#549. Kaori Ito et Marilú Marini: Danser avec les mots et rêver la journée!

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« Je rencontre dans ma vie des millions de corps; de ces millions je puis en désirer des centaines mais, de ces centaines, je n’en aime qu’un. » Kaori Ito cite Roland Barthes. Mais on aimera ici deux corps en scène. Celui d’une fille qui cherche à retrouver son père dans une dialectique subtile du mouvement et des mots. Celui, d’une femme, parfois assise, seule en scène, rêveuse en diable…

 

Plurisdisciplinaire! Kaori Ito est danseuse, chorégraphe. Pas seulement. Elle s’investit aussi au théâtre ou dans la vidéo. Elle a encore planché sur la sociologie. En 1979, à Tokyo, elle naît d’un père sculpteur et d’une mère créatrice de bijoux. Elle commence la danse classique à l’âge de cinq ans, poursuit jusqu’à seize ans avant que ses humeurs et ses envies l’entraînent en Grande-Bretagne puis aux États-Unis. Elle atterrit finalement à Paris en 2003, rejoint Philippe Découflé sur le spectacle Iris, pour un premier rôle. À partir de là, on lui connaît les meilleures pointures, en 2006, Angelin Preljocaj puis Alain Platel à partir de 2010 ou Aurélien Bory.

Je suis comme le Japon, un paradoxe. A la fois propre et sale, rangé et chaotique, égoïste et généreux. Curieusement, plus on est loin de chez soi, plus on s’identifie à son pays. 
Kaori Ito. Le Monde. Janvier 2014.

En 2015, elle crée « Je danse parce que je me méfie des mots »l’occasion pour elle de reprendre langue avec un père que l’on imagine bien taiseux dans son enfance et qui, sur le tard, devient aussi pour sa fille un danseur émérite!

« Je danse parce que je me méfie des mots ». (création 2015)
« Dans ce portrait intimiste Kaori Ito explore ses racines, au travers d’une rencontre artistique et humaine avec son père Hiroshi Ito. Pour mettre en scène ces retrouvailles, elle invente un langage étrange, qui leur ressemble, à l’intersection des mots et de la danse. Par des questions brutes, incisives, profondes ou futiles, elle brise la glace et joue avec les silences de ce père, chargé de secrets. Fille et chorégraphe à la fois, elle le regarde évoluer sur scène – léger, appliqué et heureux, comme un enfant. Puis elle coupe court aux mots, s’abandonne à l’espace, pour tenter à son tour d’exprimer par le corps ce qui ne peut se dire. Faire bouger l’espace par sa danse comme le lui enseignait son père. Et, peut-être, danser ensemble, pour reconstruire dans l’art, ces liens de sang – invisibles et fascinants. » ©Site de Kaori Ito.

Dédicace de Kaori Ito

Mère prussienne, père italien, Marilú Marini a commencé tôt dans la danse et le music-hall à Buenos Aires avant de rencontrer cet autre argentin, Alfredo Arias, qui l’amène à rejoindre sa troupe à Paris. Elle en sera l’incarnation. Sa palette de jeux lui permet de flirter uniment avec Shakespeare, Kado Kostzer, Beckett ou Chantal Thomas mais ce sont les textes déjantés et sulfureux d’un troisème larron latino, auteur notamment de BD, Copi, qui lui donne l’occasion de rafler un prix de meilleure actrice. Elle est « la femme assise ».

Au cinéma, elle sera comédienne pour des réalisateurs alors débutants notamment Claire Denis, Catherine Corsini ou Virginie Thévenet. 
Aujourd’hui, c’est dans sa fidèlité à Copi qu’on la retrouve… 

« La journée d’une rêveuse, et autres moments »
« Vous avez quelque chose à me donner à manger ?
Folle magistrale, clown funeste, Marilú Marini jongle avec les mots de Copi, compatriote de Buenos Aires, dessinateur entre autres de La Femme assise. Ce météore théâtral dessine un portrait libre, éclaté de Copi et de ses créatures. »
©Théâtre du Rond Point

Dédicace de Marilu Marini

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