📚 “De si bons amis” de Joyce Maynard: une femme sous influence

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La romanciĂšre amĂ©ricaine Joyce Maynard consacre son dernier livre Ă  l’amitiĂ©. Un sentiment dont elle explore avec subtilitĂ© toutes les ambiguĂŻtĂ©s.

“Amis. Un mot lourd de sens. Je connais des gens qui, parlant de leurs rapports avec une certaine personne, tiennent Ă  prĂ©ciser «nous sommes justes amis, vous savez», comme s’il s’agissait d’un type de relation infĂ©rieur Ă  celui qui lie des amants ou des prĂ©tendues Ăąmes sƓurs. En ce qui me concerne, rien peut ĂȘtre ne compte plus que l’amitiĂ©. Une vĂ©ritable et durable amitiĂ© .” Ainsi s’exprime l’hĂ©roĂŻne du dernier roman de Joyce Maynard qui va en faire les frais. La quarantaine, Helen Mac Cabe vit seule. Fraichement divorcĂ©e, la jeune femme noie ses tourments dans l’alcool surtout depuis que la garde de son fils Oliver lui a Ă©tĂ© retirĂ©e. Un jour, sa route croise celle d’un couple de milliardaires californiens. 

Une proie rĂȘvĂ©e

Le coup de foudre est immĂ©diat. Presque suspect. Du jour au lendemain Helen Mac Cabe compte parmi les habituĂ©s du somptueux domaine de Folger Lane. Pour la jeune femme qui manque cruellement de confiance en elle, cet adoubement ressemble Ă  une bĂ©nĂ©diction. Une reconnaissance sur le tard. Pour les Havilland, aider les exclus du rĂȘve amĂ©ricain relĂšve de l’habitude. Ils les recueillent avec le mĂȘme dĂ©vouement que ces chiens abandonnĂ©s auxquels ils consacrent leur vie. Helen est leur derniĂšre toquade. Une proie rĂȘvĂ©e. Fragile, seule, en quĂȘte d’une assurance que ses parents n’ont jamais su lui donner, la jeune femme tombe aussitĂŽt sous leur coupe. Ava Havilland va d’abord lui proposer de menus travaux, exploiter ses talents de photographe, lui prĂȘter des vĂȘtements, lui offrir des cadeaux. Swift de son cĂŽtĂ© lui promet de faire jouer ses relations afin qu’elle puisse Ă  nouveau se voir confier la garde de son enfant. Trop beau pour ĂȘtre vrai ? Sans doute. 

 

Thriller

Jusqu’oĂč peut on aller non par amour mais par amitiĂ©? Telle est la question que pose Joyce Maynard dans ce roman aux allures de thriller psychologique. Avec une maĂźtrise saisissante, la romanciĂšre dĂ©crit la dĂ©rive insidieuse d’une femme sous emprise. Un thĂšme qu’elle connaĂźt bien pour l’avoir elle-mĂȘme expĂ©rimentĂ© puis racontĂ© dans “Et devant moi, le monde”. De son histoire avec l’écrivain JD Salinger Ă  celle de l’hĂ©roĂŻne de ce dernier roman, il n’y a qu’un pas. Fait de petits renoncements Ă  soi. Jusqu’au sursaut final. Troublant.

Ă©ditions Philippe Rey – 336 pages
traduit de l’anglais (États-Unis) par Françoise Adelstain

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