“Djerbahood”: le printemps tunisien du street art

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On ne pouvait pas rééditer le joli coup de la Tour 13, Mehdi Ben Cheikh, l’initiateur de ce projet inédit et hors-norme de street art, ne voulait pas en entendre parler. Pourtant, vu le succès de son initiative parisienne, les propositions venant de propriétaires d’immeubles voués à la destruction ne manquaient pas. “Refaire la même chose ailleurs n’avait à mes yeux aucun sens“. Il cherche une autre idée pour célébrer la liberté et l’inventivité des artistes du graff et comme il est d’origine tunisienne, il pense à tenter l’expérience dans un pays toujours en plein printemps arabe. Il choisit l’île de Djerba et, avec l’accord des autorités et de la population, livre le village d’Erriadh à l’imagination de 150 street artists venus de 30 pays du monde.

une œuvre de Roa (Belgique)
Résultat, comme un musée du genre à ciel ouvert (vite devenu attraction touristique) et un beau livre en forme de catalogue richement illustré et très documenté par les artistes eux-mêmes.

une œuvre de Add Fuel (Portugal)

Par essence, le street art est a prori une représentation éphémère, c’était le génie du projet Tour 13 de consacrer cette fugacité au point d’en programmer la destruction. L’ambition de Djerbahood est d’être plus pérenne, plus muséale. Certains regretteront comme un embourgeoisement. Juste une évolution ou une simple variation, le graff sauvage garde tout son avenir, toutes se envies libertaires, toute sa fragilité. 
 

Djerbahood – Mehdi Ben Cheikh – Albin Michel – 288 pages 

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