Guillaume T: Le refuge de la grand-mère arménienne…

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“De New-York à Paris, en passant par bien d’autres lieux. J’ai découvert des gens, et des objets magiques qui, dans de minuscules éraflures, conservent les marques du temps. J’ai réalisé les portraits de ceux qui protègent ces empreintes de la disparition. Avec l’image de cette trace, j’ai préservé la mémoire de l’oubli.” H. B.

Le livre de ma grand-mère, marqué par le temps et l’instant… il est posé devant moi trente ans après l’avoir refermé sous les yeux vides mais émus de “Diguin Aghavnie”*. Mon regard sur cet objet est toujours attendri mais aussi intranquille, il est le même que lorsque j’avais une dizaine d’années, je le parcourais au côté de ma grand-mère sans comprendre le moindre mot, la moindre lettre mais avec le sentiment que je vivais un moment de grâce. L’émotion de la calligraphie arménienne m’envahit, ces notes de musique et cette mélodie qu’elle fredonnait résonne encore en moi. Ce livre était à mes yeux un refuge, celui d’une survivante du génocide qu’elle était.

Guillaume T. 24 avril 2017 – Paris 75012

* en arménien, diguin = madame, aghavnie = colombe

© “Le Laboratoire de Lumière” – 2017



 Mémoire d’objets, la collection

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