“La villa” de Robert GuĂ©diguian đŸŽ„ reconstitution mĂ©lancolique de famille dissoute

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À l’ombre du viaduc oĂč va et vient le train-monde, une fratrie (AngĂšle, Joseph et Armand) de la calanque MĂ©jean recherche la voix d’un pĂšre vieilli, renoue ses mĂ©moires et questionne les valeurs reçues en hĂ©ritage. Film plus familial que social, plus sentimental que politique mĂȘme si la question des rĂ©fugiĂ©s, ajoutĂ©e finalement au scĂ©nario, est pour le rĂ©alisateur un essentiel de notre temps.

Dans le minuscule village calanquais, c’est Armand, le fils aĂźnĂ© qui continue de s’occuper du restaurant que tenait le pĂšre dĂ©sormais taiseux… C’est l’hiver pour la saison et pour les ĂȘtres, Ă  tout le moins l’automne. Ce moment de la vie oĂč il est impossible de continuer un chemin sans avoir Ă  se retourner, Ă  rĂ©inventer ou sublimer ce qui reste de l’acquis. S’ajoutent Ă  ces temps incertains l’Ă©tĂ© indien des amours transgĂ©nĂ©rationnels et un constat glacial: la MĂ©diterranĂ©en est aussi devenue un cimetiĂšre.
Sortie le 29 novembre 2017.

Marius et Jeannette ont vieilli depuis 1997. Robert GuĂ©diguian continue avec sa famille de cinĂ©ma : Ascaride, Meylan, Darroussin, entre autres comĂ©diens de la tribu. Elle se dit et se questionne aussi dans ce vingtiĂšme film sĂ©quencĂ© par le passage du train et dont les mots de minuit pourraient ĂȘtre nostalgie ou mĂ©lancolie – on verra dans ce mot Ă  mot ce qu’en pense le rĂ©alisateur que nous avons rencontrĂ© au Festival du film de Sarlat. Mais saudade est peut-ĂȘtre celui qui lui correspond le mieux. Il est moins lourd, plus projectif.

Sinon, Robert GuĂ©diguian tient Ă  la qualitĂ© de ses souliers… Une façon de tenir son rang.