Grégoire Solotareff, Julie Berès, Hélène Frappat et André Goosse 🎼 avec Bruno Thieblement et Lokua Kanza #287

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Des contes graphiques pour enfants sensibles de Solotareff à l’amour des mots et du bien-parler d’André Goose; des confidences brûlantes d’Hélène Frappat aux mises en scène poétiques de Julie Berès, c’est Des mots de minuit: toujours métis, radical et réjouissant! 

Des mots de minuit, l’Émission #287 du 28 novembre 2007

Avec:

  • L’écrivaine Hélène Frappat
  • La metteuse en scène Julie Berès
  • Le dessinateur et plasticien Grégoire Solotareff
  • Le grammairien André Goosse (1926-2019)

Musique:

  • Bruno Thieblement interprète Petit déjeuner
  • Lokua Kanza interprète Le bonheur et Wapi Yo

 

CONVERSATION:

Grégoire Solotareff est dessinateur de bandes dessinées. Sa manière unique et admirable de considérer l’intelligence de ses jeunes lecteurs lui a offert un statut privilégié dans le monde du neuvième art. Il signe Adam et Eve.  

Quand j’étais petit, je copiai beaucoup les miniatures qui représentaient Adam et Eve. J’avais envie de m’y coller. J’ai voulu dire que l’histoire d’Adam et Eve c’est une histoire à trois.
Dans mon enfance on était entouré de livres. On n’avait pas la télé. Et on n’allait pas à l’école, donc j’avais du temps pour dessiner. Nous suivions des cours par correspondance, et en deux heures c’était réglé. Le reste du temps nous dessinions,  et le dessin était ce qui m’occupait le plus.

Gergoire Solotareff. Des mots de minuit, 2007.

Grégoire Solotareff a comme “objet qui le prolonge” un cheval de bois ayant appartenu à son grand-père il y a plus de cents ans.

 

Julie Berès.
Dans le paysage théâtral français Julie Berès a la caractéristique de traduire sur scène les contours d’un « espace mental », loin de toute forme de naturalisme, et de concevoir chaque spectacle comme un « voyage onirique » où se mêlent éléments de réalité et imaginaire poétique.
Elle parle ici de la pièce On n’est pas seuls dans sa peau qu’elle met en scène.

Ce qui me questionne, c’est le lien qu’il peut y avoir en notre mémoire et notre identité, que ce soit une mémoire refoulée, une mémoire qui vieillit, une mémoire qui se déchire, une mémoire qui part en lambeaux. Et cette question: Est-ce que perdre sa mémoire c’est perdre son identité?

Julie Berès. Des mots de minuit, 2007.

Julie Berès a comme “objet qui la prolonge”, ce qu’elle qualifie d’objet-espace, un matelas, qui correspond à l’intimité qu’elle entretient avec son moi-intérieur, où elle déploie sa réflexion.

 

Hélène Frappat est une écrivaine et critique de cinéma française. Elle a notamment publié  Sous réserve (2004), Par effraction (2009) aux Éditions Allia et, chez Actes Sud, Inverno (2011), Lady Hunt (2013), N’oublie pas de respirer (2014), Le Dernier Fleuve (2019).
Elle est également l’auteur de plusieurs essais sur le cinéma: Jacques Rivette, secret compris (2001) et Roberto Rossellini (2007), et Toni Servillo, le nouveau monstre (2018).
Elle évoque ici de son dernier roman L’agent de liaison

Les livres, c’est une réalité parallèle avec une temporalité parallèle. Alors, il y a des trous et des choses qui disparaissent.

J’ai toujours l’impression qu’on essaie de m’arracher un secret, je m’en rends compte. Je crois que ça à voir avec la perte. Dans mes livres il y a un sentiment de perte, et je suis toujours étonnée que les gens n’aiment pas se perdre. Dans mes livres, le mystère est plus fort à la fin qu’au début.

Hélène Frappat. Des mots de minuit, 2007.

“L’objet qui prolonge” Hélène Frappat est un train, appartenant à son fils, représentant à la fois sa proximité géographique dans son quotidien avec les espaces ferroviaires, mais aussi le sentiment de prolongement et de fuite dans les romans.

 

André Goosse (1926-2019). Le grammairien belge fut longtemps le collaborateur (et le gendre) de Maurice Grévisse. Il était l’invité Des mots de minuit à l’occasion de la sortie de la treizième édition du dictionnaire Le bon usage outil de référence de tous ceux qui veulent écrire correctement.

Grevisse ne voulait pas être linguiste, il voulait faire un livre scolaire. L’orthographe est une construction factice, il est nécessaire de la respecter car les mots dans les phrases sont essentiels. Il y a dans la dans la langue plein de jeux qui ont été inventés par les grammairiens. Il faut respecter l’orthographe, même quand elle n’est pas justifiée.

André Gosse. Des mots de minuit, 2007.

André Goosse a choisi comme “objet qui le prolonge” une pipe. Elle représente la période où il a commencé à fumer alors qu’il commençait à étudier la grammaire

 

MUSIQUE:

Bruno Thieblement, vibraphoniste de jazz, interprète Petit déjeuner

 

Lokua Kanza chanteur et multi-instrumentiste interprète Le bonheur, extrait de son album Toyebi Té.

Des mots de minuit #287
Réalisation: Guy Saguez
Rédaction en chef : Rémy Roche
Production: Thérèse Lombard et Philippe Lefait
© Desmotsdeminuit/France2

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