Jean-Claude Gallotta 🎭 Sonia Chiambretto et Hubert Colas, Daniel Friedmann đŸŽŒ DĂ©dĂ© Saint-Prix et le quatuor des Griottes #364

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Quand le chorĂ©graphe puise dans d’autres registres que les siens et convoque Gainsbourg et Bashung Ă  qui il rend hommage avec son couvre-chef; quand un metteur en scĂšne rencontre un texte qui dit l’enfermement des frontiĂšres ou des guerres en TchĂ©tchĂ©nie ou ailleurs; quand le sociologue interroge des psychanalystes sur leur clinique Ă  25 ans d’intervalle; quand le percussionniste des Antilles rencontre la griotte du Mali…

Des mots de minuit: émission #364 du 2 décembre 2009.

RĂ©alisation : Guy Saguez
RĂ©daction en chef : RĂ©my Roche
Production : ThérÚse Lombard et Philippe Lefait
© desmotsdeminuit.fr/France2

CONVERSATION:

Depuis quelques temps, j’essaye de tremper ma danse contemporaine dans d’autres univers… des musiques, des mots, des poĂštes, et cette confrontation m’intĂ©resse. Celle-lĂ  est Ă©norme…  C’est Ă  la fois Gainsbourg, avec tout son univers, et c’est la voix d’Alain Bashung.

Jean-Claude Gallotta. Des mots de minuit, 2009. 
Sa casquette

Le danseur et chorĂ©graphe  prĂ©sente le spectacle « L’homme Ă  tĂȘte de chou »  dans lequel Alain Bashung a acceptĂ© de chanter l’album de Serge Gainsbourg pour accompagner la chorĂ©graphie. 

« L’objet qui le prolonge… »

Quand je rencontrais Alain Bashung, j’avais cette casquette. Lui n’en mettait pas. Puis, avec la chimio, la maladie, il s’est protĂ©gĂ© avec une casquette. Une fois, il a mis la mienne. Du coup, je la porte et je me rappelle que dans sa loge, les derniers temps, il avait toute une panoplie de chapeaux. Chaque jour, il choisissait une casquette ou un chapeau diffĂ©rent. Mon hommage est ce couvre-chef!

Jean-Claude Gallotta. DMDM, 2009.

Le percussionniste martiniquais est lui Ă  l’affiche pour Â«Â Africolor » avec le Quatuor de Griottes. Ce spectacle est nĂ© de sa rencontre avec la griotte malienne Fanta Disco et ses amies. FascinĂ© par les « conversations » de ces « divas », le musicien a imaginĂ© ce dialogue entre les Antilles et l’Afrique de l’Ouest.

Dédé Saint-Prix

La musique, c’est comme une femme possessive, ça vous tient et puis ça ne vous lĂąche plus…
Depuis tout petit, j’ai toujours eu envie de transmettre. Enfant, je jouais dĂ©jĂ  Ă  l’instituteur. On peut tout faire avec les mots… J’essaye par mes actions de laisser les Martiniquais en paix, rĂ©conciliĂ©s… Je ne suis pas mĂ©decin, je ne suis pas thĂ©rapeute. Je suis un musicien qui arrive avec des sentiments!

Dédé Saint Prix. DMDM, 2009.

Sa flûte

« L’objet qui le prolonge… »

Ma flĂ»te, je l’ai percĂ©e en 1978. Pour faire une flĂ»te, il faut d’abord connaĂźtre la lune, la bonne lune pour la tailler! Elle est fendue mais aucune bĂȘte ne l’a abĂźmĂ©e. Quand c’est la bonne lune, l’instrument peut durer toute une vie.

Dédé Saint-Prix. DMDM, 2009.

« Chto Interdit aux moins de 15 ans » est une proposition de Sonia Chiambretto et Hubert Colas. Sujet de l’auteure et du metteur en scĂšne: l’histoire d’une jeune rĂ©fugiĂ©e tchĂšchĂšne. 

Hubert Colas

La premiĂšre fois que je lis un texte et que je me l’approprie, j’ai un peu la sensation de faire corps. Un texte c’est quelque chose de physique. Pour moi, c’est tout de suite l’apparition d’un corps. C’est comme si je rencontrais quelqu’un.

Hubert Colas. DMDM, 2009. 

Sonia Chiambretto

Ce texte parle surtout de la fuite, de la circulation impossible, d’un monde dans lequel on ne circule plus! Pour moi, la fin du monde c’est quand on ne peut plus partir d’un endroit!

Sonia Chiambretto. DMDM, 2009.

Vocabulaire de l’architecture

« L’objet qui la prolonge… »

Mon objet?  Â«Â Vocabulaire de l’architecture »! On m’a fait cadeau de ce livre. Pourquoi? D’abord parce que j’aime l’architecture. Et puis… dans mon texte, il y a un passage sur la reconstruction et j’ai tout simplement « pompé » les termes techniques de mon texte dans ce bouquin.

Sonia Chiambretto. DMDM, 2009.

« Etre psy » est l’aboutisssement d’un travail de longue haleine du sociologue Daniel Friedmann qui a explorĂ© dans des entretiens filmĂ©s  un quart de siĂšcle de pratique psychanalytique en France.  

Daniel Friedmann

L’image vivante permet d’exorciser quelque chose de l’ordre de la disparition ou de la mort.
Parce que la psychanalyse correspond, me semble-t-il, Ă  une pĂ©riode de l’histoire humaine pendant laquelle les individus ont commencĂ© Ă  changer en se libĂ©rant des dĂ©terminations sociales de l’Ă©ducation ou de la famille. La psychanalyse a libĂ©rĂ© une sorte d’espace de transcendance du sujet.

Daniel Friedmann. DMDM, 2009.

Un jean

Le jean c’est une histoire de migrants sur la cĂŽte ouest des États-unis…  Dans la lĂ©gende, il est nĂ© de l’arrivĂ©e d’un colporteur venu d’Allemagne, Oscar LĂ©vi Strauss, et il y a pour moi une petite histoire assez amusante. J’ai envoyĂ© un livre dans lequel j’en parlais au grand anthropologue Claude LĂ©vi-Strauss, mort rĂ©cemment. Quinze jours aprĂšs, Ă  ma grande surprise, je reçois une lettre de lui qui m’Ă©crit. « Cher monsieur j’ai Ă©tĂ© trĂšs intĂ©ressĂ© par votre histoire du jean, surtout qu’il ne se passe pas quinze jours sans que je reçoive une commande pour de jeans, gĂ©nĂ©ralement venus du tiers-monde! »

Daniel Friedmann. DMDM, 2009. 

LIVE:

Dédé Saint-Prix et et le Quatuor de Griottes interprÚtent deux morceaux issus du spectacle « Africolor ».

DĂ©dĂ© Saint-Prix…

accĂšs Ă  la vidĂ©othĂšque…