đŸ“· VĂ©ronique de Viguerie, baroudeuse sensible

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Femme et photographe de guerre, ce sont les femmes dans la guerre qu’elle fixe dans des images fortes, souvent inattendues.

C’est en moto que la belle dame rejoint notre studio. Profession reporter-photographe, de prĂ©fĂ©rence dans les rĂ©gions compliquĂ©es d’un monde qui se plaĂźt Ă  s’affronter. Autant dire que ses terrains de chasseuse d’images ne manquent pas. Avec une prĂ©fĂ©rence pour l’Afghanistan depuis qu’elle fait ce mĂ©tier Ă  hauts risques.

La peur ne me fait pas peur“, lĂąche-t-elle sans la moindre bravade. Pourtant, elle a parfois eu trĂšs peur, comme dans ce cyber-cafĂ© de Kaboul oĂč, alors qu’elle envoyait ses images, un kamikaze s’est fait exploser: 5 morts. Courageuse, audacieuse mais pas tĂȘte brĂ»lĂ©e. “La peur, c’est plutĂŽt une amie qui m’aide Ă  ĂȘtre plus vigilante.

VĂ©ronique de Viguerie voulut d’abord ĂȘtre militaire. DĂ©jĂ  la volontĂ© de s’engager. Son pĂšre lui conseille de faire du droit pour au moins ĂȘtre officier. Elle s’exĂ©cute mais la lecture d’un livre sur les femmes reporters change son destin. Elle abandonne le droit pour une Ă©cole de photo en Angleterre qui en stage l’envoie
 en Afghanistan. Elle n’a que 25 ans mais aussitĂŽt son stage terminĂ© elle retourne dans ce pays dĂ©sormais en guerre endĂ©mique. Elle pensait y sĂ©journer 3 mois, elle y restera 3 ans. Son professionnalisme est sanctionnĂ© par des premiĂšres publications dans le Figaro Magazine, Paris Match et des journaux anglais.

© Véronique de Viguerie

BinÎme féminin

La photo ailleurs plutĂŽt qu’ici, c’est sa vie. “Au bout de 2 semaines Ă  Paris, je m’ennuie!” exagĂšre-t-elle un peu. N’empĂȘche qu’elle est quand mĂȘme un tiers d’annĂ©e ailleurs pour shooter avec son Leica Q.

Depuis 12 ans, VĂ©ronique ne voyage plus seule. Manon QuĂ©rouil-Bruneel est de toutes ses sorties. L’une photographie, l’autre Ă©crit, le binĂŽme fĂ©minin envisage, prĂ©pare, rĂ©alise et publie, c’est une histoire de confiance et d’amitiĂ©.

Le duo revient du BrĂ©sil oĂč, plutĂŽt que d’empiler des images dĂ©jĂ  toutes vues sur le carnaval carioca, elles ont Ă©tĂ© chercher le carnaval des gangs, celui qui se dĂ©roule dans les favelas, lĂ  ou la fĂȘte peut parfois dĂ©gĂ©nĂ©rer en affrontements sanglants. Elle repart bientĂŽt au BrĂ©sil, espĂ©rant faire un portrait du contestable prĂ©sident Bolsonaro. A moins que ce soit au Venezuela. Toujours lĂ  oĂč c’est compliquĂ©.

On trouve trĂšs juste que Reporters Sans FrontiĂšres ait choisi VĂ©ronique de Viguerie pour son nouvel album qui rĂ©sume son travail de baroudeuse sensible privilĂ©giant les femmes dans la guerre. On la remercie d’avoir acceptĂ© pour Des mots de minuit de commenter dans une Photo parlĂ©e une image Ă©tonnante de femmes flics Ă  Kandahar.

Octobre 2019, Véronique de Viguerie et Manon Quérouil-Bruneel publient un nouvel ouvrage sur le conflit du Yémen:

  • YĂ©men, la guerre qu’on nous cache. 112 pages, 47 photographies. Editions Images plurielles

VĂ©ronique de Viguerie est nĂ©e en 1978 Ă  Carcassonne. Elle suit une formation de photographe en Angleterre et publie depuis dans quantitĂ© de journaux. Elle est primĂ©e Ă  de nombreuses reprises, notamment par le Prix Bayeux des correspondants de guerre (2010) et un Visa d’Or (2018). Elle est membre de l’agence Getty.

â–ș l’album de Reporters sans frontiĂšres. En kiosque ou sur le site de RSF
â–ș jusqu’au 31 mai 2019 – expo Paris – gare de Lyon
â–ș 7 juin – 31 aoĂ»t 2019 – expo Houlgate (14): Les femmes s’exposent
â–ș le site de VĂ©ronique de Viguerie

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