“Le dos rouge”, une tâche étrange

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Le dos rouge – Antoine BARRAUD (France) – 2h07

Bertrand, cinéaste de la marge s’interroge. Son prochain film est en effet une interrogation sur un thème pas facile: la monstruosité. Pourquoi? pourquoi pas, le cinéma a beaucoup fréquenté et mis en scène les monstres. Bertrand resserre son sujet: la monstruosité dans la peinture. Bosch, Bruegel, Bacon? Pas forcément, c’est plus ouvert, il voudrait que ce soit moins évident, il se fait aider par Célia Bhy, une historienne de l’art étrange, fantasque, provocatrice, elle-même éventuelle monstrueuse (a)mante religieuse. “Un peu spéciale“, confie Bertrand à sa productrice. Bertrand aime sa femme, Barbara, comédienne de théâtre très extravertie, il est pourtant troublé par Célia. Et puis, il y a cette mystérieuse tâche rouge qui s’agrandit sur la peau de son dos, inquiétude, pourquoi cette tâche prétexte? Une séquence finale en donnera une explication un peu fastoche, fast-toc.
Pas sûr qu’il y ait un film. Plutôt un étrange puzzle qui séduit parfois, mais inassemblé. L’idée de départ s’estompe vite dans ce qui ressemblerait à un film à sketches qu’on peut aimer un peu, beaucoup, pas du tout. Ça part dans tous les sens, y compris dans le style qui varie du réalisme à une approche (approximative) du fantastique.

Il y’a aussi du bon dans ce bricolage, quand il n’est pas que bricolage. Et un moment de grâce: Isild Le Besco, enfin femme, débarrassée de ses tics de post-ado, dans une fascinante séquence de call-girl inquiète mais résignée. Mais c’est Bonello qui l’a tournée, extraite d’un de ses films fantômes qu’il n’a jamais réalisés. Géniale, elle fait de l’ombre à un film, lui, incertain.

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