đŸŽ„ “La vie dans toute sa complexitĂ©…” Michael Dudok de Wit, rĂ©alisateur

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Mot Ă  mot. 14 novembre 2018. Sarlat

Du fusain au numĂ©rique, d’une classique robinsonnade Ă  l’universel, sans paroles mais pas sans la musique de Laurent Perez del Mar: “La tortue rouge”, film d’animation et production japono-belgo-française, offre une superbe Ă©pure de la spirale humaine, de la vie Ă  la mort Ă  la vie, accordĂ©e Ă  la nature, Ă  ses crabes, Ă  ses oiseaux, Ă  ses bambous, au dĂ©ferlement ravageur de ses ocĂ©ans.

“En voyant Father and Daughter, j’ai pleurĂ©, ce que je ne fais jamais au cinĂ©ma” dit Annick, grande et endurcie cinĂ©phile d’un court mĂ©trage (Oscar 2011) de Michael Dudok de Wit. Dans ce commentaire, il y a sans doute, toute la “poĂ©sie mystĂ©rieuse” et essentialiste (voir ci-dessous le bulletin officiel de l’Ă©ducation nationale) des films de ce rĂ©alisateur nĂ©erlandais sexagĂ©naire bardĂ© de prix. La tortue rouge (2016) est son premier long mĂ©trage, coscĂ©narisĂ© par Pascale Ferran.
Études d’art Ă  GenĂšve, plus fascinĂ© par l’animation venue de l’est que par Tex Avery ou Disney, longtemps assoifĂ© de spiritualitĂ©, il a tuilĂ© les expĂ©riences de l’Espagne Ă  l’Angleterre, de la publicitĂ© Ă  cette remarquable simplicitĂ© du rĂ©cit qui vaut signature et qui donc fait pleurer Annick.
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Dudok de Wit est par ailleurs un passeur. Dans ce Mot Ă  mot, comme dans les confĂ©rences qui le baladent par monts et par vaux, il dĂ©taille la temporalitĂ© et les diffĂ©rentes Ă©tapes de l’Ă©laboration d’un film d’animation – La tortue rouge a connu une gestation de prĂšs de dix ans – du rĂ©cit d’origine au choix des animateurs; qui pour les flots, qui pour les personnages, qui pour les nervures du bambou; du bois brĂ»lĂ© des origines au stylo de la tecnologie, des imperfections du trait fait main Ă  la “perfection” algorithmique toujours considĂ©rĂ©e comme outil, de l’idĂ©e Ă  l’Ɠuvre… 

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Le Bulletin officiel de l’Ă©ducation nationale publie des actes administratifs : dĂ©crets, arrĂȘtĂ©s, notes de service, etc. La mise en place de mesures ministĂ©rielles et les opĂ©rations annuelles de gestion font l’objet de textes rĂ©glementaires publiĂ©s dans des B.O. spĂ©ciaux.

 
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BaccalaurĂ©atƒuvres et thĂšmes de rĂ©fĂ©rence pour les Ă©preuves de l’enseignement artistique pour l’annĂ©e scolaire 2018-2019 et la session 2019
Texte adressĂ© aux rectrices et recteurs d’acadĂ©mie ; au directeur du Siec d’Île-de-France ; aux inspectrices et inspecteurs d’acadĂ©mie-inspectrices et inspecteurs pĂ©dagogiques rĂ©gionaux ; aux chefs d’Ă©tablissement ; aux professeurs d’arts plastiques, de cinĂ©ma-audiovisuel, de danse, d’histoire des arts, de musique et de thĂ©Ăątre

ƒuvres et thĂšmes de rĂ©fĂ©rence pour les Ă©preuves de l’enseignement artistique pour l’annĂ©e scolaire 2018-2019 et la session 2019

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CinĂ©ma et audiovisuel – Enseignement de spĂ©cialitĂ©, sĂ©rie L

  • La Tortue rouge de Michael Dudok de Wit, animation, 2016

La Tortue rouge, premier long-mĂ©trage d’animation du NĂ©erlandais Michael Dudok de Wit, qui reçut en 1996 le cĂ©sar du meilleur court-mĂ©trage pour Le Moine et le poisson et, en 2001, l’oscar pour PĂšre et fille, est une co-production franco-japonaise. Le rĂ©alisateur duTombeau des Lucioles, Isao Takahata, cofondateur du prestigieux studio japonais Ghibli, sĂ©duit par le travail du cinĂ©aste nĂ©erlandais, dont l’Ɠuvre cinĂ©matographique s’inspire grandement des arts asiatiques, l’encourage Ă  travailler sur ce long-mĂ©trage. Et c’est en France que le film a Ă©tĂ© entiĂšrement conçu.
PrĂ©sentĂ© en 2016 Ă  Cannes aux cĂŽtĂ©s d’autres films d’animation, il obtient le Prix spĂ©cial dans la sĂ©lection Un certain regard, puis l’oscar du meilleur film d’animation en 2017.
Conte philosophique sans paroles, La Tortue rouge raconte l’histoire Ă©mouvante d’un Robinson CrusoĂ©, rejetĂ© sur une Ăźle dĂ©serte Ă  la suite d’un naufrage, et met en scĂšne ses rapports Ă  la nature qui l’environne. Une tortue rouge, animal puissant et inquiĂ©tant qui dĂ©truit toutes les embarcations de fortune que le personnage tente de se construire pour Ă©chapper Ă  son sort, dans une mĂ©tamorphose qui nous renvoie aux mythes Ă©tiologiques ovidiens, se transforme en une jeune femme gracieuse qu’il aimera et qui lui donnera un enfant.
À travers l’Ă©tude du film, de son esthĂ©tique, de sa genĂšse et de sa production, on interrogera plus particuliĂšrement les points suivants :

– le jeu subtil des motifs culturels universels (les quatre Ă©lĂ©ments, la tortue cosmophore, le “dĂ©filĂ©” d’une renaissance, etc.) et des rĂ©fĂ©rences, celles notamment qui renvoient le spectateur aux textes et mythes fondateurs, constitue l’Ɠuvre en une fable des origines du monde et du regard: l’homme n’y apparaĂźt pas “face Ă  la nature, mais l’homme dans la nature : (…) ils sont toujours ensemble. Ils s’appartiennent”, comme l’explique le cinĂ©aste ;

– le langage visuel et graphique (les Ă©lĂ©ments naturels simples, les dessins graciles des corps, le choix du trait et de la composition de l’image par rapport Ă  la couleur, etc.), auquel s’ajoutent l’absence de paroles et la composition sonore, travaille dans la sobriĂ©tĂ©, l’Ă©pure et la transparence, et fait de ce film une Ɠuvre poĂ©tique et sensorielle;

– la singularitĂ© de la place d’un cinĂ©aste indĂ©pendant europĂ©en au sein d’un studio d’animation japonais, la nature des liens et des enjeux esthĂ©tiques nĂ©s de cette hybridation interrogent profondĂ©ment l’histoire du cinĂ©ma d’animation en se donnant comme un retour aux sources.

La poĂ©sie mystĂ©rieuse de cette Ɠuvre renforce la nĂ©cessitĂ© de passer par un travail sur la rĂ©ception des Ă©lĂšves: “J’ai choisi la tortue car elle est paisible et solitaire et c’est pour cela que je l’aime. Mais j’ai voulu qu’elle garde une part de mystĂšre. Je veux permettre aux spectateurs de percevoir ce qu’ils veulent, sans leur imposer un point de vue. Il faut qu’ils ressentent les choses de façon intuitive, sans forcĂ©ment tout analyser”,  prĂ©cise le cinĂ©aste qui ouvre la voie Ă  un nouveau rĂ©gime du signe et de perception du sens au cinĂ©ma : la force premiĂšre d’une Ă©vidence dont la complexitĂ© symbolique dĂ©cante et s’enrichit lentement chez le spectateur… 

“NĂ© en 1953, il travaille notamment chez Richard Purdum, Ă  Londres, puis se lance Ă  son propre compte. Il rĂ©alise chez lui, le court-mĂ©trage Tom Sweep coproduit par Jill Thomas. Il devient cĂ©lĂšbre dans le monde de l’animation en 1994, avec son court mĂ©trage Le Moine et Le Poisson rĂ©alisĂ© dans le cadre du programme “Artiste en rĂ©sidence” du studio Folimage Ă  Valence, en France. Le film, nommĂ© aux Oscars, fait le tour des festivals et reste une rĂ©fĂ©rence. 

RĂ©alisateur de plusieurs publicitĂ©s (cinq pour AT&T, une pour American Airlines primĂ©e Ă  Annecy en 2005), il rĂ©alise un autre chef-d’Ɠuvre du court mĂ©trage d’animation, PĂšre et Fille, qui lui vaut le Grand Prix du Festival d’Annecy et l’Oscar du court mĂ©trage d’animation en 2000. ContactĂ© par les studios Ghibli (Isao Takahata), il va mettre plusieurs annĂ©es Ă  rĂ©aliser son premier long mĂ©trage, La Tortue rougeLe film est prĂ©sentĂ© Ă  Cannes dans la section “Un Certain regard” en mai 2016 (il a reçu le Prix spĂ©cial du jury). Il a Ă©galement fait l’ouverture du Festival d’Annecy la mĂȘme annĂ©e et a participĂ© Ă  une dizaine de festivals (London Film Festival (BFI), French Film Festival au Royaume-Uni, Festival international du Film de Rome, Festival du nouveau cinĂ©ma Ă  MontrĂ©al) aux États-Unis, en Suisse, en Australie, au Canada, au Royaume-Uni, en Espagne, au Portugal et en France. 
Il enseigne Ă©galement l’animation et a Ă©crit des livres pour enfants.”
© Festival de Sarlat

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