USPS (United States Postal service) pour toujours? Les carnets d’ailleurs đŸ‡ș🇾 de Marco et Paula #253

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1976
Le "forever" est barrĂ© sur les timbres de cette brochure de l’USPS pour empĂȘcher les faussaires de les reproduire © Paula

Paula, qui a vu beaucoup de westerns, se demande avec un peu d’inquiĂ©tude si la diligente Poste amĂ©ricaine survivra aux attaques des outlaws de la Maison Blanche.

La langue amĂ©ricaine utilise le mot “utility” pour dĂ©signer les services d’intĂ©rĂȘt public. Je trouve ce terme particuliĂšrement adĂ©quat. De l’eau potable au robinet, des routes en bon Ă©tat et bien Ă©clairĂ©es, des ordures collectĂ©es et triĂ©es, du courrier dans la boĂźte, c’est bien utile. Pour avoir vĂ©cu une vingtaine d’annĂ©es dans des pays oĂč ces services, quand ils existaient, fonctionnaient mal (en version polie), je sais vraiment apprĂ©cier quand ils rendent le service qu’ils promettent
 Au NigĂ©ria, oĂč je rĂ©sidais dans les annĂ©es 2000, la compagnie d’électricitĂ© NEPA que d’aucuns irrĂ©vĂ©rencieux interprĂ©taient comme “Never Expect Power Again” (N’espĂšre plus jamais de courant) est devenue la PHCN immĂ©diatement traduite en “Please Hold the Candel Now” (S’il te plaĂźt, tiens la bougie maintenant). Quant aux courriers, cela varie selon les pays. Des amis de CĂŽte d’Ivoire ont bien reçu une carte de vƓux que nous leur avions envoyĂ©e, certes, mais cinq mois plus tard. Au Tchad, tous les courriers que mon organisation recevait ou transmettait Ă©taient dĂ©posĂ©s par des chauffeurs.

Ah la vieille dame …..

Ici, aux États-Unis, les “utilitĂ©s” fonctionnent plutĂŽt bien, sauf en cas d’inondations, d’incendies, d’ouragans, de fortes gelĂ©es ou autres pieds de nez climatiques. Mais comme le changement climatique et ses calamiteuses consĂ©quences n’existent pas ici, nous dit “le grand menteur”, pas de quoi s’alarmer ! 
La poste amĂ©ricaine, l’USPS (United States Postal Service) est une vieille dame dont les services sont apprĂ©ciĂ©s car elle distribue le courrier partout mĂȘme dans les endroits trĂšs reculĂ©s, et dans ce pays si vaste, ils sont nombreux. Benjamin Franklin, excusez du peu, la dirigea Ă  son dĂ©marrage, en 1775 et ses Pony Express sont dans l’imaginaire collectif des westerns, souvent d’ailleurs en dommages collatĂ©raux de multiples attaques en tout genre. Aujourd’hui, ses finances vont mal, en particulier depuis 2006 quand elle a dĂ» endosser par anticipation le coĂ»t des prestations de santĂ© futures de ses agents retraitĂ©s, soit le financement de 75 annĂ©es de prestations. Elle a six cent mille agents et n’a qu’une utilitĂ© qui n’est pas des moindres, celle de distribuer le courrier et les colis.

Et pourtant, le parti actuellement au gouvernement veut la dĂ©manteler pour la remplacer par des opĂ©rateurs privĂ©s, mutation qui bien sĂ»r “bĂ©nĂ©ficiera aux clients”, “augmentera la productivitĂ© des employĂ©s”, bla bla bla selon l’antienne Ă  bout de souffle du grand libĂ©ralisme. Rien de bien nouveau sous le soleil d’ici ou d’ailleurs. Je partage la colĂšre de Pierre LemaĂźtre :  ”On a vu pendant des annĂ©es des politiques qui nous culpabilisaient en permanence avec les services publics : on avait trop de mĂ©decins, trop d’instituteurs, trop d’infirmiĂšres”. Aussi, nous avons participĂ© Ă  une campagne de soutien et rĂ©digĂ© des courriers aux gouverneurs du Maryland pour que l’USPS bĂ©nĂ©ficie du plan de relance du gouvernement. Mais ce n’est pas gagné !

Ah les postiers …

Vendredi dernier, nous sommes allĂ©s bricoler dans notre maison en chantier et ramasser le courrier. Je pensais y trouver un autocollant de soutien aux postiers et l’apposer sur notre boĂźte aux lettres. C’est une façon trĂšs amĂ©ricaine d’afficher ses convictions au fronton de sa maison, pour un candidat, pour la tolĂ©rance ou son contraire, etc. Las, point d’autocallant! j’espĂšre que c’est en raison d’une pĂ©nurie due Ă  un soutien massif


Arbre Ă©laguĂ© par les forestiers de PEPCO Â© Paula

Mais dans la boĂźte, se trouvaient trois courriers diffĂ©rents du mĂȘme organisme, datĂ©s du mĂȘme jour pour m’annoncer l’obtention de mon permis de travail et de son envoi. Ce qui est fort rĂ©jouissant. Et un courrier de PEPCO, la compagnie d’électricitĂ© rĂ©gionale pour nous informer que des agents et des forestiers passeront dans la rue pour estimer les travaux d’élagages des arbres susceptibles d’endommager les lignes. Je trouve cela remarquable.

Ah la chloroquine …

La bonne nouvelle de cette chronique: “le Grand trumpeur” s’est bien trompĂ©; de plus en plus de recherches, dont une reprise rĂ©cemment dans la revue mĂ©dicale le Lancet, remettent en cause l’utilitĂ© de la chloroquine (il en Ă©tait l’adepte) et de ses dĂ©rivĂ©s dans le traitement de la COVD-19. Un chroniqueur de France Culture en synthĂ©tisait ce mardi les conclusions “aucun bĂ©nĂ©fice, et hausse de la part d’arythmie, et risque de surmortalitĂ©. Sans lien causal entre les trois”.

La mauvaise nouvelle: “Le Grand trompeur” a publiquement encouragĂ© les AmĂ©ricains Ă  en gober tous les jours et mĂȘme si les agences sanitaires amĂ©ricaines se sont empressĂ©es de prĂ©ciser que cela ne pouvait se faire que dans un cadre mĂ©dical, il est fort Ă  craindre qu’il ne soit suivi. D’ailleurs les ventes de chloroquine se sont envolĂ©es, car, aussi incroyable que cela puisse paraĂźtre, il y a des mĂ©decins qui soutiennent “Le Grand Ignoramus”

La bonne nouvelle: Lui, il en gobe tous les jours.

Dr. Donald and Mr. Trump—Chappatte (Suisse/Switzerland) © cartooningforpeace.org

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