Rachid Taha (1958-2018): « Je me suis nourri de Jean Genet »:

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« Je vais beaucoup mieux depuis que j’ai refusé la légion d’honneur ». Tout est presque dit. Sauf que Pasolini et Genet furent ses rayons de soleil, que l’arabe est français quand il gagne et redevient « bicot » quand il fait une connerie, que Oum Khaltoum et Elvis, qu’il fut oriental désorienté, que Collard ou Gondry au ciné… Rachid Taha tel qu’en lui-même dans cette émission de 2013. Chapeau!

Rachid Taha était un « algérien d’origine algérienne » de Sig, près d’Oran qui a vécu, ado, à Sainte-Marie-aux-mines et, adulte, aux Lilas. Membre de l’internationale des « écorchés vifs », il a participé à la marche pour l’égalité et contre le racisme en 1983 avec ses trois compères de Carte de séjour, son premier groupe, génération 80. Il fut radical et anti Pasqua; métis dans les ponts culturels qu’il imaginait entre là-bas et ici, entre Orient et Occident et vice versa; réjouissant – collectif ou en solo – dans sa musique feu d’artifice nourrie de raï, de chaâbi, de techno, de rock et de punk. Un mélangeur à lui tout seul! D’ailleurs il avait revisité Douce France de Trenet et joue dans ces mots de minuit avec son personnage cinématographique de Frank Sinatra reubeu. Comme dirait l’autre: Ya Rayah! ou 1,2, 3, soleils. 
En 2013, il signe Zoom et chante sur le plateau avec notamment comme musicien et ami Rodolphe Burger. Avant sa crise de cœur, un album était en chantier. Il aurait dû être titré: Je suis africain. 

Des mots de minuit. Extrait de l’émission #496 du 22 mai 2013 

Réalisation : Pierre Desfons

Rédaction en chef : Rémy Roche

Production : Thérèse Lombard et Philippe Lefait



Rachid Taha y était reçu avec l’écrivain et physicien Cristophe Galfard, le chef Jean-François Piège, le maraîcher Joël Thiebault