“La vie comme elle vient” de Gustavo Pizzi: mère-reine du quotidien

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Le talent de la comédienne Karine Teles emporte l’adhésion à un film qui réconcilie avec les petits et grands tracas du quotidien.

Irene, quarantaine enthousiaste et volontaire, régne en douceur sur sa belle petite famille besogneuse. Y compris sur son mari, Klaus, son mari nounours et rêveur qui pour trouver une alternative à sa librairie-papeterie en quasi faillite imagine d’improbables projets de reconversion. Quatre enfants, des petits jumeaux trop mignons et farceurs, Thiago, le cadet grassouillet joueur de tuba dans la fanfare et Fernando, le grand, 17 ans, prometteur joueur de handball.
Ambiance familiale fusionnelle d’amour, on se dispute parfois sévère mais ça ne dure jamais, pas de rancœurs. Pourtant les problèmes sont multiples. Irene se démène à vendre à la sauvette des draps tout en révisant son bac pour adulte, les petits jumeaux font des bêtises, Thiago et son tuba végète et la sœur d’Irene s’est installée à la maison après avoir été amochée par un mari violent et drogué qui depuis la poursuit. La maison craque de partout, commence même à s’effondrer, une autre est en construction mais pas encore prête. Oui, ça fait beaucoup, mais Irene, hors quelques accès de colère ou de découragement tient le coup et la situation.

Reine du quotidien

Ce qui va ébranler son âme et ses certitudes c’est lorsque Fernando, le handballeur annonce qu’il est recruté par une équipe allemande pro. L’occasion est plus qu’alléchante, la maman est fière mais comment se défaire de son premier fils qui va partir si loin? Les larmes sincèrement naturelles viennent soudain sublimer son sourire tout autant naturel.
Quelle belle idée de mélanger ainsi les petits et grands soucis du quotidien avec ce qu’ils portent aussi de bonheurs modestes! Prendre, en effet, La vie comme elle vient pour s’en accommoder, sans naïveté ni fatalisme, dans la réalité de ce qui est. C’est le talent d’un film qui en imagine la possibilité au travers d’un formidable portrait de femme. Irene est une reine sans couronne du présent, mère courage, mère colère, mère pacificatrice. Karine Teles qui l’incarne à l’écran vaut à elle seule ce voyage cinématographique, aussi drôle que grave et émouvante. Naturelle et toujours crédible, comme ce film qui fait du quotidien une histoire d’humanité humble mais universelle.

 

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