📷 “Fata Morgana”: les balades méditatives de Nan Goldin

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Avec “Fata Morgana”, la figure légendaire de la photographie américaine aujourd’hui âgée de soixante-cinq ans dévoile pour la première fois un pan totalement méconnu de son œuvre: la photographie de paysage.

On la croyait à tout jamais dédiée à la photographie intime et sociale. La voilà pourtant à nouveau sur le devant de la scène avec une série dans laquelle les hommes sont presque totalement absents. Après avoir avoir passé le plus clair de sa carrière à photographier dans son intimité la plus crue une jeunesse américaine désabusée en proie à la violence, à la toxicomanie et à la maladie, Nan Goldin est en effet de retour avec une exposition surprenante, uniquement composée de photographies de paysages.

Une guerre d’indépendance …

Débuté à la suite d’une longue et éprouvante cure de désintoxication menée en 1989, ce travail donne à voir un aspect méconnu de la personnalité et du talent de la photographe qui, toute sa vie, s’est battue contre la dépendance: la recherche de calme et de sérénité dans un univers marqué par le vide provoqué par la perte d’amis proches et la dépression. Un vide que Nan Goldin n’a jamais cherché à combler par la photographie, mais qu’elle s’efforce au contraire d’accepter et de traduire en photographiant l’immensité des espaces naturels et des ciels crépusculaires. Toujours mouvantes, parfois si abstraites que l’on se croirait face à certains tableaux de Rothko, les images qui composent Fata Morgana mettent en scène les méditations intimes de l’artiste, ses peurs, ses angoisses, mais aussi l’espoir de vivre un jour une vie apaisée malgré les fantômes qui hantent son existence.

→ Née en 1953 à Washington DC, Nan Goldin commence la photographie à l’âge de 15 ans. Marquée par le suicide de sa sœur en 1963, c’est en photographiant ses proches qu’elle entame une œuvre dans laquelle elle documente ce qu’elle nomme “sa famille étendue”, composée de ceux qui font le monde de la nuit à New York dans les années 1980. “The ballad of sexual dependency“, son premier livre publié en 1985 fait d’elle la première femme photographe à faire de détails intimes de sa vie personnelle une œuvre artistique et publique, inspirant une nouvelle génération d’artistes. Elle est aujourd’hui une des figures majeures de la photographie américaine.

► exposition au Château d’Hardelot (Pas-de-Calais) jusqu’au 11 novembre 2018

► un livre: Fata Morgana, parution le 20 août aux éditions Invenit: 80 pages, 24 x 18cm, 30 photographies couleur

► toutes les photos parlées

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