📚 Éric Faye, Émilie de Turckheim, Antoine Sénanque, 🎸 Roland Tchakounté. “Des mots de minuit” #391

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Quand l’écrivain part du fait divers ou de l’absurde et situe son propos au Japon; quand le chanteur dit qu’il a le blues du matin au soir, ce qui n’est pas rien; quand la romancière peut poser nue ou citer Faulkner, Hammett ou Bataille; quand son voisin de plateau écrit mais est d’abord spécialiste de la sclérose latérale amyotrophique… C’est “Des mots de minuit”: radical, métis, réjouissant!

Des mots de minuit, Emission #391 du 06 octobre 2010

Avec:

  • L’écrivain Éric Faye    
  • L’écrivaine Émilie de Turckheim
  • Le chanteur  Roland Tchakounté
  • Le neurologue et écrivain Antoine Sénanque

Musique avec:

  • Roland Tchakounté et ses musiciens pour Hum hum…

 

Manières de voir :

– Éric Faye parle de l’intrigue de son roman Nagasaki (Stock, 2010) qui a reçu le grand prix du roman de l’Académie Française. Plus largement, il évoque le thème de la solitude dans son oeuvre et parle de sa rencontre avec l’écrivain albanais Ismaël Kadaré.

Quand, à la fin des années 80, j’ai rencontré Ismaïl Kadaré, je voulais comprendre dans un pays ermite, aussi dur, stalinien, comment on peut composer une œuvre aussi vive, aussi foisonnante. Je trouve qu’une partie du travail de l’écrivain est de contourner ses propres handicaps. Pour Kadaré, tout était obstacle dans un pays pareil.

Éric Faye. Des mots de minuit, 2010.

 

– Roland Tchakounté évoque son séjour au Japon où il a passé deux ans et demi de sa vie, son rapport au blues et à ses racines africaines.

Je m’en suis sorti. J’ai eu de la chance. J’ai des amis qui n’ont pas eu cette même chance et qui en sont mort. Voilà pourquoi je dis que je suis un ex boat-people pour qui les choses ont bien tourné.

Roland Tchakounté. Des mots de minuit, 2010.

 

Émilie de Turckheim explique qu’elle essaye de cloisonner sa vie, parle des personnages de son dernier roman Le joli mois de mai (Editions Eloïse d’Ormesson, 2010), évoque ses débuts dans l’écriture. Dès l’enfance.

La question de la violence qu’on est prête à recevoir dans le travail d’écriture, ce n’est pas forcément quelque chose de spectaculaire. Je remarque que quand on pose pour les peintres, à la fois nu, silencieux et immobile – ce qui n’arrive pas souvent dans la vie – , cette sensation est violente. On n’est pas à la merci mais on ne peut pas se cacher sous ses paroles ou noyer son corps dans des gestes. Ça ressemble à la situation de l’écriture, où finalement, ce qui est irréductible – le style, en littérature -, arrive quand on ne peut plus parler avec des mots, quand il n’y a plus rien à décrire. Là est l’épreuve de sincérité qui est submergeante.

Émilie de Turkheim. Des mots de minuit, 2010.

 

Antoine Sénanque explique comment il concilie ses deux fonctions de médecin et d’écrivain, parle de sa rencontre avec le chanteur Allain Leprest, évoque le portrait qu’il fait des médecins dans son roman L’homme mouillé (Grasset, 2010) qui a pour contexte la montée du nazisme.

J’ai essayé d’être sincère, d’enlever la blouse pour écrire et de raconter le vrai face à face qui existe entre deux hommes. D’un côté, le médecin qui est censé savoir et qui doute énormément. De l’autre, le patient qui attend parfois trop du médecin.

Antoine Sénanque. Des mots de minuit, 2010.

 

MUSIQUE : 

Roland Tchakounté

Des mots de minuit #310
Réalisation: Pierre Desfons
Rédaction en chef : Rémy Roche
Production: Thérèse Lombard et Philippe Lefait
© Desmotsdeminuit/France2

 

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