Joann Sfar 📚 CĂ©cile Sales, Ea Sola 🎭 Sophia CharaĂŻ #402

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Quand le bĂ©dĂ©iste donne Ă  voir dans son dessin la mĂ©chancetĂ© du monde; quand la psychanalyste pose la question de l’ĂȘtre soi dans la gĂ©mellitĂ©; quand la chorĂ©graphe se sert des fantĂŽmes qu’elle a en elle; quand, pour Sophia CharaĂŻ, son dĂ©sir d’ĂȘtre danseuse ne passe par la case paternelle… C’est Des mots de minuit: mĂ©tis, radical, rĂ©jouissant!

Des mots de minuit, Ă©mission #402 du 19 janvier 2011.

Avec:

  • Le bĂ©dĂ©iste et cinĂ©aste Joann Sfar
  • La psychanalyste CĂ©cile Sales
  • La chorĂ©graphe Ea Sola
  • La chanteuse  Sophia CharaĂŻ

 

CONVERSATION :

Joann Sfar auteur de BD et cinéaste publie Chagall en Russie, tome II :
” Par amour, le jeune peintre Chagall a dĂ©cidĂ© de construire un opĂ©ra dans son village. Tout le monde s’y met, les cosaques, JĂ©sus, le violoniste et l’Ă©gorgeur… dans une folie exubĂ©rante. Mais la violence antisĂ©mite balaye la farandole et le folklore.
Le conte yiddish se termine ici : «Ça serait indigne, quand on va dans cette Ă©poque, dans cette rĂ©gion, de s’en tenir au “Violon sur le toit”. C’est un rĂ©cit sur les gens dont on ne veut plus, qui savent qu’ils vont disparaĂźtre et qui ne savent pas oĂč se sauver» (Joann Sfar).”
© Gallimard
Joann Sfar évoque également sa passion du dessin, sa vie professionnelle et familiale, son inspiration et son film Gainsbourg (vie héroïque)

L’objet qui le prolonge… Le carnet qu’il a toujours avec lui et sur lequel il gribouille avant de se mettre rĂ©ellement au travail. Il ne fume pas et dit-il, il faut bien faire quelque chose de ses mains.

 

CĂ©cile Sales est psychanalyste. Elle signe Vous ĂȘtes sale je peux tout vous dire (Éditions du FĂ©lin)
“Quand un patient m’a dit un jour, jouant sur mon nom : « Vous ĂȘtes sale et je peux tout vous dire  », j’ai souri en moi-mĂȘme et n’ai Ă©videmment rien rĂ©pondu. Mais cet homme, qui se dĂ©cidait enfin Ă  parler de « choses sales » me renvoyait sans le savoir Ă  ma propre analyse, il y a des dizaines d’annĂ©es. 
Quelle que soit en effet la distance nĂ©cessaire Ă  laquelle le psychanalyste est contraint pour le dĂ©roulement de la cure, il reste tributaire de son histoire personnelle, des malheurs, chagrins, blessures, des tragĂ©dies parfois qui l’ont marquĂ© et des Ă©vĂšnements qui continuent de l’affecter. On n’exerce pas ce mĂ©tier par hasard, et chaque psychanalyste, avant de devenir le traducteur de l’inconscient a dĂ» se confronter Ă  l’épreuve de la cure, non seulement par obligation professionnelle mais en raison de sa propre souffrance. 
Évidemment, le psychanalyste ne raconte pas sa vie Ă  l’analysant mĂȘme si celui-ci perçoit de nombreuses facettes de sa personnalitĂ©. En fin d’activitĂ© – ce qui est mon cas – ils sont fort rares Ă  Ă©voquer leur propre cheminement et leur constant effort d’introspection dans l’écoute de leurs patients. Seule la connaissance continue qu’il a de lui-mĂȘme et la perception de la place qu’il occupe lui permettent d’affronter les enjeux passionnels de la cure. 
C’est ce que j’ai tentĂ© de faire dans ce texte qui est Ă  la fois la mise Ă  nu de ma propre analyse et la maniĂšre dont j’ai exercĂ© ce mĂ©tier avec ses rĂ©ussites et ses Ă©checs. VoilĂ  ce que j’étais, voilĂ  ce que je suis. Mon seul outil, c’est moi-mĂȘme et la relation que je noue avec l’autre et qu’il noue avec moi. 
J’ai Ă©crit ce livre pour tous ceux – analysants ou non – qui veulent saisir le cƓur de l’expĂ©rience analytique.”

L’objet qui la prolonge … Une photo familiale sur laquelle figurent 6 soeurs dont sa mĂšre et sa jumelle. Dans son travail, un questionnement sur l’enfance et la gĂ©mellitĂ©.

 

Ea Sola est une chorĂ©graphe franco-vietnamienne.Elle parle de son engagement en tant qu’artiste, de la notion de “mĂ©moire” et de la guerre. Elle crĂ©Ă©e et signe Air Lines, au ThĂ©Ăątre des Abbesses.
“Dans Air Lines, accompagnĂ©e du musicien Nguyen Xuan Son, Ea Sola Ă©prouve «l’endurance du geste langoureux», qui viendrait mĂȘler dans un mĂȘme souci d’hospitalitĂ© «les noms de pays riches, celui des pays pauvres, ceux des pays neutres» sans oublier «le nom des pays inconnus». Dans l’ocĂ©an dĂ©montĂ© de la «mondialisation», qui jette au naufrage les exilĂ©s de toute condition humaine (filmĂ©s par Daniel GrandclĂ©ment dans Les Martyres du golfe d’Aden), Ea Sola offre ce magnifique poĂšme d’une humanitĂ© dĂ©vastĂ©e, en colĂšre et en rĂ©volte contre l’absurditĂ© des frontiĂšres et de leurs aveuglements.

L’objet qui la prolonge… Le drapeau palestinien qu’elle utilise notamment dans son spectacle et qui identifie un lieu symbolique par excellence

 

Sophia CharaĂŻ nĂ©e Ă  Casablanca, est une chanteuse, photographe, actrice, et styliste marocaine. Elle Ă©voque son album Pichu.

L’objet qui la prolonge… Un coquelicot. Celui-lĂ  est en tissu mais celui qu’elle prĂ©fĂšre est cette fleur des bords de route, trop fragile et Ă©phĂ©mĂšre pour ĂȘtre cueillie.

 

MUSIQUE :

Sophia CharaĂŻ interprĂšte Pichu Pichu et Dalamouni

Des mots de minuit #402
RĂ©alisation: Pierre Desfons
RĂ©daction en chef : RĂ©my Roche
Journaliste : Thibault Lahanque
Production: ThérÚse Lombard et Philippe Lefait
© Desmotsdeminuit/France2

 

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