AprĂšs dix annĂ©es passĂ©es Ă  observer et Ă  photographier Marseille et ses habitants, elle publie sa premiĂšre monographie. Un livre qui se dĂ©vore comme un conte, prenant d’abord racine sur les bords de la MĂ©diterranĂ©e pour peu Ă  peu nous plonger dans l’intimitĂ© des quartiers nord, et finalement en sortir, pour retrouver la mer. Pour Des mots de minuit, elle revient sur une des images de ce livre.

Comme trĂšs souvent avec la photographe Yohanne LamoulĂšre, c’est Ă  Marseille que la scĂšne se dĂ©roule. Une scĂšne, a priori banale, de deux jeunes garçons assis sur des blocs de ciment au cƓur d’un quartier populaire. Une scĂšne muette donc, mais qui en dit long sur les politiques d’empĂȘchement et le rĂŽle de l’urbanisme dans les processus de contrĂŽle et d’invisibilisation des populations jugĂ©es “indĂ©sirables” dans une ville en pleine mutation.
Comment grandir dans une ville comme Marseille? Quelle libertĂ© la ville nous laisse pour Ă©voluer dans l’espace public? Quelle place laisse-t-on aujourd’hui, au sein de la ville, aux classes les moins aisĂ©es de la population, entassĂ©es, comme c’est le cas ici dans le quartier de la Maurelette, un quartier totalement invisibilisĂ© ? C’est toutes ces questions que la photographe pose de front avec cette image. Car si Marseille est une ville unique, il est Ă©vident qu’elle n’Ă©chappe en rien Ă  cette tendance EuropĂ©enne – voire mondiale –, Ă  ce dĂ©sir frĂ©nĂ©tique de nos politiques, de voir les villes se transformer en parcs thĂ©matiques, en charmants dĂ©cors amorphes, capables d’attirer en masse touristes et grandes entreprises, au dĂ©triment, une fois encore, des habitants et en particulier ceux des classes populaires.

→ Yohanne LamoulĂšre est nĂ©e en 1980, pas trĂšs loin de la MĂ©diterranĂ©e. Elle obtient son bac aux Comores, prĂ©pare une licence d’histoire de l’art Ă  Montpellier, puis est diplĂŽmĂ©e de l’École Nationale SupĂ©rieure de la Photographie d’Arles en 2004, et s’installe finalement Ă  Marseille. En 2006, elle publie son premier ouvrage, La Roue, avec Patrick Herman, aux Ă©ditions Khiasma. Depuis, elle n’a cessĂ© de travailler pour la presse (Courrier International, LibĂ©ration, M le Monde, La Vie, Les Inrockuptibles, CQFD, Hommes & Migration, etc…) et a exposĂ© ses travaux dans des lieux comme la ScĂšne nationale du Merlan Ă  Marseille, des festivals comme Visa Pour l’Image Ă  Perpignan ou encore ImageSinguliĂšres Ă  SĂšte, dirigĂ© par celui qu’elle considĂšre comme l’un de ses pĂšres, Gilles Favier. En 2017, elle fait partie des quinze photographes sĂ©lectionnĂ©s pour rĂ©pondre Ă  la commande publique adressĂ©e par le CNAP et le MinistĂšre de la culture, prenant pour thĂšme “La Jeunesse en France”. 
Elle a rĂ©cemment intĂ©grĂ© le collectif de photographes Tendance Floue et vient de publier le livre “faux bourgs” aux Ă©ditions le Bec en l’air. 

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