đŸ“· Stephen Shames: Power to the people

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Photographe blanc originaire de Brooklyn, Stephen Shames fĂ»t, dĂšs la fin des annĂ©es 1960, le compagnon de route du Black Panthers Party et de ses leaders les plus charismatiques. Durant sept annĂ©es, il milita Ă  sa maniĂšre pour donner Ă  voir la dignitĂ© du peuple noir et l’importance de la lutte du BP pour le droit Ă  l’auto-dĂ©fense.

C’est lors d’un Ă©niĂšme rassemblement contre la guerre du Vietnam organisĂ© Ă  San Francisco que le photographe Stephen Shames, alors Ă©tudiant Ă  l’UniversitĂ© de Berkeley, fait la rencontre de Huey Newton et Bobby Seal. Deux hommes alors parfaitement inconnus du grand public, mais que le monde entier dĂ©couvrira six mois plus tard dans les mĂ©dias comme les fondateurs du mouvement Black Panthers. Nous sommes Ă  la fin des annĂ©es 1960, et le combat pour les droits civiques s’apprĂȘte en effet Ă  prendre un nouveau tournant. Sans s’opposer directement Ă  Malcolm X et Martin Luther King, ces deux hommes jettent Ă  cette Ă©poque les premiĂšres pierres d’une nouvelle approche du droit Ă  l’autodĂ©termination, qui ne sĂ©pare par la libĂ©ration du peuple noir de l’Ă©mancipation gĂ©nĂ©rale de tous les opprimĂ©s. OrganisĂ©e, hiĂ©rarchisĂ©e, Ă  l’instar d’un gouvernement, la structure s’étend trĂšs vite et se diffuse largement sur tout le territoire amĂ©ricain.
ConsidĂ©rant Bobby Seal comme un “ami et mentor”, Stephen Shames commence alors rapidement Ă  frĂ©quenter les rassemblements du mouvement rĂ©volutionnaire, qui le fascine tant pour la rigueur de son organisation que pour la profondeur de l’engagement de ses membres. Sept ans durant, il photographie et documente le mouvement, de sa naissance Ă  sa mort, dans toutes ses tribulations. Il bĂ©nĂ©fice d’un accĂšs privilĂ©giĂ© au monde des Black Panthers, jusqu’à devenir leur chroniqueur principal et le producteur d’une riche documentation photographique de toutes les facettes de leur action.

→ Stephen Shames est nĂ© en 1947 Ă  Cambridge, dans le Massachusetts. Il fait ses Ă©tudes en Californie Ă  l’universitĂ© de Berkeley. Il est l’auteur de dix monographies rĂ©alisĂ©es lors de travaux au long cours s’étendant parfois sur des dĂ©cennies: Outside the dream et Pursuing the dream ou Bronx Boys ont pour sujet les jeunes amĂ©ricains vivant dans la misĂšre dans les quartiers difficiles des villes amĂ©ricaines, Transforming lives suit les enfants abandonnĂ©s de l’Ouganda. En 2016, il Ă©crit avec l’ancien leader des Panthers Bobby Seale le livre Power to the people qui rassemble sept ans de travail sur le mouvement.
Se considĂ©rant comme un hĂ©ritier de la Photo League – ce mouvement photographique de la CĂŽte Est des Etats-Unis, qui dĂšs les annĂ©es quarante considĂšre la photographie comme un engagement en faveur des dĂ©shĂ©ritĂ©s – Stephen Shames s’est engagĂ© tout au long de sa carriĂšre aux cĂŽtĂ©s des enfants abandonnĂ©s et des plus dĂ©munis. Il s’est associĂ© Ă  de grandes fondations et associations caritatives pour rĂ©aliser ses travaux sur la pauvretĂ© des enfants laissĂ©s pour compte du rĂȘve amĂ©ricain. En 1986 il rend compte au SĂ©nat de son expĂ©rience au contact de la pauvretĂ©, particuliĂšrement parmi les enfants et les minoritĂ©s. En 1993, son livre Outside the dream est distribuĂ© Ă  tous les membres du CongrĂšs amĂ©ricain, aux gouverneurs des cinquante Etats, ainsi qu’aux directeurs des 500 plus grandes entreprises amĂ©ricaines dans l’espoir d’attirer l’attention sur la misĂšre des populations vivant en marge de la sociĂ©tĂ© d’abondance amĂ©ricaine. En 2006, il fonde l’association L.E.A.D Uganda, qui vise Ă  localiser les enfants perdus, orphelins ou exploitĂ©s en Ouganda afin de les confier Ă  des Ă©coles et de leur permettre de suivre des cursus prestigieux.
Les photos de Stephen Shames sont exposĂ©es dans les collections de 30 musĂ©es, il a remportĂ© de nombreux prix de photographie; en 2017 et 2018, une grande rĂ©trospective de son travail sur les Black Panthers est prĂ©sentĂ©e en France et au Japon. 

Expo: Power to the people – The Black Panthers
> jusqu’au 6 janvier 2019 Ă  la Maison Folie Moulins, Ă  Lille
Commissariat The Red Eye / François Cheval et Audrey Hoareau

Traduction de l’entretien: Claire Blanchaud

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