Romance, Errance et Transhumance… Les carnets d’ailleurs de Marco et Paula #216

Camp de base...
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Romance, Errance et Transhumance sont sur un bateau; Romance va-t-elle tomber à l’eau?

Errance avait rencontré Romance un après-midi quelconque à Abidjan il y a fort longtemps. Disons un peu plus de dix ans, ce qui, dans le cadre de vies mouvementées comme les nôtres, est quasiment une éternité. Ce qui devait arriver arriva, et Romance et Errance, après s’être accointés, prirent la tangente, s’embarquant pour des navigations improbables à travers l’Afrique. Des pérégrinations qui ont déjà été contées dans ces pages, et nous ne reviendrons donc plus là-dessus.
Romance aimait vraiment beaucoup Errance, lequel réciproquait, estimant qu’avoir une âme sœur sur la route était encore plus important qu’avoir une grosse calebasse remplie d’eau sur une piste du Sahara. Et Romance pensait qu’Errance, vraiment, mettait un nouveau piment dans sa vie, ce qui, tout de même, valait beaucoup mieux que d’innombrables patiences pour tromper le Temps, lequel n’en était pas dupe.

Quittant Abidjan, Errance et Romance se tricotèrent donc une vie de nomades, se retrouvant pour un temps dans de belles oasis, puis reprenant la piste chacun de son côté pour des explorations plus solitaires. Comme nous vivons dans une époque moderne, la technologie leur permettait de continuer à échanger au coin de la route, virtuellement disait-on, tout en étant parfois aux antipodes l’un de l’autre. Comme cela, les retrouvailles au prochain point d’eau n’étaient pas trop empêtrées de gaucheries et de maladresses, comme ce peut l’être quand l’être cher – ou l’être chère – s’en est allé vadrouiller au loin en envoyant juste de temps en temps des lettres et des cartes postales pour signaler qu’il est toujours en vie.

Un trop de vie nomade…

Cette vie, après un temps – un temps assez long, d’ailleurs – s’avéra progressivement plus déroutante que palpitante. Romance se fatiguait de ces séparations qui semblaient ne jamais finir, sauf pour reprendre de plus belle un peu plus tard. Et Errance, lui, se trouvait finalement trop dérouté quand Romance était au loin. Errance et Romance décidèrent donc qu’il était temps de changer de modus vivendi (le vivendi étant passablement affaibli), et que pour ce faire Errance allait changer son registre et se relooker en Transhumance. 

Bansky

Romance et Transhumance arrivèrent bientôt dans les Amériques, pour y établir leur base. Évidemment, qui dit base, dit départ. Mais qui dit base, dit aussi retour. Retour au point de départ, c’est-à-dire à la base de tout. En somme, Romance et Transhumance allaient adopter un mode de vie circulaire, ouvrir et vider leurs malles, accrocher les tableaux au mur, ranger les livres sur les rayons d’une bibliothèque, et faire du feu dans la cheminée l’hiver, tout en rêvant des tropiques où il faisait bon vivre. Transhumance, ou Romance, repartirait de temps à autre, mais juste pour faire prendre l’air aux moutons et suivre les nuages qui moutonnent.

Tout Nomad’s land

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