Dominique A đŸŽŒ Christine Murillo 🎭 Philippe Meyer, Thierry ThieĂ» Niang et Marie Despechin #348

0
372

Quand l’Ă©nergie de la comĂ©dienne fĂ©dĂšre la richesse du parcours professionnel et l’humour de la prĂ©sence; quand la tranquillitĂ© modeste du chanteur ouvre son univers; quand la bonhomie curieuse du journaliste cache l’acuitĂ© d’une perception de la sociĂ©tĂ©; quand le chorĂ©graphe et l’Ă©crivaine, confrontĂ©s Ă  la radicale Ă©trangetĂ© de l’autisme tendent les corps et les mots pour accueillir l’altĂ©ritĂ©

Des mots de minuit : Ă©mission n°348 du 20 mai 2009 RĂ©alisation : Guy Saguez
RĂ©daction en chef : RĂ©my Roche
Production : ThérÚse Lombard et Philippe Lefait ©desmotsdeminuit.fr/France2

CONVERSATION:

En quittant “vĂ©to”, j’ai Ă©tĂ© reçue au Conservatoire… Puis j’ai Ă©tĂ© engagĂ©e au Français par Pierre Dux. AprĂšs les rĂŽles de soubrette, il y a eu Jacques Lassalle ou Jean-Pierre Vincent… Et puis Kaurismaki. Evelyne Didi m’a dit qu’elle lui avait parlĂ© de moi pour “La vie de bohĂšme” et qu’il fallait une photo. J’en avais pas. Il a dit: “une comĂ©dienne sans photo, ça m’intĂ©resse!” Il m’avait donnĂ© rendez-vous dans un bar Ă  vin oĂč il tournait un clip pour les Leningrad cow-boys. Il y avait un Ăąne dehors; c’Ă©tait de la folie! Il m’a regardĂ©e. AndrĂ© Wilms m’a demandĂ© si je parlais anglais. J’ai dit oui. Alors Aki a dit: “tu seras Musette!”. C’est un gĂ©nie ce mec-lĂ , un gĂ©nie!

Christine Murillo. DMDM, 2009.

Christine Murillo

L’auteure et comĂ©dienne est Ă  l’affiche au ThĂ©Ăątre du Rond-Point, Ă  Paris, dans “Oxu” (objet qu’on vient de retrouver et qu’on reperd aussitĂŽt). De fait, un quasi travail d’acadĂ©miciens qui cherchent des mots. Ses complices sont  Jean-Claude Leguay et GrĂ©goire Stermann.

Pipeau

“L’objet qui la prolonge…” Le pipeau de la maternelle qu’elle utilise dans “Oxu” mais dont elle n’avait pas jouĂ© depuis 52 ans.

Mes ancĂȘtres, ce sont les grands anciens, parce que c’est ce que j’ai reçu en premier lieu de la chanson française: Ferrat, Brel, FerrĂ©. AprĂšs, c’est vrai que Manset me touche Ă©normĂšment, de façon presque extra musicale. J’aimerais bien qu’il soit de ma famille… Et puis Miossec, Katerine, Tiersen, c’est gĂ©nĂ©rationnel. On est arrivĂ©s en mĂȘme temps, on a appris en mĂȘme temps… Mais aprĂšs je sens cette affinitĂ© avec Manset mais je peux me rĂ©clamer de lui sans vouloir imposer une proximitĂ©. Il y a quelque chose chez lui de trĂšs imposant. C’est un gars qui est complĂštement sous estimĂ©. Il a fait des choses incroyables et finalement on en revient Ă  toujours parler des mĂȘmes et Manset est toujours dans l’ombre par rapport Ă  ce qu’il a apportĂ©!

Dominique A.. DMDM, 2009.

Dominique A

Auteur, compositeur et interprĂšte, il prĂ©sente son album “La musique”.

Carnet

“L’objet…” Un carnet, son “instrument de travail de prĂ©dilection”. Chaque pĂ©riode de crĂ©ation est liĂ©e Ă  un carnet soigneusement choisi. Celui-lĂ  a Ă©tĂ© achetĂ© Ă  Prague.

La question que l’on peut toujours se poser quand quelqu’un devient prĂ©sident de la rĂ©publique, c’est de savoir s’il existe un moment oĂč la fonction transforme l’Ă©lu. Ce n’est pas la mĂȘme chose d’avoir Ă  contrer Charles Pasqua dans les Hauts de Seine et d’avoir tout Ă  coup Ă  gĂ©rer la crise gĂ©orgienne…
Plus largement, je ne vois pas la trace d’une prise d’ampleur, notamment dans l’univers culturel et audiovisuel dans lequel on a l’impression d’avoir le prince et son Ă©pouse qui s’amusent: Nous nous montrons. Nous nous donnons Ă  admirer. Je n’ai rien Ă  ajouter aujourd’hui Ă  ces portraits de SĂ©golĂšne Royal et de Nicolas Sarkozy que j’avais Ă©crits en 1996.

Philippe Meyer. DMDM, 2009.

Philippe Meyer

Journaliste et Ă©crivain, il est en 2009 l’auteur de “Un Parisien Ă  travers Paris”, un livre “Ă  sauts et Ă  gambades, un assemblage de tableaux et de croquis rapportĂ©s de ses promenades par un amoureux de Paris. Cet amour n’est pas aveugle : la tendresse, l’humour, la moquerie, la reconnaissance se retrouvent dans cette flĂąnerie active d’un Ă©crivain voyageur au coeur de sa ville prĂ©fĂ©rĂ©e”.

Pipe

“L’objet…”  “dont (il) se sert tous les jours”. ManiĂšre de rĂ©ponse Ă  des “nabots” qui caviardent la pipe de Tati ou le cigare de Churchill dans l’iconographie publique. “J’aime fumer!” dit-il.

Je suis allĂ©e Ă  l’hĂŽpital et j’ai vu danser Thierry avec une jeune personne autiste et c’Ă©tait extraordinairement impressionnant. C’est l’une des choses les plus incroyables que vous pouvez voir: une grande salle, deux personnes en tĂȘte Ă  tĂȘte pendant 45 minutes avec deux mots, bonjour au dĂ©but et merci Ă  la fin. Dans cet Ă©change se passait quelque chose, sans les mots, par le seul geste. Ça pouvait ĂȘtre trĂšs fragile et l’Ă©motion ressentie dans ces moments Ă©tait indicible. Il me fallait Ă©crire Ă  partir de lĂ  et j’ai donc essayer de chercher la source de cette Ă©motion, de la sĂ©paration Ă  la rĂ©union… Juste cet instant. Ce moment de la rencontre est miraculeux.

Marie Desplechin. DMDM, 2009.

… Juste cet instant. Ce moment de la rencontre est miraculeux…

Thierry ThieĂ» Niang et Marie Desplechin

Le chorĂ©graphe et l’Ă©crivaine ont montĂ© un spectacle nĂ© de leurs rencontres communes avec de jeunes autistes, “Au bois dormant”, au ThĂ©atre de la CitĂ© Internationale. Marie Desplechin tente de dire l’endroit oĂč deux mondes se rejoignent, se demandant parfois qui du danseur ou des jeunes autistes est le plus dĂ©calĂ©. Thierry ThieĂ»-Niang danse les gestes saccadĂ©s et chaotiques qu’il a pu comprendre, les tremblements et les sauts, reflets d’une agitation intĂ©rieure. Il cherche un langage du corps fait d’élans et d’écoute, malgrĂ© un sens profond qui reste mystĂ©rieux.

J’ai envie aujourd’hui de questionner la danse au travers d’autres corps que ceux des danseurs… Je veux travailler de façon horizontale, en rhizomes et arrĂȘter de toujours poser les mĂȘmes questions avec les mĂȘmes gens sur les mĂȘmes problĂ©matiques de crĂ©ation ou de diffusion et j’ai trouvĂ© des rĂ©ponses au travers d’autres corps et d’autres personnes…

Thierry ThieĂ» Niang. DMDM, 2009. 

Un instrument de musique tanzanien.

“L’objet…”  Pour Thierry T. N. un instrument de musique fait de corne et d’ambre et rapportĂ© de Tanzanie.
                  Pour Marie D., une poignĂ©e de cailloux, comme ceux que lui versait rĂ©pĂ©titivement dans la main, un enfant autiste, qui dans le parc                   de l’hĂŽpital la regardait “gentiment” dans un “moment trĂšs joyeux”. Plus gĂ©nĂ©ralement, elle rapporte de ses voyages des cailloux. 

Des cailloux.

LIVE:

Dominique A. interprĂšte “Hasta que el cuerpo aguente” et “Immortelle”.

Dominique A en son site officiel

AccĂšs Ă  la vidĂ©othĂšque…

DMDM, L’Émission… 

La page facebook desmotsdeminuit.fr Abonnez-vous pour ĂȘtre alertĂ© de toutes les nouvelles publications.

@desmotsdeminuit