J-C Carrière, J-H Anglade, J-P Civeyrac, G Noé, C Bozon, A Ferry #240

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Cannes, cette année-là réserve un accueil glacial au “Da Vinci code” et palmedore “Le vent se lève” de Ken Loach. De cinéma il est ici question, qu’il s’agisse de sa photographie, de la fêlure et de la crédibilité des personnages, de la recherche de financeurs, d’érotisme et de pornographie filmés, d’une manière d’installer une réalisation, de “37°2 le matin”. Métis, radical, réjouissant!

 

    • Des mots de minuit
    • Émission #240 du 17 Mai 2006
  • Avec 
  • La directrice de la photographie Céline Bozon
  • Le réalisateur Jean-Paul Civeyrac
  • Le réalisateur Abel Ferry
    • Le comédien Jean-Hugues Anglade
    • Le réalisateur Gaspar Noé
    • L’écrivain Jean-Claude Carrière
    • Musique avec Jesus Volt Group
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    • Difficile d’évoquer la qualité d’une conversation. Citer l’un de ses intercoluteurs est un biais possible dont Jean-Claude Carrière est le complice:
    • “C’est quand nous essayons de jouer les incassables et les durs que nous nous montrons fragiles et poussiéreux. C’est chaque fois que nous montrons des signes de faiblesse que nous nous acceptons le mieux. Un auteur, un metteur en scène, un comédien ne peuvent pas rendre vivant un personnage s’ils n’ont pas trouvé ses blesssures, sa faille, sa fêlure. Un personnage tout d’une pièce, fait d’acier ou de marbre ne serait au fond qu’un personnage de mélodrame et n’aurait pas de vérité. Il ne prend vie que quand il montre cette brisure, ce que nous appelons entre nous vulnérabilité…
    • On ne peut pas écrire une scène vraiment intéressante si, à un moment donné, le personnage n’a pas quelque chose qui craque, même s’il essaye de la cacher. Ça peut être physique, mental, ça peut être une personne, un couple, un groupe, une famille, un peuple, un village. C’est de ça que nous sommes aux aguets au cinéma parce que nous en faisons partie évidemment…”
  • MANIÈRES DE VOIR :
  • Jean-Paul Civeyrac, réalisateur et professeur à la Fémis, évoque ses parti pris artistiques quand il réalise ses films, son univers cinématographique, son utilisation de la vidéo et de ses films.

  • Jean-Hugues Anglade parle de ses souvenirs du tournage (“extraordinaire” est le qualificatif qu’il emploie et pour une fois le mot ne semble pas appartenir à tous ceux qui nourrissent “la fantastique famille du cinéma”) du film 37°2, le matin de Jean-Jacques Beinex, de son degré d’implication dans ses rôles et revient sur sa carrière de comédien.

    – Céline Bozon, directrice de la photographie, explique comment elle aborde son travail lors d’un tournage et l’univers d’un réalisateur. Elle évoque sa collaboration notamment Tony Gatlif ou Jean-Paul Civeyrac.

    Gaspard Noé parle de son travail avec Monica Bellucci sur le film Irreversible; de son court métrage érotique Destricted et de son documentaire sur le sida en Afrique, sa double actualité cannoise. Il est, en 2006, le parrain de  la Semaine de la Critique.

    Jean-Claude Carrière signe Fragilité, essai dans lequel il développe l’idée que tout le théâtre, tout le cinéma, toute la littérature, toute forme d’expression repose sur la fragilité et qu’elle est notre source cachée, le moteur de toute émotion et de toute beauté. 

    Abel Ferry, réalisateur de publicités et de courts-métrages, parle de la difficulté à trouver des financements pour réaliser un long métrage. Son film a pour titre A fistful of zombies et le scénario est écrit et publié.

    MUSIQUE :

  • – Jesus Volt, groupe de rock français interprète, extrait de leur album In stereo, I wont get down et Only the devil… 
Des mots de minuit #240
    • Réalisation: Pierre Desfons
      Rédaction en chef : Rémy Roche
      Journalistes : Nathalie Mantovani, Lorenzo Ciavarini-Azzi
      Production: Thérèse Lombard et Philippe Lefait
      © Desmotsdeminuit/France2