Noémie Lvovsky 🎥, Sophie Calle 👀, Rodophe Dana 🎭. 🎼 avec Takana Zion, Sandrine Piau et Manjul. #285

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Manières de faire est l’expression qui correspond à cette émission: de faire un cinéma doux-amer; un théâtre influencé par le cinéma; de l’art contemporain toujours à partir de son vécu; de poser et d’imposer une voix depuis toute petite… La musique a des échos de Mali ou de Guinée. Métis, radical, réjouissant, c’est “Des mots de minuit”

 

Des mots de minuit, #285 du 14 novembre 2007

Avec :

  • L’actrice et réalisatrice Noémie Lvovsky
  • Le metteur en scène de théâtre Rodophe Dana
  • La soprano Sandrine Piau
  • L’artiste plasticienne Sophie Calle

Musique :

  • Takana Zion, le chanteur guinéen
  • La soprano Sandrine Piau, accompagnée au piano par Susan Manoff
  •  Manjul, l’artiste franco-malien

CONVERSATION:

Noémie Lvovsky, scénariste, réalisatrice et actrice signe le long métrage Faut que ça danse
(Dans la famille Bellinsky : il y a Salomon le père, 80 ans, débordant de vie. Il se bat pour ne pas être enterré trop vite, entre des cours de claquettes sous le haut patronage de Fred Astaire et la recherche d’une compagne…
La mère, Geneviève, ne rêve que d’une chose : poursuivre tranquillement son infantilisation auprès de son aide ménager, protecteur et ange gardien, Mr Mootoousamy.
(Et) Sarah, la fille qui vit avec François, a bien du mal à trouver sa place entre son père qu’elle idolâtre mais qui l’agace, et sa mère qu’elle ne comprend plus. Elle apprend qu’elle est enceinte et doit prendre la responsabilité de construire une famille…
)

Quand j’étais petite j’avais l’impression, parce je n’avais pas vu les films qui me correspondaient, que le cinéma me faisait faire des cauchemars. Il y avait quelque chose de terrifiant pour moi. Et puis, ça a changé quand j’ai connu les cinéastes…

Noémie Lvovsky. Des mots de minuit, 2007.

 

Rodophe Dana, metteur en scène de théâtre. La pièce Dernier remords avant l’oubli (de Jean-Luc Lagarce) est donnée au théâtre de la Bastille.
(C’est un dimanche à la campagne. Dans cette maison achetée en commun pour presque rien, trois jeunes gens ont vécu une troublante aventure. Un des garçons et la fille sont partis, ont “refait leur vie”. Ce dimanche-là, ils reviennent avec conjoints et enfant auprès de celui qui est resté là, pour discuter de la vente de la maison. Mais on ne revient pas sur ses pas sans marcher sur son ombre… C’est là qu’intervient la grâce cruelle de Jean-Luc Lagarce, son humour amical mais implacable qui passe au peigne fin les cris et chuchotements de cette génération à la croisée des temps.)

Quand on a fondé la compagnie “Les possédés”, nous étions d’une génération plus influencée par le théâtre que par le cinéma. Donc, l’approche du jeu que l’on peut avoir est influencée par l’image. On essaye d’y retrouver cette excitation que l’on aime dans les films… En plus, nous travaillons de manière collective. Avec un long temps de travail sur table et de discussions… Et, l’on vérifie sur le plateau avec le travail du corps. C’est très empirique et très artisanal.

Rodolphe Dana. Des mots de minuit, 2007.

Rodolphe Dana a comme “objet qui le prolonge” le premier dessin de sa fille de trois ans qui représente un visage…

 

Sandrine Piau est une cantatrice et harpiste française, spécialiste du répertoire baroque.

J’ai toujours chanté. Toute petite, à 3 ans, on m’appelait “le bébé chantant”! Je chantais le thème de l’Eurovision (le Te Deum de Charpentier) et ça faisait attraction…
La harpe, ça a été au départ, je crois, visuel. C’était tout un monde parce que, quand on était princesse, on jouait de la harpe. L’amour de cet instrument-là était lié à tout ce qu’il représentait dans mon univers de petite fille.

Sandrine Piau. Des mots de minuit, 2007.

 

Sophie Calle artiste plasticienne, écrivaine, photographe et réalisatrice signe Prenez soin de vous. Depuis le début de son cheminement artistique, elle prend un malin plaisir à se mettre en scène dans des situations autobiographiques, qu’elle a su teinter de fiction, d’humour et d’amour notamment quand elle consacre une installation aux souvenirs de sa mère. Il s’agit en fait d’une narration où la fille tente de surmonter la nouvelle de la maladie, puis la mort et l’absence de la mère.

Ce dernier mois de la vie de ma mère, je voulais être à côté d’elle tout le temps […] Je n’arrivais plus à dormir à manger. Je voulais être à côté d’elle à la seconde ou elle mourrait. 

Sophie Calle. Des mots de minuit, 2007.

“L’objet qui la prolonge”: la chaîne (dont elle a fait faire copie et qu’elle n’a pas pu laisser au cou de sa mère quand celle-ci est morte. Un objet lié à son exposition de Venise Pas pu saisir la mort. Elle y montre dans un film de onze minutes la mort de sa mère. Elle avait installé une caméra au pied de son lit pour capturer son dernier mot et son dernier souffle de sa mère.

MUSIQUE :

Takana Zion chante Sweet words 

 

La soprano Sandrine Piau, accompagnée au piano par Susan Manoff, interprète “Epheu” (Mädchenblumen opus 22) de Richard Strauss

 

Manjul, accompagné de Assétou Kanouté, chante Bara

Des mots de minuit #452
Réalisation: Pierre Desfons
Rédaction en chef : Rémy Roche
Production: Thérèse Lombard et Philippe Lefait
© Desmotsdeminuit/France2

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