Jacques Rigaud, Erik Truffaz, Baptiste Vignol, Madeleine Thoby. 🎼 avec Truffaz et “Le bruit du blé” #72

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Quand un homme habitué aux plus hautes sphères du pouvoir rencontre un musicien de jazz méditatif et amoureux du silence, que peuvent-ils bien avoir à échanger? De mots en mots, de phrases en phrases se tisse un dialogue autour de l’art, de la solitude du créateur, et de l’impératif moral qu’il y a à transmettre la beauté. Une conversation forcément métisse radicale et réjouissante!

Avec:

  • Le journaliste et écrivain Jacques Rigaud
  • Le trompettiste Erik Truffaz
  • L’auteur de Cette chanson que la télé assassine Baptiste Vignol
  • La directrice éditoriale d'”Actes Sud Junior” Madeleine Thoby

Musique:

  • Erik Truffaz, trompettiste de jazz
  • “Le bruit du blé”, groupe de rock français

 

Des mots de minuit, émission du 20 juin 2011.

Jacques Rigaud : La culture et le service de l’état, voilà quels sont les deux mondes et les deux missions liés à la vie de Jacques Rigaud. Il est journaliste, écrivain, grand commis de l’Etat. Il fut également directeur de RTL pendant 20 ans, à partir de janvier 1980. Il parle dans cette émission des pressions politiques subies, des multiples sollicitations dont il est objet en raison de ses responsabilités, de son travail qui a consisté à ouvrir l’esprit des auditeurs à la culture au sein de RTL. Ancien directeur du cabinet de Jacques Duhamel, ministre des affaires culturelles de Pompidou, et président de l’Association des centres culturels de rencontre, Jacques Rigaud est l’auteur de plusieurs essais comme La Culture pour vivre (Gallimard, 1975), Libre culture (Gallimard, 1990), L’exception culturelle (Grasset, 1995) Les deniers du rêve (2001), et de récits plus littéraires et autobiographiques comme Le bénéfice de l’âge (Grasset, 1993) Jacques Rigaud parle de la place restreinte de la culture actuellement. Il évoque également l’emprise énorme des mass médias, qui débouche sur la culture du rien.

J’ai subi énormément de pressions politiques. J’ai pris la responsabilité de RTL sous Giscard. J’ai vécu la transition. Je peux le dire, entre la fin de septennat de Giscard et le premier de Mitterrand j’ai subi des pressions très fortes qui se traduisaient par des coups de téléphones incessants, des menaces. J’ai même été menacé d’être évincé de mes fonctions sous la pression du pouvoir politique. Mais à partir de 86 tout a changé. La gauche s’est aperçu que nous n’étions pas, à RTL, une radio ennemie, quand à la droite, elle a compris que les choses ne pouvaient plus se passer ainsi, qu’elle n’était pas propriétaire du pouvoir. 

Jacques Rigaud. Des mots de minuit, 2001.

 

Erik Truffaz : Le trompettiste de jazz parle de son rapport au silence, de l’apprentissage de son instrument, de son parcours artistique, et de l’influence de Miles Davis. Il parle également de son disque intitulé Erik Truffaz revisité (Blue Note), pour lequel, il a notamment contacté le compositeur Pierre Henri, des conséquences du succès qu’il rencontre, de l’évolution de sa musique. Il évoque également le travail collectif de son groupe, le quotidien des musiciens en tournée, son amour pour la lecture, le cinéma, les randonnées à pied.

J’essaie de construire mes phrases musicales à partir du silence. Sans silence il n’y a pas de musique. C’est la manière dont je joue de trompette. C’est pour moi le premier paramètre. Et la musique que j’aime écouter prend en compte cette dimension du silence . La trompette c’est un peu comme les arts martiaux. Si on veut aller le plus haut possible on n’y arrive pas. Quand je compose, je travaille beaucoup parce que je ne trouve pas grand-chose.

Erik Truffaz. Des mots de minuit, 2001.

 

ACTUALITÉ CULTURELLE

Baptiste Vignol: Il est l’auteur d’un pamphlet virulent intitulé “Cette chanson que la télé assassine” (Éditions Christian Pirot), un brûlot qui dénonce la manière radicale dont la télévision assassine la chanson française. Il évoque le cas de la chanteuse Rachel des Bois, qui n’a pas de maison de disques actuellement, et cite d’autres chanteurs et groupes ignorés par les médias

J’ai une haute idée de la chanson. Et ce livre est celui d’un spectateur qui se désole de voir passer à la télévision toujours les même quinze chanteurs qui viennent servir la soupe et faire de la figuration pour mettre en valeur les animateurs rois. Je me demande ce qu’on écoutera dans vingt ans si l’on suit cette dictature du marché.

Baptiste Vignol. Des mots de minuit, 2001.

 

Madeleine Thoby de formation pluridisciplinaire (philosophie, linguistique) a dirigé “Actes sud junior” de 1996 à 2005. Elle veut y développer “le plaisir de la musique des mots et de la langue française” et créer des “livres-passerelles”. Elle a notamment publié Anne Sylvestre.

Un an d’existence… Les fidèles reconnaîtront au premier regard le look Actes Sud : petits livres cousus qui tiennent bien dans la main, couvertures souples à pelliculage mat, papier ivoire. Car douceur, tendresse et prix très accessibles sont les objectifs de Madeleine Thoby, qui veille en maman poule sur le destin de ces collections.

Magazine Littéraire. Michèle Kahn, janvier 1997.

 

MUSIQUE :

Le groupe de rock français Le bruit du blé qui interprète Les chercheurs d’ailleurs.
Jeune groupe qui définit sa musique comme du « triprock » et qui attache une réelle importance aux textes, chargés de métaphores et autres figures de rhétorique.

Et Erik Truffaz

 

Des mots de minuit #285
Réalisation : Jean-François Gauthier
Rédaction en chef : Rémy Roche
Production: Thérèse Lombard et Philippe Lefait
© Des mots de minuit/France2

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