🎭 Olivier Py: Les émois 2019, singuliers et quotidiens, de “l’architecte” du Festival d’Avignon.

0
3713

 

“Faire acte de conscience politique… Le capitalisme n’en finit pas… Quelle aventure humaine dans ce grand supermarché technologique… Espérer le retour des mythes fondateurs… Le théâtre est action… Notre impatience d’une société plus juste” Olivier Py, démiurge et “patron” singulier, éditorialise ainsi le temps théâtral d’Avignon 2019, il livre à “Des mots de minuit” une quotidienne. Une forme de carte blanche: quelques pensées, un ressenti, un œil sur une mécanique puissante, estivale et rare qui peut électriser la création, un public et une profession toujours intermittente…

Olivier Py. Impromptu du dimanche 7 juillet 2019. © Ph. L

 

“Ivoirien, Yacouba Konaté fuit son pays, connaît la cruauté, les camps, l’esclavagisme… Après des années d’exil, il arrive en France et pourra dire que c’est dans le chant qu’il a puisé la force de toujours se relever et continuer. Ici, il accompagne musicalement le film Choucha (dont il est l’un des protagonistes)de Djibril Dialo et Sophie Bachelier et est accueilli par l’Atelier des artistes en exil (structure unique en France qui soutient les artistes exilés et leur offre un lieu de création). Cet espace “refuge” lui donnera l’occasion d’écrire et chanter son parcours et de se produire en concert. En 2017, il fonde le groupe Waryavec entre autres Wally Saho.”
© Festival Avignon.

Le jeune Yacou © Christophe Raynaud de Lage

 

Romain Daroles, Olivier Py et Laurent Gremaud.
© Selfie Olivier Py

“Ce Phèdre !” de Racine pourrait avoir en sous-titre : conférence espiègle et insolite. La salle de spectacle devient salle de cours, et nous, devant un Romain Daroles en jeune professeur exalté qui veut nous transmettre sa passion ardente pour Phèdre, nous rions. Seul sur scène, armé d’un livre, le comédien campe tous les personnages et fait revivre sous nos yeux la force des passions à l’oeuvre dans la pièce. Habité d’un enthousiasme communicatif pour la langue classique, il retrace d’une verve cocasse la descendance mythologique des personnages, démêle l’intrigue foisonnante, déchiffre la beauté merveilleuse des alexandrins…”
© Festival Avignon 

 

© Olivier Py.

“Dramaturge formée en philosophie, cinéaste et metteuse en scène, Christiane Jatahy grandit à Rio. A mi-chemin entre la scène et l’image, ses spectacles sont des dispositifs qui questionnent le rapport entre l’acteur et le public, la frontière entre la fiction et le documentaire. Elle crée Julia inspiré de August Strindberg en 2011, What if they went to Moscow?, une suite des Trois Soeurs de Tchekhov en 2014, La Forêt qui marche (basé sur Macbeth de Shakespeare) en 2015 et La Règle du jeu de Jean Renoir à la Comédie-Française en 2017. Le diptyque Notre Odyssée commence en 2018 avec la création d’Ithaque. Le Présent qui déborde – Notre Odyssée II est sa première création au Festival d’Avignon.”
© Festival Avignon.

 

© Olivier Py
Complément d’objet. Dans les locaux du Festival d’Avignon, le vecteur d’ubiquité a une place marquée ….

 

Depuis plusieurs années, le directeur du Festival travaille avec les détenus du centre pénitentiaire du Pontet-Avignon. Cette année Macbeth… Avec notamment les participants de l’atelier théâtre du Centre pénitentiaire Avignon-Le Pontet : Christian, Mohamed, Mourad, Olivier, Philippe, Redwane, Samir, Youssef

Adaptée par le metteur en scène dans un souci de métrique comme un livret d’opéra, la pièce avance sans relâche, jouée par huit détenus du Centre pénitentiaire Avignon-Le Pontet qui éprouvent leur corps à la parole. Olivier Py révèle d’une lumière noire la langue hautement poétique de Shakespeare. En jouissant d’exercer sans partage leur pouvoir, Macbeth et Lady Macbeth entrent dans un processus sans retour. Par sa folie que rien ne diminue, le tyran interroge le monde et en devient poète. Un poète amoureux du mal. Une oeuvre essentielle, violente, sauvage, qui interroge la notion de destin, l’assouvissement des désirs, l’écrasement de toute résistance.

© Festival Avignon. Mai 2019.
« Le centre pénitentiaire du Pontet. La petite porte du malheur que nous franchissons depuis 5 ans avec Enzo Verset et Véronique Matignon. Beaucoup d’émotion… Nous jouons Macbeth. Pour et par des détenus. »
Olivier Py, 12 juillet 2019. ©photo : Olivier Py

 

© Olivier Py

« Gardez-vous de parler des affaires d’État ! Â»
Sur scène, une immense structure ronde et métallique symbolisant une maison de thé pékinoise, dévoile un microcosme où divers milieux sociaux s’agitent et se mêlent. Trois époques et trois générations dialoguent et s’évertuent à résister aux assauts du temps, révélant les bouleversements de la société chinoise et l’immuabilité de la condition humaine. La roue tourne au gré des revers et des fortunes et nous sommes face au sillage de destinées humaines. Le temps passe, le pouvoir change de mains, seule la maison de thé perdure…

Meng Jinghui  est directeur du Théâtre du Nid d’abeille à Pékin et s’occupe de la direction artistique de plusieurs festivals en Chine. Il est aussi réalisateur. Pionnier d’un théâtre d’avant-garde engagé, créatif, imprégné d’humour et d’ironie
© Festival Avignon

 

©Photo Olivier Py

SOS Méditerranée à Avignon. Avec une expo photo collective : “SAUVER, PROTEGER, TEMOIGNER, l’engagement citoyen de SOS MEDITERRANEE”
Cette exposition, conçue par SOS MEDITERRANEE, porte un regard humain sur le drame qui se joue en Méditerranée centrale, à travers l’oeil de photographes embarqués et par les témoignages de marins-sauveteurs et de rescapés recueillis à bord. Elle invite à prendre conscience de la nécessité vitale de mettre en place un dispositif de sauvetage et de débarquement adéquat. (Patrick Bar, Narciso Contreras, Susanne Friedel, Anthony Jean, Hara Kaminara, Karpov Karpov, Yann Levy, Kevin McElvaney, Sinawi Medine, Fabian Mondl, Isabelle Serro, Laurin Schmid, Maud Veith.)

 


À propos de Nous l’Europe, banquet des peuples :
“Quelle Europe désirons-nous ? Et que désirons-nous être au sein de l’Europe ? Une Europe qui puisse donner une place à tous ? Une Europe qui n’impose plus le poids de décisions qui nous échappent ? En réponse à ce questionnement, Laurent Gaudé offre un poème puissant. Un regard d’ailleurs plutôt qu’une réponse. À travers une orchestration au plateau, le compositeur et metteur en scène Roland Auzet propose de faire se rencontrer des acteurs de nationalités différentes aux côtés d’un choeur de personnes de tous les âges : un Nous. Un Nous, l’Europe…”
© Festival Avignon. ©Photo Olivier Py

 

© Olivier Py … Aparté du 9 juillet 2019

 


“Vraiment heureux, Ulysse, d’avoir retrouvé Ithaque ? Blandine Savetier sait que le destin du héros grec, vainqueur de la guerre de Troie, n’est pas de vivre Â« le reste de son âge » sur son île. Bien au contraire, les Dieux qui, de naufrages en naufrages, ont agité son odyssée méditerranéenne, lui prédisent encore bien des rivages à découvrir. C’est sans doute pour cela que la metteuse en scène concentre sa lecture du poème antique sur le voyage, qu’elle considère comme un Â« désir toujours renouvelé d’aventures qui transforment les êtres ». Ce processus de métamorphose est au coeur du feuilleton de la 73e édition qui en treize épisodes d’une cinquantaine.”
© Festival Avignon
© Photo Olivier Py

 

“Pascal Rambert, Jacques Weber et Claire Chazal présentent la captation d’ “Architecture”
Pourquoi est-ce si difficile de faire entrer la culture dans les grands médias !” © photo Olivier Py
La pièce “Architecture” est diffusée sur France 5

 

© Olivier Py

“Écrit et mis en scène par Alexandra Badea, “Quais de Seine” est une immersion dans et par trois générations aux vies brisées sous le poids des non-dits. Une femme part à la recherche des traces de son héritage familial inconnu. Des morceaux d’histoires surgissent… Le père absent et déraciné, les grands-parents en lutte pour leurs choix, leurs idées et leur union mixte… Le politique mêlé à l’humain. Sur scène, l’espace et le temps s’unissent : passé et présent se font face, se jaugent et  dialoguent avec des témoignages, des rêves et des fragments d’utopie. Plongée dans les eaux troubles du massacre des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris, la pièce interroge l’histoire personnelle et la mémoire collective.”

© Festival Avignon

 

« Pamplemousse, le chat de la cour du Palais des Papes (connu depuis dix ans) aime trop le spectacle de Pascal Rambert. Cette année, il sera donc en retenue pendant les représentations. Tristesse de ses fans qui l’ont apprécié chez Ivo van Hove, Miyagi, Ponifassio, Sidi Larbi Cherkaoui et tant d’autres … Â»
Olivier Py, 5 juillet 2019.

Ps d’Olivier Py : “mess de Pascal Rambert :
“Moi qui adore les chats, je suis obligé de confiner Pamplemousse pendant le spectacle, sinon, il vient tout le temps maintenant 😹😹””
Avec photo jointe …

 

“Générale de “L’amour vainqueur” … Le théâtre nous apprend que nous ne sommes pas coupables.”
Olivier Py, 4 juillet 2019.

“Parce qu’elle a refusé d’obéir à son père, une jeune fille amoureuse est enfermée dans une tour. À sa sortie, elle découvre un monde ravagé par les conflits et la misère. Pour retrouver son prince, notre héroïne laisse place à l’écoute de ses désirs et affronte un général qui ne sait que semer le chaos. Quatrième spectacle d’Olivier Py inspiré des frères Grimm, L’Amour vainqueur est une opérette”

© Festival Avignon

Voici comment il concluait l’an dernier son “journal” du festival :

“Triomphe de Phia Ménard qui met à bas le patriarcat. Le festival sur le genre se termine par un chef d’œuvre d’une femme trans au sommet de son art…” Olivier Py, 25 juillet 2018

 

Olivier Py, la quotidienne… Dans le temps (2018, 2017, 2016, 2015…)
► Des mots de minuit Ã  Avignon
► Les mot à mot Des mots de minuit

► nous écrire: desmotsdeminuit@francetv.fr
► La page facebook desmotsdeminuit.fr Abonnez-vous pour être alerté de toutes les nouvelles publications.
► @desmotsdeminuit