Thanksgiving đŸ‡ș🇾 Merci qui? Pour avoir donnĂ© quoi? Les carnets d’ailleurs de Marco & Paula #229

Le dindon de la farce...
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Mon journal de remerciement : m’ĂȘtre rĂ©veillĂ© ce matin, lendemain de Thanksgiving, Patrick Mc Donnell © https://mutts.com/

Paula avait inscrit “CĂ©lĂ©brer Thanksgiving” dans sa liste des “Ă  vivre” pour sentir l’ñme amĂ©ricaine, c’est fait!

 

Le 28 novembre, c’était Thanksgiving, une fĂȘte qui a quelques Ă©quivalents dans le reste du monde notamment au Canada, au LibĂ©ria et dans quelques Ăźles des CaraĂŻbes mais pour moi, c’est une fĂȘte amĂ©ricaine, c’est LA fĂȘte amĂ©ricaine, bien plus qu’Halloween qui est passĂ©e sans mĂȘme que je ne m’en aperçoive.
De Thanksgiving, j’avais eu un avant-goĂ»t il y a fort longtemps Ă  Paris chez des amis amĂ©ricains mais l’atmosphĂšre m’en Ă©tait restĂ©e Ă©trangĂšre, comme tous ces noĂ«ls que j’ai passĂ©s en Afrique, oĂč la chaleur ne me mettait pas dans l’ambiance.  

Thanksgiving est le maintien de la valeur des traditions ©Paula (photo de Peter Cihelka, the Free Lance-Star)

Cette fĂȘte s’annonce un mois Ă  l’avance avec une surmultiplication des publicitĂ©s dans la boĂźte aux lettres pour que chacun trouve dinde Ă  son goĂ»t. Parce qu’il faut une dinde et une purĂ©e de patates douces et une tarte Ă  la citrouille et une autre aux noix de pĂ©can et bien sĂ»r une sauce aux canneberges; c’est un repas codifiĂ©. La touche personnelle se trouve dans la farce et dans le “fait maison” ou le “prĂȘt-Ă -manger”. Nous avons la chance de rĂ©sider chez des amis gourmets qui aiment et savent cuisiner et mĂȘler famille et amis. Nous avons donc pu apprĂ©cier ce moment in situ, mĂȘme si nul n’était intĂ©ressĂ© par les matchs de football amĂ©ricains qui font tout autant partie de la tradition que le dĂ©filĂ© de ballons organisĂ© le matin dans les grandes rues de New York, et tĂ©lĂ©visĂ© Ă  travers les États-Unis.
Jusqu’à prĂ©sent, je croyais que cette fĂȘte cĂ©lĂ©brait la premiĂšre rĂ©colte faite par les “pĂšlerins” du Mayflower, aprĂšs que la tribu indienne des Wampanoags, les voyant mourir de faim depuis leur arrivĂ©e, leur avait appris Ă  pĂ©cher et cultiver local et leur avait offert quelques dindes. On cĂ©lĂ©brait donc ce geste de compassion ou cette intervention humanitaire comme on dirait dans mon monde. Je me disais, en mon for intĂ©rieur, que les autochtones avaient Ă©tĂ© au bout de l’histoire fort mal remerciĂ©s et que ce jour-lĂ , ils auraient peut-ĂȘtre Ă©tĂ© plus avisĂ©s de regarder ailleurs.


Dessin de John Underhill, un des meneurs du massacre montrant comment le village fut encerclé

Certains peuples autochtones du continent sont d’accord avec moi et ne cĂ©lĂšbrent pas Thanksgiving dans la joie. D’aucuns racontent des histoires difficiles Ă  dĂ©mĂȘler pour la non-historienne que je suis, mais j’ai retenu, aprĂšs une lecture que je reconnais volontiers biaisĂ©e, qu’il y aurait bien eu un repas partagĂ© mais qu’il avait Ă©tĂ© organisĂ© dans le but d’obtenir des concessions des Wampanoags, repas qui n’aurait pas Ă©tĂ© reconduit l’annĂ©e suivante. Selon d’autres sources le premier Thanksgiving serait nĂ© quelques annĂ©es plus tard Ă  la suite d’une initiative du gouverneur du Massachussetts pour rendre grĂące Ă  dieu d’avoir rĂ©ussi Ă  Ă©liminer un groupe de Pequots, soit un massacre de 400 Ă  700 Indiens. Repris ensuite Ă  diverses occasions pour stimuler le sentiment national, le dĂźner de Thanksgiving est devenu annuel en 1863 (en pleine guerre de SĂ©cession).

Une des innombrables publicitĂ©s, dans la presse, pour le black friday Â© Paula

Quoiqu’il en soit, cette fĂȘte, aujourd’hui essentiellement familiale et dĂ©connectĂ©e du religieux et de l’histoire, est aussi le prĂ©ambule d’un autre Ă©vĂ©nement cent pour cent amĂ©ricain, le “black friday”. Je reste mĂ©dusĂ©e Ă  l’idĂ©e que des personnes dĂ©cident d’aller faire des achats dĂšs potron-minet ce jour-lĂ , des magasins ouvrant Ă  5h du matin et promettant mĂȘme de substantielles rĂ©ductions pour les matutinaux. Certains commerces trichent et ouvrent dĂšs le jeudi soir de Thanksgiving; leurs employĂ©s doivent apprĂ©cier. J’espĂšre qu’ils ont le droit de bĂ©nĂ©ficier aussi des rĂ©ductions afin de mieux digĂ©rer d’avoir dĂ» abandonner leurs agapes entre dinde et tarte.

 

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