Stéphane Mercurio. La documentariste fait son ciné 🎥: “Être toutes antennes sorties, toujours!”

festival biarritz amerique latine 2019
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Depuis longtemps elle porte attention aux “gens” qu’elle filme. Non ! Qu’elle écoute. Il sont en prison ou attendent de pouvoir y entrer pour retrouver un mari. Ils peinent à assurer les urgences. Beaucoup sont abîmés, en souffrance. Ils meurent de longue maladie. Mercurio dit remarquablement une société et ses parts d’ombre ou de déni.

 

Dans ce Mot à mot biarrot, la documentariste, membre du jury documentaires du festival biarritz amérique latine, évoque un parcours qui questionne notamment la sexualité, l’enfermement, la santé publique ou la fin de vie dans une société qui manque largement d’être bien sous tous rapports. Une lanceuse d’alerte à bas bruit qui parle de dignité quand une “gilet jaune” lui dit comment “avec ce petit bout de tissu, elle s’est sentie égale à d’autres”. Une documentariste, donc, qui prend distance avec la télévision et son écriture standardisée. Une virulente satiriste par ailleurs, son autre veine, qui estime que le bourgeois mérite aussi la prison (sa balkanisation) et publie Siné Mensuel (fabriqué dans la cuisine des parents, sic!) et Siné Madame, le journal qui ne simule pas.

Après des études de droit et un passage dans l’humanitaire, Stéphane Mercurio fait une formation aux Ateliers Varan en 1992. Elle réalise alors son premier film, Scènes de ménages avec Clémentine, sur les rapports entre une femme de ménage et ses employeurs. Celui-ci est diffusé par Arte et sélectionné dans quelques festivals. En 1993, elle filme une lutte pour le logement et s’investit dans le magazine La Rue. Trois ans plus tard, elle réalise Cherche avenir avec toit, chronique sur la sortie de l’exclusion. Depuis, elle a écrit et réalisé plusieurs documentaires pour la télévision, notamment À l’ombre de la République qui suit le travail du contrôle général des lieux de privations des libertés et est également sorti en salle. Stéphane Mercurio a également réalisé deux films pour le cinéma : À côté, un portrait des femmes qui attendent les parloirs à côté de la prison et Mourir ? Plutôt crever ! sur le dessinateur Siné. La réalisatrice crée également des courts-métrages documentaires et de fiction. Elle s’est aussi approprié le réseau social Facebook durant le mois d’août 2016 pour publier une “balade documentaire“ intitulée Les Parisiens d’août, composée de quinze petits films de une à quatre minutes. En 2018, elle signe Après l’ombre et Petits arrangements avec la vie, film entamé avec Christophe Otzenberger (1961-2017) pour Arte; en 2019 L’un vers l’autre pour France 3.
© FILM-DOCUMENTAIRE.FR

 PALMARES édition 2019 “festival biarritz amérique latine” :
Abrazo du meilleur film : La Fièvre (A Febre) de Maya Da-Rin, (Brésil, France, Allemagne)
• Prix du jury : La Vie invisible d’Eurídice Gusmão (A Vida invisível de Eurídice Gusmão) de
Karim Aïnouz, (Brésil, Allemagne)• Mention spéciale du jury : Canción sin nombre de Melina
León, (Pérou, Espagne, Etats-Unis)
• Prix du Syndicat Français de la Critique de Cinéma : La Vie invisible d’Eurídice Gusmão (A Vida invisível de Eurídice Gusmão) de Karim Aïnouz, (Brésil, Allemagne)
• Mention spéciale du Syndicat Français de la Critique de Cinéma : Las Buenas Intenciones de Ana García Blaya (Argentine)• Prix du public : La Llorona de Jayro Bustamante (Guatemala, France)
Prix du meilleur documentaire : La Vida en común d’Ezequiel Yanco (Argentine, France)
• Prix du public : La Búsqueda de Daniel Lagares et Mariano Agudo, (Pérou, Espagne)
Prix du meilleur court-métrage : O Mistério da carne de Rafaela Camelo, (Brésil)
• Mention spéciale du jury : Hogar de Gerardo Minutti, (Uruguay)

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“festival biarritz amérique latine”

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