đŸ“· Florian Ruiz: Fukushima, le mal invisible

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A travers un travail numĂ©rique de dĂ©structuration d’images de paysages prises Ă  Fukushima peu de temps aprĂšs la catastrophe nuclĂ©aire, le photographe cherche Ă  rĂ©vĂ©ler le mal invisible de la radioactivitĂ©.

Quelque chose cloche dans cette image. C’est Ă©vident et pourtant, difficile de dire au premier coup d’oeil ce qui, prĂ©cisĂ©ment, ne va pas. Dans la blancheur Ă©clatante de ces paysages enneigĂ©s de Fukushima, le photographe Florian Ruiz fait apparaĂźtre la dimension proprement anormale de cet horizon d’apparence si pur : l’intensitĂ© de sa contamination radioactive. AprĂšs avoir relevĂ© la contamination du sol avec un compteur Geiger, le travail de l’artiste consiste Ă  tenter de retranscrire en images son taux de radioactivitĂ©, calculĂ© ici en Becquerel (bq). GrĂące Ă  un procĂ©dĂ© numĂ©rique de dĂ©structuration et de recomposition de l’image, il cherche, symboliquement, Ă  rĂ©vĂ©ler la prĂ©sence de la radioactivitĂ© et la mutation – rĂ©elle bien qu’imperceptible – des paysages, qui deviennent ici tremblants et profondĂ©ment inquiĂ©tants. DerriĂšre la puretĂ© du blanc, derriĂšre le calme apparent de ces paysages qui semblent d’abord n’appeler qu’Ă  la contemplation, se dessine alors une forme de documentation expĂ©rimentale de l’horreur de la catastrophe nuclĂ©aire.

Malgré toutes ces associations si nombreuses de la blancheur avec tout ce qui est doux, honorable et sublime, la notion la plus intime qu’elle sécrète est d’une nature insaisissable qui frappe l’esprit d’une terreur plus grande que la pourpre du sang. Cette insaisissable nature, lorsqu’elle est dénuée de tout rapprochement bienveillant, et se trouve liée à un objet terrible en soi, porte la terreur à son comble.

“Moby Dick”, Herman Melville, Chapitre 42  La blancheur de la baleine

“Moby Dick”, Herman Melville, Chapitre 42  La blancheur de la baleine

→ Florian Ruiz, photographe français, vit et travaille Ă  Tokyo depuis douze ans. AprĂšs des Ă©tudes de droit et d’histoire, il a souhaitĂ© porter un regard photographique “humaniste” sur les univers sociaux dĂ©sespĂ©rĂ©s marquĂ©s par la souillure et la dĂ©sillusion, traduire les ambiances, le ressenti, les sensations face Ă  des univers marquĂ©s par le trouble. MarquĂ© par la catastrophe de Fukushima, il cherche Ă  interroger la Photographie en utilisant l’assemblage, le collage, la superposition la distorsion afin de mettre en image le danger invisible de la radioactivitĂ©.
Son dernier travail, sur la mise en image de la contamination radioactive des paysages enneigés de Fukushima été récompensé par plusieurs prix (Sony World Photography Award, Felix Schoeller Award, Bourse du Talent, Art Photography Award).

â–ș le site de Florian Ruiz

â–ș SĂ©rie La contamination blanche, exposĂ©e dans le cadre de Paris Photo du 08 au 11 novembre 2018
Ce travail sera ensuite visible au printemps 2019 Ă  l’Aperture Gallery, Ă  New York. 

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