Évelyne Pisier (1941-2017): “Le tragique c’est aussi la vie!”

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Ce soir-là de 2007, sur le plateau dmdm, Évelyne Pisier a rappelé qu’elle voulait pouvoir se vivre lucide et drôle, être tragique et adorer la vie…
Elle est aux côtés de l’acteur et réalisateur Thierry de Peretti, du chorégraphe Daniel Dobbels, de l’écrivain et journaliste Jean Rolin. C’est à l’occasion de la publication de son livre “Le droit des femmes” (Editions Dalloz).

Ce soir-là sur le plateau dmdm,  elle a rappelé qu’elle voulait pouvoir se vivre lucide et drôle, être tragique et adorer la vie…
 
Née à Hanoï, ayant fui la guerre d’Indochine avec ses parents, passée par La Nouvelle Calédonie, cette femme incarne une pensée de gauche et le combat féministe. La détermination de l’intellectuelle (elle a enseigné à La Sorbonne et à Science Po) lui permet de s’imposer à l’université au tournant des années 1970, avec une agrégation de droit public et de sciences politiques, à un milieu de “mandarins”.
Elle fut de la lutte anticoloniale et anti-impérialiste, une forme de réponse à un père pétainiste dont elle disiat “le racisme insidieux”. De quoi dénoncer les guerres du Vietnam et d’Algérie, s’enthousiasmer pour la révolution cubaine tout en en dénonçant les excès. Elle sera pendant quatre ans l’amoureuse de Fidel Castro.
Elle a développé ses convictions tiers-mondistes dans la collection “À savoir”  publiée chez Dalloz et sera proche des philosophes François Châtelet et Cornelius Castoriadis
De ses essais on peut retenir de cette intellectuelle puissante mais à bas bruit médiatique une Histoire des idées politiques (1982) écrite avec Olivier Duhamel et François Châtelet, un Dictionnaire des œuvres politiques (1986). Elle a toujours cherché à questionner le droit à partir de la politique ou de la différence des sexes, un constant sujet de réflexion (“Les Femmes, de Platon à Derrida : anthologie critique” ). Quand elle a commencé “à moins s’autocensuer”, elle est allée vers “encore plus sérieux” à savoir la fiction mâtinée d’autobiographie.
Elle a été la femme de Bernard Kouchner dont elle eut trois enfants puis d’Olivier Duhamel. Elle a également adopté Aurore et Simon (“Une question d’âge”,  roman paru en 2005 traite notamment de la question de l’adoption). Dans “On ne corrige pas les fautes” , c’est de l’adolescence, du couple ou du trouble identitaire dont il est question. 
 

Consciente de la chance qu’elle avait d’être ce qu’elle était, une universitaire de premier plan, Evelyne a passé sa vie à aider, à s’engager de toutes ses forces, que ce soit pour trouver des papiers à une baby-sitter polonaise réfugiée en France au temps du communisme, pour faire réussir ses étudiants les plus méritants, pour donner une chance à de jeunes écrivains quand elle fut directrice du livre [au ministère de la culture], ou pour faire connaître des sujets trop souvent méconnus (les codes noirs, le statut des militaires, le droit d’asile, les droits de l’enfant…) en tant que directrice de la belle collection “A savoir”...

Luc Ferry. Le Monde, 13 février 2017.

Extrait du magazine Des mots de minuit du 4 avril 2007.