Germaine Acogny, Jacques Toubon, Éric Halphen et Jean-Yves Cendrey. 🎼 avec Hocus Pocus et Apkass. #284

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Quand une chorégraphe puise son inspiration dans une terre-continent; quand un politique et haut fonctionnaire “hautfonctionne” là où il n’est pas attendu; quand l’ancien magistrat prend la plume, quand l’écrivain questionne la pédophilie dans l’Éducation nationale… Quand ça hip-hop et rap, c’est “Des mots de minuit” : métis, radical, réjouissant…

Des mots de minuit #284 du 07 novembre 2007

Avec:

  • La danseuse et chorégraphe Germaine Acogny
  • Le haut fonctionnaire et homme politique Jacques Toubon
  • Le magistrat et écrivain Éric Halphen
  • L’écrivain Jean-Yves Cendrey

Musique:

  • Hocus Pocus : Quitte à t’aimer et Place 54
  • Apkass : Du riz et des armes

CONVERSATION:

Germaine Acogny est danseuse et chorégraphe. Elle évoque la danse comme “institution” en Afrique et notamment au Sénégal, l’implication de Léopold Sédar Senghor dans le domaine des arts. Elle présente Bintou Wéré, l’opéra du Sahel au théâtre du Châtelet, à Paris.

Ce qu’on cherche dans l’appui au sol, c’est vraiment l’ancrage. C’est être profondément enraciné. Profondément! Le symbole de ma famille, c’est l’arbre. Il faut bien sûr prendre les influences de l’extérieur mais rester ce qu’on est.

Germaine Acogny. Des mots de minuit, 2007.

 

Jacques Toubon préside en 2007 le conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Il évoque son parcours dans la politique et la haute fonction publique.

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, il n’y a pas eu de véritable politique publique en matière d’immigration. Depuis la Révolution, il y a naturellement eu une politique d’état en matière d’entrée, de séjour et de police.
La Cité de l’immigration est là pour raconter l’histoire de deux siècles d’un mouvement naturel et permanent. Nous nous inscrivons dans un paradoxe par rapport à la mentalité française qui pense l’immigration éphémère et réversible qui crée une confrontation avec la nation. De fait c’est une histoire de très longue haleine, politique, constituée et c’est un phénomène qui construit la nation. Il est à la base de ce qui fait un creuset de civilisation, composé de cultures et de modes de vie différents. Il ne crée pas l’affrontement.

Intervention de Jean-Yves Cendrey : On ne vous attendait pas là avec ce discours du creuset…

Jacques Toubon. Des mots de minuit, 2007.

 

Éric Halphen ancien magistrat (juge anti-corruption notamment dans l’affaire Shuller-Maréchal sur financement occulte du RPR) et écrivain. Il écrit Baisers maudits, évoque son besoin d’écriture, de la solitude du juge d’instruction, ses livres Sept ans de solitude et Maquillages.

Je maintiens qu’il faut de temps en temps des gens qui essayent d’avancer tout seul parce que c’est là que l’on voit les brèches, les problèmes et les manques des institutions.

Éric Halphen. Des mots de minuit, 2007.

 

Jean-Yves Cendrey est romancier. Il parle de son choix pour la littérature et ses livres tels que Corps ensaignant.
“En 2005, Jean-Yves Cendrey publia Les jouets vivants. Il y racontait l’histoire authentique d’un instituteur pédophile en Normandie. À la suite de cette publication, il reçut un important courrier: témoignages, récits, appels au secours… Tout d’abord, il décida de ne pas répondre : le rôle de l’écrivain n’est pas de rendre la justice ni de mener des enquêtes policières. Une lettre, cependant, ne se laissait pas oublier. Rédigée par une mère, elle décrivait la vie et le suicide de Céline, une jeune fille du sud de la France, qui avait eu à connaître un instituteur semblable : lui aussi utilisait pour son plaisir les enfants dont il avait la charge, lui aussi était protégé par sa corporation, par sa hiérarchie, par les parents eux-mêmes, par la peur des uns et des autres, bref par une société plus désireuse de silence que de vérité – le prix à payer fût-il pour les enfants celui de la souffrance ineffaçable, voire de la mort. C’est l’histoire de Céline que Jean-Yves Cendrey a décidé de raconter ici. Revisitant le genre littéraire du tombeau, il grave une stèle pour qu’un peu d’elle vive encore : l’essentiel de la littérature est dans ce geste.
© Gallimard

Ce que j’aime dans la littérature, c’est que c’est parfaitement autodidactique. On peut par soi-même acquérir les moyens de rendre ce qu’elle nous a offert.

Jean-Yves Cendrey. Des mots de minuit, 2007.

 

MUSIQUE:

Hocus Pocus interprète Quitte à t’aimer et Place 54 (titre éponyme du nouvel album)

 

Apkass dont la démarche artistique puise ses sources au Congo. Il interprète Du riz et des armes.
“Poète, écrivain, slameur et rappeur Apkass fait ses premières armes sur les scène de Paris, en France où il vit. Il mêle à des textes riches en images et engagés, une sensibilité et une composition musicale éclectique intégrant slam, hip hop, jazz et soul des années 1970 et sonorités africaines, dont la rumba congolaise rumba congolaise.” © Afrisson

Des mots de minuit #284
Réalisation: Pierre Desfons
Rédaction en chef : Rémy Roche
Production: Thérèse Lombard et Philippe Lefait
© Desmotsdeminuit/France2

 

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