Guy Bedos (1934-2020): “Le temps passe sur nous d’une certaine manière, comme un train parfois…”

Ne pas trahir le jeune homme qu'on a été ...
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Une incarnation de l’internationale des hypersensibles sur le plateau Des mots de minuit”. C’est ainsi qu’apparaît ce soir-là Guy Bedos. Qu’il parle de l’euthanasie, du corps et de ses raisons, de sa “grande sœur” Simone Signoret, de droits de l’homme, d’un PS de gauche ou de la drague de Sarkozy, on le sent, on le sait : toujours il revendique, comme Brel, le droit d’avoir mal aux autres. L’humour en est l’un de ses symptômes comme les dragées au poivre !

Des mots de minuit, l’émission #328 du 10 décembre 2008.
Réalisation : Guy Saguez.
Rédaction en chef : Rémy Roche
Production : Thérèse Lombard et Philippe Lefait

“Je ne demanderai pas à Monsieur Sarkozy l’autorisation de me supprimer si j’en ai l’obligation un jour…” dit en 2008 Guy Bedos sur Des mots de minuit. Ce fut l’une de ses résistances et l’un de ses combats : le droit de mourir dans la dignité. Évidemment avec cette façon de le signifier sur un plateau de télévision, aussi tardif soit-il.
Et tout à l’avenant: l’amour cœur et l’amour corps, la nécessité de ne pas trahir le jeune homme ou l’enfant qu’on a été et de se regarder en face, le droit d’avoir “mal aux autres”…

“J’ai été un compagnon d’autoroute du Parti Communiste”. La politique et les revues de presse furent l’un de ses fonds de commerce mais il rapporte ses apparitions à la Fête de l’Humanité à celles de Mireille Mathieu et dit avoir connu le goulag avant Yves Montand et rencontré des socialistes de gauche …

Il reçut le Molière du seul(e) en scène en 1990. Sa fierté fut de le recevoir des mains de Raymond Devos. Comme une boucle qui se bouclerait.

Aux côtés de Guy Bedos, l’actrice Firmine Richard et le metteur en scène Gerty Dambury, l’auteur de BD Stéphane Levallois, le philosophe Philippe Petit.

“Il a beau être cinéaste et non pas acteur ni humoriste, le narrateur du Jour et l’heure ressemble à Guy Bedos comme deux gouttes de fiel et deux pincées d’arsenic. Son succès est derrière lui, il en veut à la terre entière, n’est plus tout jeune et songe sérieusement à en finir bientôt avec la vie. Sa seule condition : choisir le jour et l’heure. Mais il n’a pas prévu qu’en laissant traîner les pages où il exprime sa colère et son ressentiment, ses pulsions suicidaires et ses dernières pensées amoureuses, chacun de ses enfants aura le loisir à tour de rôle de les découvrir, de les lire, de lui répondre…
Pour son premier roman, aussi décapant et incorrect que l’on pouvait l’espérer, sinon l’imaginer, Bedos a donc choisi le livre à plusieurs voix : un père, son fils, ses filles.
Oui, ce personnage attachant et insupportable, terriblement lucide sur le monde qui l’entoure, proche et lointain, possède bien le ton et la force de son auteur, mais aussi bien sûr, et surtout, un vrai désespoir de juif new-yorkais qui serait né accidentellement en Algérie, avant-guerre.”
© Stock, 2008. Le jour et l’heure. Guy Bedos.

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