đź“š “Le Sillon” de ValĂ©rie Manteau, Prix Renaudot 2018

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Un livre de la reconstruction hĂ©sitante et expatriĂ©e après celui de la sidĂ©ration et de la peur (“Calme et tranquille” en 2016). Il y a l’amour et une coupe de l’histoire contemporaine de la Turquie et de son sultan moderne dans “Le Sillon”. Une Turquie oĂą fut assassinĂ© en 2007 de trois balles dans la tĂŞte le journaliste et opposant d’origine armĂ©nienne Hrant Dink. Toute ressemblance avec Charlie

ValĂ©rie Manteau a eu besoin de quitter la France après l’attentat contre Charlie Hebdo dans lequel elle perd plusieurs amis. Un amoureux fantasque et motorisĂ© d’Istanbul lui permet de quitter la macĂ©ration et de se vacciner contre la peur dĂ©jĂ  explorĂ©e dans Calme et tranquille. La Turquie, un ailleurs et un chemin de traverse pour refaire son monde et le monde Ă  coup de raki. Personnellement, l’auteure explore des Ă©mois et des Ă©tats d’âme Ă  transir les amoureux. Pour le reste, dĂ©passant les pages du journal intime, elle questionne un rĂ©gime autoritaire oĂą les opposants sont emprisonnĂ©s ou assassinĂ©s comme en 2007 le fut Hrant Dink, le crĂ©ateur du premier journal bilingue turc-armĂ©nien Agos. 

La petite histoire Ă©ditoriale et folklorique des prix littĂ©raires retiendra qu’en dĂ©cernant son prix Ă  ValĂ©rie Manteau pour Le Sillon (Le Tripode), qu’il ne retenait plus dans sa deuxième liste, le jury du Renaudot s’inscrit dans le sillon ouvert par l’attribution du prix Femina Ă  Philippe Lançon pour Le Lambeau. Lançon qui s’est vu dĂ©cerner par le mĂŞme jury un “prix spĂ©cial”.
ValĂ©rie Manteau et Philippe Lançon ont travaillĂ© pour Charlie Hebdo. La libertĂ© de presse est l’un de leurs sujets.

“«Je rĂŞve de chats qui tombent des rambardes, d’adolescents aux yeux brillants qui surgissent au coin de la rue et tirent en pleine tĂŞte, de glissements de terrain emportant tout Cihangir dans le Bosphore, de ballerines funambules aux pieds cisaillĂ©s, je rĂŞve que je marche sur les tuiles des toits d’Istanbul et qu’elles glissent et se dĂ©crochent. Mais toujours ta main me rattrape, juste au moment oĂą je me rĂ©veille en plein vertige, les poings fermĂ©s, agrippĂ©e aux draps ; mĂŞme si de plus en plus souvent au rĂ©veil tu n’es plus lĂ .»
RĂ©cit d’une femme partie rejoindre son amant Ă  Istanbul, Le Sillon est, après Calme et tranquille (Le Tripode, 2016), le deuxième roman  de ValĂ©rie Manteau.”
© Le Tripode

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