Le colombien Yuri Buenaventura: la salsa sûre et le costume

0
5
Et dire qu’il a commencé par faire la manche dans le métro quand ses 20 ans l’emmènent de Buenaventura, port de la côte pacifique colombienne à Paris. Il a de qui et de quoi tenir: un père professeur de musique qui le prénomme comme le premier homme expédié dans l’espace en 1961; une ville où arrivaient les esclaves marrons fuyant les chaînes des plantations. 
Ses débuts parisiens sont difficiles ou solidaires: petits boulots -il a vendu des frites dit une biographie-; un passage à vide qui le jette dans la Seine; le réconfort de la diaspora latine. 
Brel et Radio Nova vont alors lui changer la vie quand il adapte “Ne me quitte pas”. Le reste est à profusion. De rencontres, d’instruments, d’albums comme autant de manifestes et de mixité culturelle.
De persévérance aussi quand en 2013, il fonde sa propre maison de production pour résister à l’indifférence de certaines “major” et imaginer des collaborations gagnant-gagnant. De regrets, celui par exemple, de n’avoir pas “adapté” Jacques Dutronc quand“Il est 5 heures, Paris s’éveille”. De reconnaissance pour La France, terre d’accueil et d’idées…
Sinon, un “tendre, un doux, un merveilleux amour” mots (tiens encore Brel…) si difficiles à prononcer mais auxquels une femme -la sienne aujourd’hui- l’a initié. 

L’africanité ou la diversité humaine sont les singuliers étendards qu’il décline, à l’occasion du 25ème “festival biarritz amérique latine“, dans ce mot à mot biarrot… De SDF à communisme, de Escobar à FARC, de paix à mojito… Son a cappella est un cadeau de ce démon de la salsa (muy facil!)        

Biarritz. Festival amérique latine cinéma & culture, 28 septembre 2016.

La page facebook des mots de minuit,  Abonnez-vous pour être alerté de toutes les nouvelles publications.

@DesMotsDeMinuit