🎥 Jean-Pierre Mocky (1933-2019) “C’est cela qui est grave : la pourriture de l’homme politique !” #395

La mort d'un anar !
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Solo, film de 1970 pour la photo de Une.

Entre la violence tendre de Mocky l’anar et la douceur de la danseuse Shantala Shivalin Gappa, un éventail large comme le désir de créer et de rencontrer celui qui est diffèrent… Que transmet-on? Que partage-t-on? Et si c’était d’abord cette préoccupation qui unissait et traversait nos invités: Le fameux et précieux “Ce que nous avons ensemble.”

Des mots de minuit: Émission du 3 novembre 2010

Réalisation: Anthony Mutti
Rédaction en chef : Rémy Roche
Production: Thérèse Lombard et Philippe Lefait
© Desmotsdeminuit/France2

Le cinéaste Jean-Pierre Mocky (1933-2019)
(“Je n’ai pas aimé mes parents, je n’aime pas mes enfants, c’est dur mais c’est ainsi. Je suis seul.”)

Avec le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui
(“Mon père était musulman et ma mère chrétienne, ça créait pour chacun une direction, même s’ils s’aimaient”)
et la danseuse Shantala Shivalingappa

L’écrivain Jean-Baptiste Del Amo
(“Mon point de départ c’est la volonté de vouloir faire un livre sur ce qui se transmet”)

Le pianiste Manuel Rocheman
(“Il suffit qu’un frère à dix ans vous offre un disque d’Oscar Peterson pour que votre vie change à jamais”)

À tout le moins, quatre visions très opposées et tranchantes de ce qu’est pour chacun l’idée de transmission…  

CONVERSATION :

À six ans j’allais déjà au Cinéma. J’ai vu “Une nuit à l’opéra”. Et les Marx Brothers, c’est ce qui m’a donné ce côté insolent, l’envie d’être un affreux-jojo. Mais on peut dire de belles choses avec des gros mots… Sinon, je n’aime pas les prix parce que je n’aime pas les juges !

Jean-Pierre Mocky, Des mots de minuit, 2010.

Jean-Pierre Mocky (1933-2019) parle de sa passion pour le jazz, de sa vocation pour le cinéma de son prochain film Impasse de l’espoir, des prestigieux comédiens qui ont travaillé avec lui, du financement et de la distribution de ses films, de ses coups de gueule sociaux du moment, des hommes politiques, du merchandisage à Lourdes, de la sortie en DVD de Mister Mocky présente et d’Alfred Hitchcock.

Danser pour guérir, danser pour combler on ne sait quel vide, danser pour se dégager de ses propres références.Mon père était musulman et ma mère chrétienne, ça créait pour chacun une direction, même s’ils s’aimaient…il y avait deux choses très différentes…je crois que d’une certaine manière ça m’a donné ce sens de l’entre-deux.

Sidi Larbi Cherkaoui. Des mots de minuit, 2010.

La danseuse indienne Shantala Shinvalingappa et le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui évoquent leur rencontre grâce à Pina Baush, leur spectacle pour le festival “automne en Normandie 2010”, leur carrière, et la passion du chorégraphe pour le geste, les arts martiaux, le kung fu et Bruce Lee. L’obsession du geste!

  Chez Bill Evans, il y a cette autre chose, ce mystère; Avec lui, il y a pour moi un côté artiste maniaco-dépressif. Evans est un artiste viennois et européen. C’est étrange d’entendre à quel point il aime la valse, le rythme à trois temps…

Manuel Rocheman. Des mots de minuit, 2010.

Manuel Rocheman évoque son album The touch of your lips, un hommage à Bill Evans. Il parle aussi de sa vénération pour le grand Peterson et de ce qu’il doit à Martial Solal. Amours de pianiste!  

  S’il y a une raison d’être pour les artistes, c’est d’aller là où ça fait mal. Je veux faire des livres durs, qui font mal. Mon point de départ c’est la volonté de vouloir faire un livre sur ce qui se transmet et sur la question de savoir si l’on peut arriver à s’en affranchir.

Jean-Baptiste Del Amo. Des mots de minuit, 2011.

L’écrivain Jean-Baptiste Del Amo vient présenter son roman “Le sel”, un récit où la ville de Sète sert de cadre et décors. ” Comme Louise finissait de border le lit, l’inquiétude la saisit à la gorge. Armand s’était imposé entre les enfants et elle. Bien qu’il fût aujourd’hui disparu, il était entre eux l’obstacle incontournable. Il lui était pourtant impensable de circonscrire son époux à ce rôle auquel Jonas, par exemple, condamnait le souvenir de son père. Armand était un être singulier, Louise n’avait pas la prétention de l’avoir connu. Ils avaient vécu l’un près de l’autre, ne partageant en réalité que de courts instants, des éclats fugaces qui les réunissaient. Dès lors, comment pouvait-elle prétendre savoir qui était Armand ? Louise voulait croire que l’image la plus approchante de l’homme qu’il fut était au confluent de leurs souvenirs à tous, des siens et de ceux des enfant, mais peut-être Armand leur échappait-il encore.” © Gallimard 

MUSIQUE :

Le Trio Manuel Rocheman interprète For Sandra et We will meet again de Bill Evans.

Des mots de minuit #395
Réalisation: Anthony Mutti
Rédaction en chef : Rémy Roche
Production: Thérèse Lombard et Philippe Lefait
© Desmotsdeminuit/France2

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