Beata Umubyeyi Mairesse 📚et Éric Cheysson 🏨 Marion Rampal et Pierre-François Blanchard pour la 🎼 #593

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Rwanda: Quand les mots au possible double sens, les nuances d’une couleur de peau, un saut gĂ©nĂ©rationnel conditionnent le travail d’une mĂ©moire traumatique… Quand la misère de l’hĂ´pital public parasite le geste chirurgical, quand il s’agit aussi d’aller soigner la misère du monde. MĂ©tis, radical, rĂ©jouissant, c’est “Des mots de minuit”

 

Des mots de minuit, l’Émission #593
7 novembre 2019

Leurs mots de minuit: ejo (le mĂŞme mot pour hier et demain en kinyarwanda) et passion

Conseils de lecture : La terre invisible de Hubert Mingarelli (Buchet Chastel)
Les eaux de Joana de Valério Romão traduit du portugais par João Viegas
(Chandeigne)

CONVERSATION :

Jamais Ă©vident d’Ă©couter les fantĂ´mes de l’histoire.
C’est manquer de mots ou volontairement se taire!
Beata Umubyeyi Mairesse signe un premier roman puissant et délicat :
Tous tes enfants dispersés


Il dit trois générations, une mère, une fille, un petit-fils partagées entre
le Rwanda et la France. Entre le gĂ©nocide de 1994 et la vie d’après, entre l’exil et la mĂ©moire.
Il pose la question de la transmission et du métissage, des frontières à franchir,
des allers-retours entre l’horreur ineffable et le chemin de soi.
Sans oublier la langue, les non-dits, les symboles, le double sens des mots et des noms :
Immaculata, Blanche, Stokely…
Beata Umubeyeyi Mairesse retisse remarquablement de Bordeaux Ă  Butare les liens d’une famille…

 

L’arrogance du Bistouri. VoilĂ  un titre de 2019 qui vous pose un chirurgien du thorax et des vaisseaux. Pas mandarin pour un sou!
L’Ă®le de lumière est le nom d’un bateau pour l’histoire. En 1979, des milliers de Vietnamiens ont pu commencer Ă  y reconstruire leur vie. Deux dates et quarante ans du double parcours
d’Éric Cheysson.

Le regard portĂ© sur une corporation qui s’apparente Ă  Dieu, et Ă  tort, est sans concession.
Comme le diagnostic portĂ© sur la grande misère, parfois inopĂ©rable, de l’hĂ´pital public…
Et le combat est pluriel. C’est pire ailleurs. Pour les mères et les enfants de Kaboul…
En Irak, pour la communautĂ© des YĂ©zidis persĂ©cutĂ©e par les djihadistes….
Et Cheysson, Ă  qui l’on sait une passion pour la vigne bourguignonne, change alors de calot de bloc.
Il prĂ©side La chaĂ®ne de l’espoir. C’est associatif, c’est humanitaire, c’est salvateur. 1979-2019 : On ne se refait pas.

 

Je pense que la hiĂ©rarchie hospitalière est une chose puissante, qu’elle peut ĂŞtre une machine Ă  Ă©craser. On ne doit pas oublier qu’on arrive dans les hĂ´pitaux dans un Ă©tat de faiblesse, de besoin, qu’on se met dans les mains d’un autre et que cet autre n’est pas un ami ou quelqu’un de la famille, mais un professionnel qui doit garder ses distances. Alors la froideur, l’impersonnalitĂ© jouent une grande place dans la relation entre mĂ©decins et patients. Tout cela n’a rien de neuf, mais c’est une expĂ©rience qu’on peut transcrire. J’ai des amis mĂ©decins qui sont complètement d’accord avec ces descriptions…

Valério Romão (auteur de Les eaux de Joana, traduit du portugais par João Viegas. Chandeigne)
Libération des 9 et 10 novembre 2019.

Musique :

Marion Rampal et Pierre-François Blanchard.

Des mots de minuit #593 
RĂ©alisation : Pascal Stelletta 
Montage : Pierre Loumel
RĂ©daction en chef: RĂ©my Roche
Coordination: Marie-Odile Regnier
Direction: Philippe Lefait
© desmotsdeminuit.fr

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