“People that are not me”: femme au bord de la crise de repĂšres 🎬

0
249

AlizĂ© Ă©picurien ou vent de panique? Le film jalonne les inquiĂ©tudes d’une jeune femme moderne et rĂ©vĂšle une formidable rĂ©alisatrice-actrice.

Soit Joy, 25 ans, beautĂ© papillonnante, sĂ©rĂ©nitĂ© inquiĂšte, naturellement charmante, volage et vĂ©gĂ©tarienne, une jeune femme qui se trouve et se perd dans la nonchalance impatiente de la modernitĂ© de Tel Aviv. Si elle pleure, cƓur vraiment brisĂ©, de sa rupture avec Jonathan (dont elle s’avoue ĂȘtre responsable), c’est d’un sourire tranquille qu’elle habille son doux visage et son Ăąme incertaine quand elle ne se dĂ©shabille pas avec quasiment le premier venu.

Drague

Ainsi Nir, un thĂ©sard un peu torturĂ©, elle en tombe amoureuse malgrĂ© une partie de sexe incomplĂšte et l’injonction de l’intĂ©ressĂ© de ne pas en tomber amoureuse. Il sait bien qu’il est effectivement compliquĂ©, torturĂ© par un fantasme sexuel auquel elle cĂ©dera pour tenter de le garder. Tout sauf ĂȘtre seule.
Ou Oren, elle l’allume mais c’est encore ratĂ©, c’est la panne, il ne peut pas sans vrais sentiments, sans une intimitĂ© installĂ©e.
Restent les lieux de drague de la nuit qui entretiennent le rĂȘve alimentĂ© Ă  la techno et la vodka-tonic. Rien Ă  faire, c’est ce Jonathan perdu, exactement Ă  l’inverse de toutes ces ivresses, qu’elle veut. Si l’on n’en croit la sidĂ©rante scĂšne finale, ça ne semble pas rĂ©ciproque.

ParaĂźtre pour ĂȘtre

Qui est donc cette sĂ©duisante Joy? Une crĂ©ature virtuelle clonĂ©e des rĂ©seaux sociaux ou simplement une femme Ă  la dĂ©rive de son temps qui, lui aussi, est dans la dĂ©rive? Perdue mais souriante dans un monde de l’immĂ©diat de la consommation de besoins de plus en plus artificiels, sans cesse renouvelĂ©s par les marchands, digĂ©rĂ©s aussi vite qu’absorbĂ©s, souvent en solitaire. Se divertir pour oublier.
Mais il faut paraĂźtre pour ĂȘtre, dans un rĂ©el plus concret que Facebook oĂč on peut ĂȘtre ami avec le monde entier sans contact. Joy imagine que c’est le sexe qui empĂȘche, en tout cas trompe, la solitude. Elle s’y attelle, pas de bol, dans la vraie vie, elle tombe sur des compliquĂ©s, des nĂ©vrosĂ©s, ou sur rien.
 
 
Hadas Ben Aroya Wayna Pitch
 
On s’attache Ă  cette chronique d’une paumĂ©e au doux regard noir, parce qu’elle est sans le pathos, nombriliste et compliquĂ©, qui accompagne tant d’autofictions littĂ©raires. Il y a une vraie fraĂźcheur, une authenticitĂ© qui force l’empathie. Et une formidable comĂ©dienne qui se dĂ©voile: Hadas Ben Aroya, est aussi la scĂ©nariste et la rĂ©alisatrice d’un film-vĂ©ritĂ©.
Audace et courage de se montrer, on lui souhaite le meilleur pour sa carriÚre de cinéaste talentueuse. Et pour sa vie de femme.

 

People that are not me – Hadas Ben Aroya (IsraĂ«l) – 1h20

â–ș tous les “CinĂ©, cinoche”



â–ș nous Ă©crire: desmotsdeminuit@francetv.fr



â–ș La page facebook desmotsdeminuit.fr Abonnez-vous pour ĂȘtre alertĂ© de toutes les nouvelles publications.



â–ș @desmotsdeminuit