Antonio Muñoz Molina et le consentement📚: “Le livre doit s’Ă©crire lui-mĂȘme!”

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De Dashiell Hammet au “Hitchbook” de François Truffaut. De Juan Carlos Onetti Ă  Adolfo Bioy Casares. L’Ă©crivain espagnol a ses amers. La “rebellion civique” en est un autre. La famille, la culpabilitĂ©, le dĂ©sir et l’idĂ©e de tout dire de ce qui advient sous la plume de personnel ou d’observĂ© alentour sont autant de questionnements de son Ɠuvre “Comme l’ombre qui s’en va”. “Mot Ă  mot”…

Antonio Muñoz Molina, grand d’Espagne -je parle d’Ă©criture- est nĂ© en 1956, mariĂ©, pĂšre de trois enfants. Il connaĂźt bien Lisbonne, dans le pays d’Ă  cĂŽtĂ©. Il est surtout l’auteur d’une vingtaine de romans (Beatus Ille, L’hiver Ă  LisbonneSĂ©farade, Pleine lune, La grande nuit des temps) et d’essais, et d’une palanquĂ©e de prix littĂ©raires. Pour l’anecdote, Il a Ă©tĂ© autrefois chargĂ© de la culture Ă  la mairie de Grenade, ce qui ne l’empĂȘche pas d’espĂšrer encore aujourdh’ui qu’elle soit un peu mieux accessible.
Dans ce Mot Ă  mot, il renseigne parfaitement son processus de crĂ©ation qui est passĂ©e de la forme littĂ©raire parfaite et exemplaire que constitue selon lui le roman policier amĂ©ricain (Hammett, Chandler, Thompson) avec dĂ©but, rebondissements et fin Ă  une structure plus ouverte Ă  l’intime, Ă  la mĂ©moire, Ă  la reminiscence. Elle associe le personnel et le rĂ©el observĂ©, l’intĂ©rieur et l’extĂ©rieur. Il dit chercher un Ă©tat d’esprit, une inspiration, cet instant oĂč est “dictĂ©” ce qui doit ĂȘtre Ă©crit. Pour lui, il y a lĂ  une puretĂ© de libertĂ©.
Citant Montaigne, il estime que l’Ă©crivain doit avoir un lieu, une arriĂšre-boutique (absolue solitude et absolue concentration) pour Ă©crire. Pour le reste, on le situera Ă  gauche.
Il dit : “Je suis un homme des LumiĂšres!”  La preuve dans cet entretien …

 

Dernier livre (traduit en France) De Antonio Muñoz Molina …

“Le 4 avril 1968, James Earl Ray assassine Martin Luther King Ă  Memphis et prend la fuite. Entre le 8 et le 17 mai de la mĂȘme annĂ©e, il se cache Ă  Lisbonne oĂč, en 2013, Antonio Muñoz Molina part sur ses traces et se remĂ©more son premier voyage dans la capitale portugaise, alors qu’il essayait d’écrire son deuxiĂšme roman, L’Hiver Ă  Lisbonne, une histoire d’amour sur fond de musique de jazz et de roman noir.
La fascinante reconstruction des jours de l’assassin croise alors le propre passĂ© de l’auteur, et les deux rĂ©cits alternent, avec Lisbonne pour Ă©picentre. L’un, autobiographique, relate, sur un mode trĂšs personnel et intime, l’apprentissage de la vie et des mĂ©canismes du roman ; l’autre, Ă  la maniĂšre d’un thriller, tĂ©moigne de ce qu’est la crĂ©ation romanesque, quand, fondĂ©e sur le rĂ©el, elle va au-delĂ  des faits pour pĂ©nĂ©trer dans la conscience des personnages. Pour entrer dans le mystĂšre de l’univers mental de l’assassin, Antonio Muñoz Molina imagine ses obsessions, assiste Ă  ses dĂ©ambulations nocturnes dans les bars et les hĂŽtels de passe, le suit pas Ă  pas aux États-Unis, au Canada, au Portugal, et revient Ă  Memphis afin de comprendre pourquoi James Earl Ray, certain que l’on peut impunĂ©ment tuer un Noir militant des droits civiques, appuie le canon de son fusil sur la fenĂȘtre des toilettes d’une pension misĂ©rable et exĂ©cute Martin Luther King sur le balcon du Lorraine motel.”

Comme l’ombre qui s’en va (Traduit de l’espagnol par Philippe Bataillon)
© Seuil, 2014.

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