Samira Sedira 📚 et Daniel Jeanneteau 🎭 André Minvielle et Lionel Suarez pour la musique #599

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Le théâtre et la littérature font ici cause commune et conversation. Quand le premier se refuse à Samira Sedira, faute d’intermittence, il lui ouvre les portes de textes puissants et fait d’elle une écrivaine. Quand la seconde s’écrit dans l’antiquité, se pense et se met en scène au présent, Daniel Jeanneteau est à l’œuvre. Quand Minvielle “s’accordéonne” c’est Des mots de minuit : métis, radical, réjouissant !

Des mots de minuit, L’Émission #599 du 13 février 2020.

Elle habite Maisons-Alfort. Samira Sedira commence à écrire quand son intermittence d’actrice de théâtre formée à la Comédie de Saint-Etienne prend momentanément fin. Un statut se perd. Une autre précarité s’impose. Elle devient femme de ménage, en écrit remarquablement la condition. Lui manque L’odeur des planches. Un premier texte. Même veine autographique qui permet à la romancière de poser plus tard la question de la place des femmes et des filles dans les familles d’immigration. Celle des amitiés trahies chez Saddam. Celle du fait divers avec Des gens comme eux… Aujourd’hui Samira Sedira a retrouvé le chemin de la scène mais entretemps une auteure est née… comme son style bien singulier.

Samira Sedira a pour objet qui vous prolonge la chevalière de son père décédé

Il habite Saint-Denis. Va travailler en vélo, a ouvert au public la verdure de la terrasse du théâtre de Gennevilliers qu’il dirige après Bernard Sobel et Pascal Rambert. Ne dites pas forcément le T2G. Daniel Jeanneteau est passé par la colline, le Gérard Philipe. A imaginé un laboratoire où s’explorent les phénomènes d’exclusion et de repli. Dans ses repères, 15 ans avec Claude Régy pour la scène et le Japon et sa culture pour la révélation. Aujourd’hui, il se glisse dans le texte de Martin Crimp Le reste, vous le connaissez par le cinéma. Quand la plus antique tragédie phénicienne s’inscrit dans une salle de Classe et que les jeunes choreutes sont du quartier…

Le reste vous le connaissez par le cinéma” met en jeu la rencontre anachronique du mythe d’Œdipe et d’un choeur contemporain d’adolescentes. Elles sont le Sphinx, insolent et ingénieux, qui pose des questions et convoque tour à tour les grandes figures du mythe – incarnées par des comédiennes et des comédiens puissant·e·s – pour mieux interroger l’état du monde dont elles héritent
Daniel Jeanneteau monte pour la première fois en France le texte de Martin Crimp écrit à partir des Phéniciennes d’Euripide. Pièce politique et poétique, extraordinairement agissante, l’œuvre s’adresse au présent avec une implacable ironie. De quelle tragédie sommes-nous les personnages ? Notre monde s’est-il construit sur une antique somme d’erreurs ?  C’est à un groupe de jeunes filles de Gennevilliers et des alentours qu’est confié le rôle des « Phéniciennes ». Ce sont elles qui soigneusement dégorgeront les formes archaïques et douloureuses du mythe, en déploieront les dépouilles splendides et refroidies par l’écriture acérée de Martin Crimp.

© T2G

Daniel Jeanneteau a comme objet qui vous prolonge une statuette représentant Ebisu, une divinité populaire japonaise symbolisant notamment la bonne fortune.

MUSIQUE :

Le duo Minvielle-Suarez pour une version swing de la “flambée montalbanaise”.
L’enregistrement du “vocalchimiste” André et de l’accordéoniste Lionel a eu lieu en juin 2019 à la Maison de la radio.

Des mots de minuit #599 
Réalisation : Pascal Stelletta
Montage :  Pierre Lourmel
Coordination et rédaction en chef : Rémy Roche
Coordination et direction: Philippe Lefait
© desmotsdeminuit.fr

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