À dada sur mon histoire… bulgare. Sur la voix des Balkans #18

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© Athina Boé

Après deux semaines à Skopje, Athina déménage en Bulgarie. D’abord Sofia puis Plovdiv, deux villes au cœur des Balkans qui n’ont vraiment rien à voir! 

Mon nouveau camp de base 

Aujourd’hui, je me décide à quitter Skopje.
Ma deuxième semaine a été très intense entre Šutka – mon gros coup de cœur – et ma rencontre avec Ferus, Bajsa et Rebecka. J’ai tant de nouvelles histoires dans mon sac… à dos! Ah la la!
Mais voilà, la Bulgarie est à quelques heures de bus… Alors autant en profiter,  n’est-ce pas? C’est en me réveillant de mon somme que je découvre les lumières de Sofia dans la nuit. Il est entre 23h et minuit quand je me rends à l’hostel tenu par une famille russe. Alex, le fils, la trentaine m’accueille dans sa maison fleurie. 
La réception est en fait le salon de la famille.
Un bureau dans un coin, une table à repasser, un canapé, et la cuisine ouverte à l’autre bout de la pièce. Je resterai ici 3 jours et j’y laisserai tout mon barda les jours suivants. Ah! entre le café macédonien pour les copains, la pálinka, les robes et foulards, le tipi (Voir épisode #15), la petite valise et j’en passe: j’ai de quoi remplir le salon à moi toute seule! Alex a poussé un meuble pour que je puisse déposer mes affaires et partir vadrouiller à ma guise. Tu sais, je me suis enfin décidée à prendre mon ticket retour! Aie, aie, aie! Ça y est la fin du voyage est proche. Et oui, déjà trois mois que je suis nomade. Allez, j’ai encore deux semaines pour goûter quelques autres contrées avant le jour J du retour. 

Tu comprends mieux pourquoi je l’appelle “mon camp de base”, non? © Athina Boé

Sofia, comme ci comme ça 

Le premier jour à Sofia, je me pose dans une taverne pour réfléchir à mon nouveau plan d’action. Dévorant mon premier mish mash – omelette aux poivrons et tomates – et une tarator – soupe aux concombres, je me demande bien comment je vais pouvoir contacter les musiciens… Enfin, j’ai bien quelques noms sur un bout de papier que Ferus m’a donné.  

Neshko Neshev, Mladen Malakov, Theodosii Spassov, Marinova Sofi, Julia Bikova, et j’ai même le numéro de téléphone du grand Ivo Papazov! Après quelques tentatives pour contacter les uns et les autres, finalement ça ne donnera rien. Bon… je dois t’avouer que recommencer encore et encore ce travail de fourmi m’épuise. Les jours suivants, je les passe entre mon quartier – non loin de la gare – et le centre-ville qui franchement ne me fait ni chaud ni froid. Quelques jolis édifices mais sans plus. Un peu comme à Bucarest, la ville n’est pas “belle” en soi. Le charme vient des rencontres que l’on y fait. Justement, je viens de rencontrer Amit. Un voyageur indien au long cours qui comme moi est un adepte du voyage solo et de couchsurfing.
On fait connaissance autour d’un sirop au sureau – c’est excellent – puis on s’aventure à prendre un vieux tram jaune pour voir la ville autrement. Une belle amitié naissante avec qui je m’aventurerai dans un ghetto Rom de Sofia : Filipovsti. Pas grand chose à dire si ce n’est que les Roms ne sont pas du tout intégrés comme en Macédoine…

Dans le train entre Sofia et Plovdiv, le voyage solo continue! © Athina Boé

Plovdiv, cité tranquille où je me laisse vivre

Après mon passage bref et anecdotique à Sofia, je m’esquive direction Plovdiv
À deux heures de train, la Capitale Européenne de la Culture 2019 offre une douceur de vivre qui me rappelle Timişoara (Voir épisode #09). Ici: petites ruelles piétonnes et dans le quartier “Kapana” du street art à tous les coins de rue! J’adore! Ma première nuit, je la passe chez Georgi. Nous écoutons le cd du groupe Oratnitza, tout en buvant une canette de bière sur sa terrasse. Vue sur la montagne. La classe! 
Le lendemain, après un petit déjeuner bulgare:  boza – boisson fermentée à base de céréales et banitsa – feuilleté garni au fromage, je plante mes racines à l’hostel “Pijama” pour une, puis deux, puis cinq nuits!
Je me retrouve dans la music room en tête à tête avec Michael Jackson. Hein? 
Oui, son portrait est juste au dessus de mon lit – qui accessoirement me sert de bureau. Parfois, je l’imagine prendre vie comme un fantôme qui viendrait hanter mes nuits… 
À part mes délires avec the king of pop, je remarque que mon quartier est encore marqué par le passé “ottoman”. Une très belle mosquée et des cafés turcs pour boire un cay (thé) ou un ayran maison entre deux épisodes. 
Et les voix bulgares dans tout ça? Bah, j’ai rien trouvé… Il faudrait aller dans des festivals spécialisés ou dans des fêtes de villages. Bref, tu me donnes un ou deux mois de plus? Et oui, il faut du temps pour rencontrer les traditions, comme tu sais. 
Et le temps m’est compté: il ne me reste que deux semaines. Pas plus, pas moins. 
Alors, c’est raté pour cette fois.

En mode écriture all night long, thriller night! © Athina Boé

N’allez pas là-bas, surtout en tant que femme…

Le quartier Stolipinovo est l’un des plus grands quartiers Rom des Balkans. Avec Šutka bien sûr. (Voir épisode #17)
Ah! j’en ai entendu des vertes et des pas mûres quant à ce “ghetto”. Toujours la même histoire avec les taxis qui refusent de m’y emmener. Ou qui me regardent bizarrement et me disent “gypsy? dangerous!”. Je persiste! Et puis le troisième jour: je m’y rends accompagnée par Pierre, écrivain français qui parle turc. Enfin, nous y sommes! J’aperçois sur la carte qu’il y a un bazar à l’intérieur du quartier: allons-y! On emprunte plusieurs rues jonchées de boutiques, cafés, et puis, tout autour, des blocs construits sous l’ère communiste dans les années 60. 
Rien à voir avec Šutka et ses maisons individuelles. 
Il y a quand même quelques points communs: un peuple accueillant, les mariages qui résonnent ici et là dans les rues et les belles en tenue de fête.
Le bazar fait penser à celui de Skopje: du kitsch en veux-tu, en voilà!
Et en sortant, on tombe sur des grandes vitrines avec des robes plus mirobolantes les unes que les autres. Influence turque, ça crève les yeux. D’ailleurs pas mal de Roms dans ce quartier parlent turc. Pierre échange quelques mots sur le chemin avec eux.
Après le tandem “café-clope”, nous repartons au centre ville avec le bus municipal. 

Y a du monde au balcon! © Athina Boé

Je vais fêter mes 28 ans dans un festival Rom!

Durant ces 8 jours en Bulgarie, je n’ai pas vraiment trouvé la musique traditionnelle ni la musique Rom sur ma route… 
Temps de transition, j’ai plutôt préparé la suite! 
Je ne t’ai pas dit! Dans quelques jours, je m’apprête à souffler mes 28 bougies! Christian – de Guča – m’avait recommandé un festival: le Roma Truba Fest
Un événement qui se revendique 100% Rom. Whaouh! Ou un genre de mini Guča en plus roots et familial. Ça tombe pile-poil le jour de mon anniversaire. 
Alors, ça, c’est la cerise sur le gâteau!
Retour à Sofia, entre-temps je récupère des chaussures de randonnée chez Velina – rencontrée dans le train – car j’ai le projet de finir mon road trip dans la montagne bulgare… après le festival.
Puis je prends un bus pour Koumanovo le lendemain matin, très tôt. 
Ah, j’ai tellement hâte de retrouver les fanfares Roms ainsi qu’Amit qui me rejoint pour l’occasion! 

L’affiche du festival où je me rends très vite! © Athina Boé

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