’il est dur – il l’est moins bien qu’il y a un siĂšcle -, mais parce que les gens se sont ramollis et ne sont plus habituĂ©s Ă  se battre. Le mieux c’est de faire comme si tu Ă©tais virĂ© chaque vendredi soir, et que le lundi suivant tu commençais un nouveau job : tu ne t’enfonces pas dans la routine, tu regardes tout d’un Ɠil neuf, tu te dis que tout, si nĂ©cessaire, pourrait ĂȘtre diffĂ©rent.

Vincent Message. Cora dans la spirale. 2019.

“AprĂšs avoir donnĂ© naissance Ă  une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez BorĂ©lia. La compagnie d’assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetĂ©e par un groupe qui promet de la moderniser. Cora aurait aimĂ© devenir photographe. Faute d’avoir percĂ©, elle occupe dĂ©sormais un poste en marketing qui lui semble un bon compromis pour construire une famille et se projeter dans l’avenir. C’est sans compter qu’en 2010, la crise dont les mĂ©dias s’inquiĂštent depuis deux ans rattrape brutalement l’entreprise. Quand les couloirs se mettent Ă  bruire des mots de restructuration et d’optimisation, tout pour elle commence Ă  se dĂ©traquer, dans son travail comme dans le couple qu’elle forme avec Pierre. Prise dans la pĂ©nombre du mĂ©tro, pressant le pas dans les gares, dĂ©rivant avec les nuages qui filent devant les fenĂȘtres de son bureau Ă  La DĂ©fense, Cora se demande quel rĂ©pit le quotidien lui laisse pour ne pas perdre le contact avec ses rĂȘves.”
À travers le portrait d’une femme prĂȘte Ă  multiplier les risques pour se sentir vivante, Vincent Message scrute les mĂ©tamorphoses du capitalisme contemporain, dans un roman tour Ă  tour rĂ©aliste et poĂ©tique, qui affirme aussi toute la force de notre dĂ©sir de libertĂ©.

QuatriÚme de couverture. © Seuil, 2019.

Vincent Message est nĂ© en 1983. Cora dans la spirale est son troisiĂšme roman, aprĂšs Les Veilleurs (Seuil, 2009) et DĂ©faite des maĂźtres et possesseurs (Seuil, 2016).

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