Le rêve des américains accrocs aux opioïdes: ne pas souffrir 🇺🇸 Les carnets d’ailleurs de Marco et Paula #242

Addictions et pandémie ...
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Quand Paula s’intéresse à l’état de santé et aux addictions des Américains en ces temps de sinistres actualités sanitaires, quitte à se réjouir de quelques bonnes nouvelles…

 

Enfin deux bonnes nouvelles de santé publique!

En 2018, pour la première fois en vingt ans, le nombre d’overdoses mortelles a reculé aux États-Unis. Le record de 2017 avec ses plus de 70 000 décès n’aura pas été battu. Petit bémol, les overdoses par opiacés synthétiques ont continué de progresser (on en comptait plus de 28 000 en 2017). Ces opiacés sont des anti douleurs prescrits allègrement par des médecins. Ils permettent aux souffrants de retrouver le “swing”; ce qui n’est pas précisé dans la notice est l’accoutumance qu’ils suscitent.

Le républicain Paul Ryan, alors président de la Chambre des représentants des États-Unis, parle de la crise des opioïdes lors d’une conférence de presse à Washington le 14 juin 2018.• © MARK WILSON – AFP

C’est pour cela qu’un laboratoire fabricant l’un de ces antidouleurs vient d’accepter, dans un accord à l’amiable pour s’éviter un procès, de payer 270 millions de dollars pour mettre fin à une plainte de l’État de l’Oklahoma d’avoir rendu ses habitants dépendants. Car ces accrocs aux opiacés n’habitent pas spécialement dans les faubourgs déglingués des grandes villes où dans les milieux “branchouilles” en quête d’inspiration. Non, ils sont plutôt dans des zones bien rurales et sont des gens ordinaires, bien sous toutes les coutures (enfin, celles apparentes).

Partout dans le monde et pour tout le monde …

Lorsque le Président Obama, alerté de l’ampleur du phénomène a imposé aux médecins de diminuer leurs prescriptions, c’était déjà trop tard. Les accrocs se sont alors tournées vers le marché noir et les cartels de drogues. Des bandes mafieuses ont ainsi établi leurs marchés dans des zones jusqu’alors épargnées. Le Medicaid, cette assurance santé pour les plus pauvres, a tout de même permis de proposer aux plus démunis d’autres traitements y compris des produits substitutions qui permettent des sevrages radicaux.
Et les habitants des États-Unis ne sont pas les seuls à apprécier les opioïdes de synthèse. Au Tchad où je vivais l’an passé, les conducteurs de camion, de taxi et les tâcherons étaient bien connus pour tenir le coup grâce au Tramadol et à la Codéine.
De fait, les États-Unis sont en état d’urgence sanitaire depuis deux ans. Alors la pandémie à la mode de Wuhan ne les inquiète pas trop. C’est comme cela que j’interprète la désinvolture du président qui twitte plus vite que son ombre. Depuis deux jours, le gouvernement fédéral américain demande enfin aux gouverneurs des États d’imposer quelques restrictions aux citoyens américains pour limiter la propagation de l’épidémie. Seront-elles suivies?

©The Newyorker

Et quelle est donc la seconde bonne nouvelle?

L’épidémie d’Ebola est en passe de s’achever. La République Démocratique du Congo ne compte plus aucun malade déclaré. La fin de l’épidémie qui a fait 2 264 morts ne sera pas officielle avant le 12 avril, soit 42 jours après la guérison du dernier cas connu. On espère juste que les 300 000 personnes encore à vacciner en RDC, ne vont pas négliger leur deuxième dose de rappel, indispensable au traitement. Mais on y croit!

Le crétinisme est une autre pandémie mondiale mais c’est une autre histoire…

Tout Nomad’s land

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