🎼 Gonzalez Toro, l’Indiana Jones de la musique baroque. #28

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Comme Indiana Jones, Gonzalez-Toro trouve et exhume des trésors oubliés des hommes. En ressuscitant une compositrice du XVIème siècle, la nouvelle star du baroque réussit un double exploit: rendre justice à la merveilleuse Chiara Margarita Cozzolani, tout en réalisant avec son ensemble I Gemelli un enregistrement lumineux et enthousiasmant qui fera date.

Vous avez dit Emiliano Gonzalez Toro?

En guise de bienvenue, dans une belle lumière de septembre, il nous offre, juste pour nous, pour vous, un extrait de “Rosa del ciel ” extrait de l’Orfeo de Monteverdi.

Etat civil: Né au Chili d’une famille musicienne et chilienne, mais élevé en Suisse. Ça fait beaucoup de montagnes tout ça. Papa et maman chantaient.

Instruments: Chef d’orchestre mais surtout chanteur. Une voix tout à fait exceptionelle tant par la richesse de sa palette, des rouges vifs aux bruns sombres, mais aussi une virtosité et une précision de phrasé prodigieuses. Le sens inné des contrastes.

Points forts: L’incarnation de la musique. L’utilisation du corps, pleine et passionnée, au service de l’interprétation. Il y a les notes mais aussi les rires, les soupirs, les éclats.

Le territoire: Toute la musique baroque du XVIème avec le grand Monteverdi comme centre, mais pas seulement. Incursions de plus en plus fréquentes vers le XIXème. Pour le plaisir, et pour les amis, ne dédaigne pas chanter de la musique chilienne ou de la salsa. C’est pour partager son immense connaissance du Seicento italien qu’il a créé l’ensemble I Gemelli.

La présence centrale: Mathilde Etienne, sa soprano d’épouse, son âme soeur, tant sur le plan des recherches musicologiques que sur les choix interprétatifs musicaux. C’est elle qui a déterré les partitions oubliées de Cozzolani.

Image corporelle: Dès qu’il parle de sa passion, son sourire d’oreille à oreille, et ses mains qui s’envolent. Un artiste chaleureux et ouvert, à la curiosité aussi dévorante que sa culture musicale est profonde et précise.

Faits d’armes: Un Orfeo extraordinnaire avec Otavio Dantone qui reste dans les mémoires des mélomanes. Ou encore Il Ritorno di Ulisse in patria avec Emmanuelle Haïm. Ainsi, bien sûr, que les heures de gloire des Talents Lyriques.

Complices: Philippe Jaroussky Emmanuelle Haïm, Michel Corboz Rolando Villazon, Christophe Rousset

Lui, en une phrase: Je n’ai jamais oublié ce conseil que j’ai reçu il y a longtemps: Chante Monteverdi comme tu chanterais Mercedes Sosa.”

Dernier disque lancé en plein-ciel: Cozzolani Vespro ( Naïve) Avec son ensemble I Gemelli qui enregistre là pour la première fois. Coup d’essai, coup de maître! Une musique de recueillement, certes mais aussi par moments, d’une sensualité exubérante qui en met plein les oreilles.

Lieu et date de la rencontre: Un appartement lumineux de banlieue parisienne, à l’heure du café…italien bien sûr.

Prochains concerts: Pontoise le 23 novembre, le 22 decembre à Neuilly-sur-Seine pour les vêpres de Cozzolani.

 

Emiliano Gonzalez Toro, au parloir!

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