“De pierre et d’os” de Bérengère Cournut: Jamais sans un livre! Quelques citations, autant de conseils de lecture. La rentrée 2019 avec “Des mots de minuit”📚

Rentrée littéraire 2019
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Vagabonder: c’est la proposition de “un mot, un jour”. Au fil de nos lectures, de ressentis et de nos imaginaires. De ce qui nous aide à rire, à penser ou à réfléchir aux airs du temps ou aux retours de la mémoire. A contre marché, à contre performance, entre les chicanes de l’algorithme, une gratuité…

Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. » (note liminaire du roman)
Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.

Bérengère Cournut est née en 1979. poursuit sa recherche d’une vision alternative du monde: en 2017, avec Née contente à Oraibi (Le Tripode), roman d’immersion sur les plateaux arides d’Arizona, au sein du peuple hopi; en 2019, pour De pierre et d’os,  elle a bénéficié d’une résidence d’écriture de dix mois au sein des bibliothèques du Muséum national d’Histoire naturelle.

© Ph. L

En 1978, une jeune femme en quête d’aventure, S. H., s’installe à New York dans l’intention d’écrire son premier roman. Mais elle se voit bientôt distraite de ses projets par sa mystérieuse voisine, Lucy Brite, dont les propos aussi confus qu’inquiétants lui parviennent à travers la mince cloison de leur immeuble décrépi. S. H. se met à transcrire les étranges monologues de Lucy, où il est question de la mort brutale de sa fille et du besoin qui la taraude de châtier son assassin. Jusqu’à cette nuit de violence où Lucy fait irruption dans l’appartement de S. H.
Quarante ans plus tard, S. H. retrouve le journal qu’elle a tenu cette année-là et entame un récit autobiographique – Souvenirs de l’avenir – dans lequel elle juxtapose savamment les textes contenus dans le journal, les ébauches du roman qu’elle tentait d’écrire alors, et les commentaires que ces brouillons de jeunesse inspirent à la romancière chevronnée qu’elle est devenue, afin de créer un dialogue entre ses différents “moi” à travers les décennies.

(Traduit par  Christine Le Bœuf) et © Actes Sud

Siri Hustvedt est une romancière aux racines norvégiennes et l’auteure d’une oeuvre essayiste de premier plan. Ses livres sont traduits dans une trentaine de langues. En France, son éditeur est Actes Sud.

© Ph. L

Un virus a fait disparaître la quasi-totalité des animaux de la surface de la Terre. Pour pallier la pénurie de viande, des scientifiques ont créé une nouvelle race, à partir de génomes humains, qui servira de bétail pour la consommation.Ce roman est l’histoire d’un homme qui travaille dans un abattoir et ressent un beau jour un trouble pour une femelle de « première génération ». Or, tout contact inapproprié avec ce qui est considéré comme un animal d’élevage est passible de la peine de mort. À l’insu de tous, il va peu à peu la traiter comme un être humain.
Le tour de force d’Agustina Bazterrica est de nous faire accepter ce postulat de départ en nous précipitant dans un suspense insoutenable. Roman d’une brûlante actualité, tout à la fois allégorique et réaliste, Cadavre exquis utilise tous les ressorts de la fiction pour venir bouleverser notre conception des relations humaines et animales.

(Traduit par Margot Nguyen Béraud)

Agustina Bazterrica est née à Buenos Aires en 1974. Cadavre exquis, son premier roman, a remporté le prix Clarín en 2017.

© Ph. L

Depuis trente ans, Paul a fait de son histoire familiale, et du désastre que fut son enfance, la matière même de ses romans. Une démarche que ses frères et soeurs n’ont pas comprise, au point de ne plus lui adresser la parole pendant de longues années. Et puis arrive le temps de la réconciliation. Paul décide de réunir à déjeuner, dans la maison qui est devenue son refuge, tous les protagonistes de sa tumultueuse existence : ses neuf frères et soeurs, leurs enfants et les siens, et même ses deux ex-femmes. Viendra qui voudra. Et advienne que pourra. Le temps d’un singulier repas de famille, Lionel Duroy parvient à reconstituer tous les chapitres essentiels de la vie d’un homme. Avec sa profondeur psychologique habituelle et l’élégance de son style, il livre ici un récit vibrant de vérité sur les liens indestructibles de l’enfance, la résilience et la paix enfin retrouvée.
© Julliard

Lionel Duroy est né en 1949 en Tunisie, quatrième d’une fratrie de dix enfants, dans une famille aristocrate mais désargentée. L’histoire de cette famille le marque profondément. Après une licence de lettres modernes, il exerce les métiers de livreur, coursier, ouvrier avant de se consacrer à l’écriture comme journaliste à Libération et à L’Evènement du jeudi puis comme romancier. La plupart de ses livres sont autobiographiques et il écrit ou co-écrit certaines biographies de personnalités.

© Ph. L

En 1945, dans une ville d’Allemagne occupée par les alliés, un photographe de guerre anglais qui a suivi la défaite allemande ne parvient pas à rentrer chez lui en Angleterre. Il est sans mot devant les images de la libération d’un camp de concentration à laquelle il a assisté. Il est logé dans le même hôtel que le colonel qui commandait le régiment qui a libéré le camp. Ayant vu les mêmes choses qui les ont marqués, ils sont devenus des sortes d’amis. Un soir, le photographe expose son idée de partir à travers l’Allemagne pour photographier les gens devant leur maison. Il espère ainsi peut-être découvrir qui sont ceux qui ont permis l’existence de ces camps. Le colonel met à sa disposition une voiture et un chauffeur de son régiment. C’est un très jeune soldat qui vient d’arriver et qui n’a rien vu de la guerre. Le photographe et son jeune chauffeur partent au hasard sur les routes. Le premier est hanté par ce qu’il a vu, et le second est hanté par des évènements plus intimes survenus chez lui en Angleterre. Le roman est ce voyage.

Né en 1956 en Lorraine, Hubert Mingarelli est scénariste et écrivain. A 17 ans, il arrête l’école pour s’engager dans la marine, qu’il quitte trois ans plus tard. Il s’installe à Grenoble où il exerce de nombreux métiers puis commence à publier, vers la fin des années 80.
© Buchet Chastel

© Ph. L

“Peut-on réparer l’irréparable, rassemble ceux que l’histoire a dispersés ? Blanche, rwandaise, vit à Bordeaux après avoir fui le génocide des Tutsi de 1994. Elle a construit sa vie en France, avec son mari et son enfant métis Stokely. Mais après des années d’exil, quand Blanche rend visite à sa mère Immaculata, la mémoire douloureuse refait surface. Celle qui est restée et celle qui est partie pourront-elles se parler, se pardonner, s’aimer de nouveau ? Stokely, lui, pris entre deux pays, veut comprendre d’où il vient…

Beata Umubyeyi Mairesse est née à Huye (Butare) au Rwanda, en 1979. Son parcours métissé lui fait parler plusieurs langues. Rescapée du génocide de 1994, elle poursuit ses études en France : hypokhâgne- khâgne puis Sciences-Po Lille et un DESS en développement et coopération internationale à la Sorbonne. Coordinatrice de projet pour MSF, chargée de programmes au Samusocial International, assistante à la recherche à l’Université d’Ottawa, chargée de mission AIDES, elle anime des rencontres littéraires à Bordeaux où elle vit.
© lecteurs.com

« L’automobiliste rompant délibérément le fil ténu qui l’avait relié à l’autostoppeur. Le rompant en le regardant dans les yeux, sans honte. Avec une parfaite lucidité quant à l’instant où la cassure avait lieu : ce moment où leurs mains, après s’être une dernière fois serrées , se disjoignaient irréversiblement… »
© Photo Ph. L

«J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte. J’ai rencontré Marie.»  Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles.
© Gallimard

“Né en 1979, Sylvain Prudhomme a passé son enfance à l’étranger (Cameroun, Burundi, Niger, Ile Maurice) avant de venir étudier les lettres à Paris. 
Goût de l’exploration, du lointain, de l’utopie, des vies solitaires, des cabanes, des friches, des villes construites à la va-comme-je te-pousse, de la réserve de possibles qu’elles offrent.”
© La maison des écrivains et de la littérature. 

“Prague, automne 1995 : une habitante prétend « recevoir » chez elle la visite d’un compositeur illustre dont elle a le privilège de porter à l’attention du plus grand nombre les partitions qu’il lui dicte au fil de leurs rencontres. Au point de séduire une maison de disques. Sauf que le grand homme en question s’appelle Frédéric Chopin, et qu’il est mort à Paris, un siècle et demi plus tôt… Supercherie ? Mystification ? Tel est, en tout cas, le sentiment bien naturel de Ludvík Slaný, journaliste, au moment où il s’apprête à enquêter sur cette histoire pour le compte de la télévision d’un État sorti depuis peu de l’ère communiste. Commence alors une chasse au fantôme, entre matérialisme obtus et croyances en tout genre, espions reconvertis en enquêteurs privés, tenants d’un ordre ancien métamorphosés en jeunes loups du nouveau régime, où une paisible cantinière à la retraite révèle à un monde bouleversé la part d’ombre et de folie sur lequel il se réinvente.”
© Seuil

© Ph. L

Né en 1963, Éric Faye est l’auteur de romans, de nouvelles, de récits de voyages et d’essais.  Je suis le gardien du phare (José Corti, 1997) est une nouvelle fantastique. La Télégraphiste de Chopin est son onzième roman.

© Ph. L

“Une jeune femme sonne à la porte d’une maison dans une banlieue pavillonnaire coquette et tranquille. Le couple aisé qui l’accueille lui donne quelques recommandations concernant leur fille Elena, dont elle aura la charge. La gouvernante sourit, pose les mains bien à plat sur ses genoux, module sa voix, les met à l’aise… En suivant à la lettre le protocole imaginé par l’étrange Lewis, elle saura se rendre indispensable. Elle deviendra la confidente et l’objet de tous les désirs enfouis par cette famille en apparence idéale.
Mais cette gouvernante n’est pas seule. Ils sont nombreux comme elle à s’être infiltrés à divers endroits de la société. Les motos vont rugir. Une action d’envergure se prépare et, dans l’ombre, tous y concourent.
Alors que le vernis craque et que l’emprise de la jeune femme grandit, la tension se fait de plus en plus palpable. Jusqu’au grand jour.”

Quand un écrivain confie qu’il a un « autre métier », on s’attend généralement à ce qu’il annonce qu’il est enseignant, journaliste ou éditeur. Pas informaticien. C’est pourtant le cas de Guillaume Lavenant. Un parcours tout simple. « J’ai fait une terminale S, j’étais plutôt bon en sciences, et j’ai suivi le chemin logique, prépa, école d’ingénieurs, et j’ai tout de suite trouvé dans l’informatique un travail de développeur qui m’intéressait. » La passion de la littérature ne le quitte pas.

© Alain Nicolas. L’Humanité, 22 août 2019
© Ph. L

À en croire la tante du jeune Benoit, il existe plusieurs catégories d’orphelins, et Benoit appartient à la pire : celle des enfants qui n’ont aucun géniteur. Ayant recueilli l’enfant après l’avoir arraché au cauchemardesque “Dortoir aux Entrailles” où il a passé ses premières années, la Tante a décidé de le remettre sur pied en lui concoctant toutes sortes de mets baroques, persuadée que seules de solides nourritures terrestres sont de nature à apaiser les angoisses d’un “neveu” obsédé par la mort.Sous ce toit qui se veut providentiel, Benoit fantasme sur la chambre-sanctuaire de la Tante, s’interroge sur ses mystérieuses disparitions nocturnes et fréquente sa garde rapprochée, trois femmes sans âge, férues de records en tout genre et de films d’horreur…
© Actes Sud.

“Né en 1962, Claro est l’auteur d’une vingtaine de fictions – dont Tous les diamants du ciel (Actes Sud, 2012), Crash-test (Actes Sud, 2015) – ainsi que de deux recueils d’essais, Le Clavier cannibale (Inculte, 2010) et Cannibale lecteur (Inculte, 2014). Également traducteur de l’américain (une centaine d’ouvrages traduits : Vollmann, Gass, Joyce Carol Oates, Lucy Ellmann…), Claro tient un blog littéraire, “Le Clavier cannibale”.
Sa chienne Onyx et son chat Salam vont bien.”
© Actes Sud.

© Ph. L

“Lors d’un exposé en cours d’histoire sur les premiers autodafés nazis, Livio, 17 ans, retrace l’incroyable parcours de Magnus Hirschfeld, ce médecin juif-allemand qui lutta pour l’égalité hommes-femmes et les droits des homosexuels dès le début du XXe siècle. Homosexuel, c’est précisément le mot que n’arrive pas à prononcer Livio : ni devant son amie Camille, dont il voit bien qu’elle est amoureuse de lui, ni devant ses parents. Magnus Hirschfeld pourrait-il parler pour lui ? Sous le regard interdit des élèves de sa classe, Livio accomplit alors ce qui ressemble à un coming-out. Deux histoires se mêlent et se répondent pour raconter ce qu’est le courage, celui d’un jeune homme prêt à se livrer, quitte à prendre feu, et celui d’un médecin qui résiste jusqu’à ce que sa bibliothèque de recherche soit brûlée vive. À un siècle de distance, est-il possible que Magnus Hirschfeld et Livio se heurtent à la même condamnation?”
© Flammarion

Brigitte Giraud est née à Sidi-Bel-Abbès. Elle est l’auteure de nombreux romans traduits dans une douzaine de langues et largement récompensés, tels que À présent (2001), L’amour est très surestimé (2007), Une année étrangère (2009) et l’avant dernier Un loup pour l’homme (2017).

© Françoise Saur

“Pamina, habite en montagne avec son compagnon Nils. Elle se sait entourée par un clan de cerfs qui lui sont restés invisibles et mystérieux jusqu’à ce que Léo, un photographe animalier, construise dans les parages une cabane d’affût et qu’il lui propose de guetter avec lui. Tandis qu’elle observe et s’initie à la vie du clan, affrontant la neige, le givre, la grêle, avec pour équipement un filet de camouflage, une paire de jumelles et des carnets, elle raconte sa peur de la nuit, les futaies sous la lune, la magie de l’inconnu, le plaisir infini à guetter, incognito, l’apparition des cerfs, à les observer, à les distinguer et à les nommer  : Apollon, Géronimo, Merlin… Mais au cours de ces séances de guet, elle va découvrir un monde plus cruel que celui du règne animal, celui des hommes, car un massacre se fomente…
Un roman qui se lit comme un thriller, plein de poésie, de chagrin et de colère, sur la disparition de la beauté dans la nature et les ravages que l’homme y opère.”

© Grasset

Claudie Hunzinger est née en 1940. La nature est très présente dans son double parcours d’artiste et d’écrivain.

© Ph. L

Au mitan de la Seconde Guerre mondiale, auprès du lac autrichien de Mondsee, le jeune soldat viennois Veit Kolbe goûte quelques mois de convalescence. Au cœur de ce paysage alpin qui ferait presque oublier les combats, et grâce à l’amitié qu’il tisse avec sa voisine Margot, les forces lui reviennent. 
Mais la menace rôde comme une ombre et peut s’abattre de la façon la moins attendue. Dans le camp pour jeunes filles évacuées installé au bord du lac, une adolescente disparaît soudainement, mettant la petite communauté en émoi, tandis que les échos de la guerre, qui paraissaient pourtant lointains, se font plus réguliers et inquiétants. 
Tissant ensemble les voix de personnages complexes et attachants auxquels il est difficile de ne pas s’identifier, Arno Geiger nous révèle leur quotidien à mesure que la défaite approche. Roman à la fois sensible et épique, intimiste et historique, Le grand royaume des ombres brosse subtilement le vaste portrait d’une société sur le point de vaciller et nous montre comment la vie, même dans les moments les plus terribles, peut laisser éclore une forme de douceur.

Traduit par Olivier Le Lay
© Gallimard

Né en 1968, Arno Geiger vit à Vienne. Tout va bien (2008) a reçu le Prix du meilleur roman en Allemagne, et son récit Le vieux roi en son exil (2012) a battu tous les records de vente dans les pays germaniques. Il est traduit en 27 langues, ce qui fait de lui l’un des auteurs germanophones les plus lus dans le monde.

“Il était temps de devenir propriétaires. Soucieux de notre empreinte environnementale, nous voulions une construction peu énergivore, bâtie en matériaux durables. Aux confins de la ville se tramaient des écoquartiers. Notre choix s’est porté sur une petite commune en plein essor. Nous étions sûrs de réaliser un bon investissement.
Plusieurs mois avant de déménager, nous avons mesuré nos meubles, découpé des bouts de papier pour les représenter à l’échelle. Sur la table de la cuisine, nous déroulions les plans des architectes, et nous jouions à déplacer la bibliothèque, le canapé, à la recherche des emplacements les plus astucieux. Nous étions impatients de vivre enfin chez nous.
Et peut-être aurions-nous réalisé notre rêve si, une semaine après notre installation, les Lecoq n’avaient emménagé de l’autre côté du mur.”

© Les Éditions de minuit

Julia Deck est née en 1974 à Paris. Ses précédents livres aux Éditions de Minuit : Viviane Elisabeth Fauville (2012), Le Triangle d’hiver (2014), Sigma (2017)

© Ph. L

Si le capitalisme sous ses formes actuelles condamne la plupart des gens à l’échec, s’est vite convaincu Franck, ce n’est pas parce qu’il est dur – il l’est moins bien qu’il y a un siècle -, mais parce que les gens se sont ramollis et ne sont plus habitués à se battre. Le mieux c’est de faire comme si tu étais viré chaque vendredi soir, et que le lundi suivant tu commençais un nouveau job : tu ne t’enfonces pas dans la routine, tu regardes tout d’un œil neuf, tu te dis que tout, si nécessaire, pourrait être différent.

Vincent Message. Cora dans la spirale. 2019.

“Après avoir donné naissance à une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez Borélia. La compagnie d’assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetée par un groupe qui promet de la moderniser. Cora aurait aimé devenir photographe. Faute d’avoir percé, elle occupe désormais un poste en marketing qui lui semble un bon compromis pour construire une famille et se projeter dans l’avenir. C’est sans compter qu’en 2010, la crise dont les médias s’inquiètent depuis deux ans rattrape brutalement l’entreprise. Quand les couloirs se mettent à bruire des mots de restructuration et d’optimisation, tout pour elle commence à se détraquer, dans son travail comme dans le couple qu’elle forme avec Pierre. Prise dans la pénombre du métro, pressant le pas dans les gares, dérivant avec les nuages qui filent devant les fenêtres de son bureau à La Défense, Cora se demande quel répit le quotidien lui laisse pour ne pas perdre le contact avec ses rêves.”
À travers le portrait d’une femme prête à multiplier les risques pour se sentir vivante, Vincent Message scrute les métamorphoses du capitalisme contemporain, dans un roman tour à tour réaliste et poétique, qui affirme aussi toute la force de notre désir de liberté.

Quatrième de couverture. © Seuil, 2019.

Vincent Message est né en 1983. Cora dans la spirale est son troisième roman, après Les Veilleurs (Seuil, 2009) et Défaite des maîtres et possesseurs (Seuil, 2016).

la critique littéraire desmotsdeminuit.fr
les lectures d’Alexandra
Un mot, un jour

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