Un premier film, un premier chef d’Ĺ“uvre. “In the family” est le film indispensable de la semaine, du mois, de l’annĂ©e. Une très grande maĂ®trise cinĂ©matographique pour une dramatique histoire tout autant maĂ®trisĂ©e. Coup de cĹ“ur desmotsdeminuit.

In the family – Patrick WANG (USA) – 2h50
Joey et Cody vivent ensemble depuis 6 ans. Avec Chip, un bambin de 6 ans qui a donc deux pères et qui s’en accommode naturellement, parfaitement et joyeusement. Accident: Cody meurt. Au retour de l’enterrement, Joey rentre Ă  la maison avec Chip qui se sert un Coca et apporte Ă  son père une canette de bière qu’il ouvre laborieusement. Pas une larme, pas un rictus, juste le regard dans le lointain de Joey. Toute l’Ă©conomie de ce film dramatique est ainsi donnĂ©e dans ce moment. Pas de pathos, pas de sentimentalisme, pas d’autre revendication que de raconter dans un dĂ©cor très nouveau une histoire bouleversante de parentalitĂ©.
La relation homosexuelle de Cody avec Joey avait Ă©tĂ© vĂ©cue sans embarras par sa famille, d’autant qu’elle succĂ©dait Ă  une tragĂ©die: sa femme et mère de Chip Ă©tait morte en couches. Joey n’est donc pas le père de l’enfant, pire, il n’a dĂ©sormais plus aucun droit sur lui, Cody, avant mĂŞme de connaĂ®tre son amant, avait dĂ©signĂ© sa sĹ“ur comme exĂ©cutrice testamentaire dans un document lui confiant la garde de Chip. L’exĂ©cutrice exĂ©cute et enlève le mĂ´me. Les avocats consultĂ©s ne sont pas encourageants: la cause de Joey n’est juridiquement pas plaidable.  Père illĂ©gitime donc, mais père combattant, son amour pour Chip est authentique, il en connaĂ®t d’autant mieux les enjeux qu’il est lui-mĂŞme orphelin.

 

Le film dure près de 3 heures, l’exceptionnelle qualitĂ© du scĂ©nario fait qu’on ne s’ennuie jamais, vraiment jamais. Chaque sĂ©quence est indispensable et en soi passionnante, des trĂ©sors de cinĂ©ma qui rĂ©vèlent ici ou lĂ  les moteurs complexes d’une histoire simple et installent un tout aussi palpitant qu’un thriller Ă  l’issue apparemment impossible.
Chef d’œuvre de mise en scène, sa grande sobriété mais son invention permanente en font sa force et son attraction. Servie par un casting de première qualité, dont Patrick Wang, devant et derrière la caméra, et un gamin-comédien juste ahurissant de vérité.
In the family c’est aussi un pur produit cinĂ©matographique: maĂ®trise des cadres et des mouvements, pas un plan n’est nĂ©gligĂ©, souvent dans une rĂ©Ă©criture très originale des standards.

 

On dira enfin que le couple homosexuel n’est pas tant le sujet principal qu’un artifice gĂ©nial pour dire l’universelle nĂ©cessitĂ© parentale. Au point qu’on suggèrerait de distribuer le film aux participants de cette manif pour tous (pour tous?) qui prĂ©tendent connaĂ®tre mieux que quiconque les fondamentaux de la famille.
In the family est un efficace antidote aux nouveaux obscurantismes, c’est un chef d’Ĺ“uvre pour tous.

tous les Ciné, cinoche

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