Darina Al Joundi 🎭 Alaa El Aswany 📚 Mounira Mitchala 🎥 Yann Le Gal et Corinne Garfin 🎼 avec Mounira Mitchala et Poni Hoax #309

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Quand une musicienne venue du Tchad raconte et chante la difficulté d’être une femme artiste dans son pays; quand un écrivain égyptien explique les joies, les constructions et les ambitions de son œuvre et de son inspiration; quand le cinéma, pour rendre hommage aux grands maîtres, s’ouvre aux expériences les plus audacieuses et jubilatoires, c’est Des mots de minuit: métis, radical, réjouissant!

Des mots de minuit, l’Émission #309 du 14/05/2008

Avec:

  • La comédienne et écrivaine syro-libanaise Darina Al Joundi
  • L’écrivain égyptien Alaa El Aswany
  • La chanteuse tchadienne Mounira Mitchala
  • L’auteur de BD Yann Le Gal
  • La réalisatrice et scénariste Corinne Garfin

Musique:

  • Mounira Mitchala (Talou Lena et Annil)
  • Poni Hoax (Pretty tall girls)

CONVERSATION:

Darina Al Joundi La comédienne évoque notamment son spectacle Le jour où Nina Simone a cessé de chanter dont est tiré le livre qu’elle a écrit avec Mohamed Kacini, sur son enfance vécue durant la guerre du Liban. Ils y abordent les traumatismes, la rébellion, les cauchemars et la soif de liberté qui lui sont liés.

Mon enfance est toujours en moi, comme si ça s’était passé hier. Je me rappelle des choses quand j’avais deux ou trois ans, je me souviens des couleurs. J’ai toujours fait travailler ma mémoire. Tout ce que j’ai vécu dans mon enfance est là, toujours présent. Dès l’enfance, j’ai appris à m’habituer, aux bombes, à la violence des corps déchiquetés dans la rue.
Mais je suis d’une famille d’écrivains, et j’ai eu au début beaucoup de mal à oser me mettre à écrire.

Darina Al Joundi. Des mots de minuit, 2008.

Le premier objet qui prolonge Darina Al Joundi est le chapelet que son père utilisait. Cet objet l’accompagne tout au long de sa pièce.

Le second est le collier de la chanteuse Nina Simone qu’elle a porté durant un concert à l’Olympia. C’est le dernier compagnon de Nina Simone qui lui a offert.

Alaa El Aswany est né en 1957 dans le quartier de Garden City au Caire. Il est romancier et dentiste. En effet, malgré son goût pour l’écriture, son père l’incita à faire “un métier sérieux” – ce qu’il fit en obtenant une maîtrise en odontologie à l’université de l’Illinois à Chicago (USA). Il présente son roman Chicago traduit par Gilles Gauthier (Actes Sud).

Dans la littérature il y a deux éléments. D’abord l’élément local, qui est le moins important, et l’élément humain, qui est le plus important. C’est avec lui qu’on fait de la littérature. J’ai vécu en Amérique, j’ai eu des amis et j’ai connu leur souffrance; J’ai présenté dans mon livre  des egyptiens qui souffrent là-bas dans cette société américaine, mais aussi des Noirs qui souffrent aussi. Les valeurs de l’exclusion sont finalement les mêmes.

J’ai mis dix ans pour apprendre à écrire un roman avec beaucoup de personnages. C’est plus facile pour un auteur d’être inspiré par une foule de personnages.

Alaa El Aswani. Des mots de minuit, 2008.

Alaa El Aswany a pour objet qui le prolonge un paquet de cigarettes acheté en Égypte.

Mounira Mitchala est chanteuse, auteure et compositrice tchadienne. Elle signe l’album Talou Lena et explique la difficulté d’être artiste au Tchad

Musicien, c’est au Tchad un métier qui est montré du doigt. L’artiste ne vit pas de son art. La famille ne soutient pas l’artiste parce qu’elle considère que c’est un raté et le ministère de la culture tchadien n’a pas d’argent. C’est pour ça que beaucoup d’artistes dans mon pays ont renoncé. Mais cela est valable dans beaucoup d’autres pays africains.

Mounira Mitchala. Des mots de minuit, 2008.

Mounira Mitchala a pour objet qui la prolonge un collier donné par sa grand mère.

Yann Le Gal est scénariste de bande dessinée et réalisateur. Il présente le film Enfances constitué de six courts métrages de jeunes réalisateurs et réalisatrices ayant pour thème l’enfance de grands réalisateurs de cinéma.

Notre idée c’était l’idée d’hommage. De jeunes cinéastes rendent hommage aux maîtres. C’était important de rappeler que la cinéphilie, chez les gens jeunes passionnés par le cinéma, ça existe encore.  

Quand on voit la carrière de Lang, il a avoué qu’il a eu un éveil politique très tardif. Pendant la guerre il fera des films antinazis tandis que sa femme, restée en Allemagne, réalisait des films pro-nazis. Et puis cette obsession du jugement et de la punition constante dans toute son œuvre.

Yann Le Gal. Des mots de minuit, 2008.

L’objet qui prolonge Yann Le Gal est une figurine de Dark Vador qui symbolise sa jeunesse.

Corinne Garfin est réalisatrice et scénariste. C’est elle qui, dans Enfances, le projet de Yann Le Gall, a signé le court métrage consacré à Alfred Hitchcock.

J’ai rencontré Yann via ma productrice et il m’a proposé de participer à l’aventure. J’ai tout de suite adhéré à l’idée. J’aimais le scenario, et ce qui m’intéressait, en tant que jeune réalisatrice, c’était de me frotter à Hitchcock et  son film La peur.

Corinne Garfin. Des mots de minuit, 2009.

Corinne Garfin a pour objet qui la prolonge un journal qu’elle tient depuis huit ans et dans lequel elle raconte notamment ses débuts professionnels.

MUSIQUE :

Mounira Mitchala interprète les chansons Talou Lena et Annil

Poni Hoax, groupe de rock interprète Pretty tall girls.

Des mots de minuit #309
R
éalisation: Pierre Desfons
Rédaction en chef : Rémy Roche
Production: Thérèse Lombard et Philippe Lefait
© Desmotsdeminuit/France2

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