Faustin Linyekula, Charles Berling 🎭; Armin Arefi et NaĂŻri NahĂ©pĂ©tian 📚; đŸŽ„ Maria Silva Bazzoli. đŸŽŒ avec Demi Evans #347

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Quand il s’agit d’explorer les moeurs amoureuses des Africaines et des Africains; quand la romanciĂšre et le journaliste d’origine iranienne casse dans le polar ou l’essai les clichĂ©s que vĂ©hiculent sur l’Iran les journaux de 20H et disent une sociĂ©tĂ© plus dĂ©lurĂ©e; quand le comĂ©dien se fait documentariste d’un monument national; quand le metteur en scĂšne travaille au Congo comme au “Français”…

Des mots de minuit : Ă©mission n°347 du 13 mai 2009
RĂ©alisation : Pierre Desfons
RĂ©daction en chef : RĂ©my Roche
Production : ThérÚse Lombard et Philippe Lefait
©desmotsdeminuit.fr/France2
 
CONVERSATION:

 

Ce ne sont pas des comĂ©diens qui parlent de leur relations amoureuses ou sexuelles. Ce sont des gens ordinaires qui nous disent leur histoire… Dans tous les documentaires, le rĂ©alisateur doit se poser la question de l’endroit d’oĂč il regarde. Et lĂ  Ă©videmment, la question Ă©tait double… Nous Ă©tions des Blancs parlant une langue et une culture diffĂ©rentes, posant des questions sur un sujet intime. Nous avons essayĂ© de rĂ©flĂ©chir au dispositif cinĂ©matographiue qui pouvait nous aider Ă  ĂȘtre provocateurs en mĂȘme temps qu’empathiques. Nous faisons des films avec et pour les gens, par contre eux. Il y a donc plusieurs mĂ©diateurs dans le film. Le photographe, par exemple. Il permet de prendre de la distance avec l’enquĂȘte sociologique et de donner une place au geste, au delĂ  de la parole… dans un continent oĂč pourtant, il y a Ă©conomie de dĂ©monstration corporelle quand il s’agit d’Ă©voquer les sentiments.

Maria Silvia Bazzoli. DMDM, 2009.

Maria Silvia Bazzoli
Elle est rĂ©alisatrice, scĂ©nariste et ingĂ©nieure et co-rĂ©alise avec le rĂ©alisateur et scĂ©nariste Christian Lelong le film “Amour sexe et mobylette” dont l’action se passe au Burkina Faso et qui traite des relations amoureuses et sexuelles en Afrique quel que soit l’Ăąge des intĂ©rĂ©ssĂ©s. 

 

Un préservatif.
“L’objet qui la prolonge…” Un prĂ©servatif, essentiel Ă  toute politique de santĂ© publique sur ce continent et ce, “malgrĂ© tous les avis du pape!”

 

Depuis tout petit, j’ai souffert de cette image d’un Iran terroriste ou diabolique; de l’amalgame fait entre le gouvernement et la population iranienne. C’est ce qui fait qu’en Ă©tant tout petit, je ne voulais pas y aller. Mes parents m’y ont forcĂ© Ă  10 ans et j’ai d’abord Ă©tĂ© frappĂ© par la chaleur des liens familiaux qui y existaient, plus qu’en France. À l’occasion d’autres voyage, j’ai Ă©tĂ© frappĂ© par cette population qui vous appelle “mon chĂ©ri” dans la rue, qui veut se sacrifier pour vous, pour qui l’Ă©tranger est le roi du monde…. Et donc, paradoxe extrĂȘme entre cet Iran de la bombe ou d’Ahmadinejad et l’iran oĂč garçons et filles rusent pour draguer Ă  tous les coins de rue et oĂč la fermeture politique n’est pas Ă©vidente tant que la critique se cantonne Ă  la rue. Un pays, malgrĂ© les Ă©xĂ©cutions ou les atteintes aux droits de l’homme, me semble beaucoup plus ouvert que ce que j’avais imaginĂ© en Ă©coutant le journal de 20H.

Armin Arefi. DMDM, 2009.”

 

NaĂŻri Nahapetian et Armin Arefi 

Arefi, journaliste français d’origine iranienne, a menĂ© durant deux ans une enquĂȘte dans le pays d’Ahmadinejad. DĂ©couvrant l’envers du dĂ©cor d’une RĂ©publique islamique ultrarĂ©pressive, il signe “Dentelles et Tchador. La vie dans l’Iran des mollahs”, aux Editions de l’aube. 

 

Le livre des rois.
L’objet… ” “Le livre des rois”, Ă©crit de Ferdowsi datant des annĂ©es 1000. Armin Arefi considĂšre que c’est un texte que tous les Iraniens utilisent pour se remĂ©morer l’Histoire de l’empire perse, presque un refuge pour retrouver ses racines par temps de frustrations quotidiennes et politiques. 

 

NaĂŻri NahapĂ©tian est nĂ©e en 1970 en Iran, pays qu’elle a quittĂ© aprĂšs la rĂ©volution islamique. Journaliste free-lance durant quelques annĂ©es, elle a fait de nombreux reportages dans son pays d’origine. Elle signe un roman policier Qui a tuĂ© l’ayatollah Kanuni?” aux Ă©ditions Liana Levi.

Quand je suis allĂ©e en Iran, j’ai rencontrĂ© des fĂ©ministes laĂŻques qui m’ont fait rencontrer des fĂ©ministes islamiques dont l’intention est de faire changer la religion musulmane de l’intĂ©rieur. On peut ajouter que les femmes sont majoritaires dans les universitĂ©s iraniennes. C’est dire la complexitĂ© des choses dans ce pays.

Naïri Nahapétian. DMDM, 2009.

 

Principes politiques, philosophiques, sociaux et religieux de l’Ayatollah Khomeiny.
“Son objet…” “Le petit livre vert de l’ayatollah Khomeiny” qui ferait bien rire les Iraniens au cours de soirĂ©es bien arrosĂ©es dans ses dimensions sexuelles ou scatologiques…
 

 

Il faut toujours s’appuyer sur une vĂ©ritĂ© de soi-mĂȘme pour faire les choses et pour un acteur c’est encore plus vrai. Montrez bien vos dĂ©fauts et cachez bien vos vertus… Il y a en soi des tas de choses dont on a honte. L’ĂȘtre humain est le pire animal qui existe sur terre. Donc, je suis comme ça et quand on fait de l’art dramatique, on va chercher ça en soi. C’est une vĂ©ritĂ© humaine. DĂ©voiler cette intimitĂ© qui repose sur cette part inavouable, c’est faire une offrande de vĂ©ritĂ©.

Charles Berling. DMDM, 2009.

 

Charles Berling
L’acteur et metteur en scĂšne rĂ©alise le documentaire “Sur les traces de Gustave Eiffel”, Ă  l’occasion de son 120e anniversaire. Berling qui fait ses premiers pas en la matiĂšre prĂ©sente dans son film le portrait intime d’un ingĂ©nieur et entrepreneur passionnĂ©, sans passer sous silence les hauts et les bas d’une carriĂšre. Il a conçu et Ă©crit avec sa compagne Virginie Couperie-Eiffel, descendante du bĂątisseur. 

 

Je pense que le choix de retourner vivre Ă  Kisangani dans le nord-est de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo et de construire un projet lĂ -bas avec des gens locaux participe d’un rĂȘve et d’une volontĂ© de proposer de petites parcelles de rĂȘve. C’est dur! On ne veut pas le cacher mais on veut continuer Ă  dire que c’est possible au milieu des ruines reçues en hĂ©ritage de nos pĂšres… Pour ce qui est de venir Ă  Paris, c’est m’inscrire dans une certaine histoire du thĂ©Ăątre, qui plus est, en faisant jouer “BĂ©rĂ©nice” par des noirs. Nous le referons au Congo!

Faustin Linyekula. DMDM, 2009.

 

Faustin Linyekula

Le metteur en scĂšne et choregraphe  qui a fondĂ© en 1997 avec Opiyo Okach et la danseuse Afrah Tenambergen la premiĂšre compagnie de danse contemporaine au Kenya, la compagnie GĂ ara. prĂ©sente “BĂ©rĂ©nice” au thĂ©Ăątre de Gennevilliers. 

 

“Son objet…”  Une marionnette offerte par Virginie, sa compagne et qui symbolise le fantasme de tout danseur dans la possibilitĂ© qu’elle offre de toutes les positions corporelles. 

LIVE:

 

 

Demi Evans interprĂšte “The next one is a train” et “My America”.

Demi Evans.

â–ș DMDM, L’Émission… 

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